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Le 17 Décembre est la journée internationale de lutte contre les violences faites aux travailleurSEs du sexe. Répression, expulsions, viols, agressions, exploitation, injonctions au silence, stigmatisation : les violences auxquelles font face les prostituées et travailleurSEs du sexe sont nombreuses, trop nombreuses.

Alors que le délit de racolage n’est toujours pas abrogé malgré ses conséquences catastrophiques, régulièrement dénoncées, sur nos conditions de travail et notre santé, les arrêtés municipaux interdisant la présence de travailleurSEs du sexe dans l’espace public se sont multipliés, de Lyon à Toulouse, en passant notamment par Lille et Bordeaux. Sous couvert de lutter contre l’exploitation des prostituées et travailleurSEs du sexe, c’est la répression de ces dernierEs qui s’organise, avec ses conséquences en termes de précarisation, d’augmentation des violences, et de dégradation de notre santé.

La dimension sexiste de politiques qui interdisent l’espace public à un grand nombre de femmes s’allie par ailleurs avec des intérêts racistes d’expulsions des travailleurSEs sans papiers, ailleurs présentées comme uniformément victimes de la traite, mais qu’il conviendrait alors, pour leur bien, de renvoyer dans leurs pays d’origine. Régulièrement, de véritables rafles sont menées, qui ne sont pas sans conséquences non seulement pour les prostituées et travailleurSEs du sexe expulsées, mais aussi pour celles qui restent et doivent vivre dans la peur quotidienne des forces de l’ordre.

Nombreuses sont celles qui savent que prendre la parole en tant que travailleurSE du sexe, c’est s’exposer à une stigmatisation pouvant entrainer ruptures familiales et sociales, Nombreuses sont celles qui n’oseront pas dénoncer les situations d’exploitation dont elles sont victimes par peur de l’expulsion. Cette situation de répression et de stigmatisation ne sert que les intérêts des auteurs de violences, de quelques riverains qui ne veulent pas de putes dans leur quartier, et de celles et ceux qui instrumentalisent ces violences au profit de leur carrière politique.

Pour dénoncer ces violences,et rappeler la nécessité de notre combat, le STRASS vous invite à rejoindre les rassemblements et manifestations qui auront lieu localement :

à Paris : manifestation 18h place Belleville

à Toulouse : manifestation 17h place Belfort

à Rouen : rassemblement 17h place du Général de Gaulle

à Lyon : rassemblement 17h Mairie du 7è

à l’appel du STRASS-Syndicat du travail sexuel, et avec le soutien de STS-Support Transgenre Strasbourg, Collectif des Femmes de Strasbourg-Saint-Denis, Collectif 8 Mars pour Toutes, Sud Educ 13.

Contact presse : contact@strass-syndicat.org

Lire/diffuser le communiqué en ligne : http://www.strass-syndicat.org/2014/12/violences-faites-aux-travailleurses-du-sexe-etat-complice/
Nous suivre sur twitter : https://twitter.com/STRASS_Syndicat
Notre page Facebook : https://www.facebook.com/Syndicatdutravailsexuel

www.strass-syndicat.org

La violence des riches

Magazine 71

08.10.2014

Le numéro 71 de notre magazine est sorti.
CLIQUEZ ICI

L’exposition des photos de Frederic Pauwels a été pour nous l’occasion de publier quelques extraits de témoignages en commentaire de l’expo. L’intégralité de ces témoignages est disponible ici :

Témoignage de Léa:
Je m’appelle Léa, j’ai 28 ans. Ben voilà, j’ai commencé le travail il y a 3 ans, c’était un choix de ma part mais produit par un événement financier dû au père de mon enfant. Il m’a surendettée après notre séparation. Il était insolvable donc la justice s’est retournée contre moi et je n’ai plus su assumer financièrement. Et donc, pour nourrir mon enfant, je n’ai pas eu le choix. Il fallait de l’argent assez rapidement. Alors en tant que femme, on va vendre son corps. Au niveau du vécu, ça se passe bien, je suis toujours tombée dans de bons établissements, vraiment.
J’arrive vraiment à faire la distinction travail/vie privée. Ca ne m’atteint pas niveau sentimental. Parfois oui, on peut se sentir un peu sale, avec certains clients qui n’ont pas d’hygiène, mais après la douche, ça y est, c’est fini, j’ai zappé. Je suis une machine, au niveau du cœur, au niveau du ressenti psychologique, c’est machinal.
La prostitution c’est un travail, vraiment. Maintenant pour certaines je pense que c’est un loisir. J’ai connu certaines filles qui ont commencé le métier sans en avoir besoin et qui restent dedans par plaisir et par confort financier… Ca je n’arrive pas trop à comprendre. Ce sont quand même les premières à se plaindre. Autrement, pour celles qui sont dans la nécessité, je comprends tout à fait. C’est vraiment un métier.
Travailler avec d’autres filles ça s’est toujours bien passé. Je suis toujours tombée dans de bons établissements, on a toujours été une bonne équipe. Dès qu’il y en avait une qui causait un soucis elle était virée et puis on en parle plus. Le contact est toujours bien passé avec tout le monde.On connaît un peu la vie privée de toutes, on est quand même presque 24h ensemble, on se soutient, on s’entraide. Mais par contre, dans notre vie privée, hors du travail, on n’a aucun contact… des amitiés se créent mais au travail seulement. Quand il n’y a pas le travail, il n’y a plus.
Mon ex compagnon est au courant du travail que je fais puisqu’il me conduisait et profitait de l’argent. Maintenant, personne de mon côté, ni mon entourage n’est au courant. Je tiens à le préserver parce qu’on parle déjà assez comme ça. C’est pour être tranquille, que ça n’arrive pas aux oreilles de mon enfant non plus, plus tard. Essayer de préserver un peu la réputation familiale… tout simplement. Mais autrement moi, je le vis bien. Je n’ai pas la nécessité de le cacher réellement. Si mon compagnon était ouvert et comprenait la situation, il le saurait. Je reste bosser pour apurer les dettes du père de mon enfant après ça je pense retourner dans mon métier initial… Mais bon, ça fait quand même trois ans que je dis ça. j’arrête, j’essaye de retourner dans le secteur normal mais on revient. On s’en sort au début, mais après on est de nouveau dans cet aspect financier qui nous rattrape.

Le sentiment que tu as quand tu prends la décision de venir rebosser ?
Il y a un peu la haine contre ce papa : « à cause de lui voilà » «  pour mon enfant je dois ». Mais autrement le vécu : je le vis bien.
Je me dis « bon ben voilà, on va refaire le boulot, en collectif avec des filles ». En même temps c’est quand même assez tranquille. On regarde la télé la journée entre les clients. On rigole entre nous. De temps en temps, on fait un peu la fête entre nous. Quand on est une bonne équipe, il y a une bonne ambiance, c’est gai de venir travailler.
Au niveau relation patron-travailleurs on sait qu’il y a une hiérarchie mais la barrière est complètement effacée. Mais le respect est là, ça s’est sûr. La patronne fait la fête avec nous, elle rigole, elle nous taquine, on se maltraite… ça reste gentil.
Dès qu’on a un soucis on peut lui en parler, c’est la première à nous écouter. C’est la première à s’inquiéter quand elle n’a pas de nouvelles d’une fille. Même en dehors du travail, elle s’inquiète de savoir ce qu’il a pu se passer dans sa vie privée. On a eu le cas il y a pas longtemps. C’est plus le côté humain que le côté professionnel… surtout que la personne est une ancienne travailleuse donc elle connaît le métier, elle sait par où on passe et ça facilite beaucoup les choses je pense. On a le droit de refuser certains clients. Il y a des établissements où on ne peut pas. Ici on peut refuser certaines personnes : comme les gens qu’on connaît. On n’est pas obligées de se présenter s’il y a une hygiène qui n’est pas du tout présente, on peut refuser les extras que l’on fait d’habitude… c’est assez ouvert.
Certaines filles ne veulent pas mettre d’éponges pour travailler parce qu’elles sont en panique pour la récupérer. Elles font une pause pendant qu’elles sont réglées, y a pas de soucis, contrairement à certains endroits où si tu ne veux pas travailler sans éponge, la porte elle est là. Il y a simplement une demande de respect des horaires parce qu’elle nous annonce et après par rapport à la clientèle elle se retrouve le bec dans l’eau. Ça discrédite un peu l’établissement. Si il n’y a pas un respect des horaires, on annonce qu’une telle personne et une telle personne sont là et pour finir ce jour-là il n’y a personne… une fois, deux fois, après le client ne passe plus. Il y a une demande de respect des horaires, respect mutuel et du coup tout roule.

Témoignage de Sabrina
Qu’est-ce que ça m’inspire la prostitution !? On va dire que c’est un moyen de gagner sa vie facilement et que ça peut être un travail de dépannage. Un travail pour toute sa vie, ça dépend comment la fille voit les choses.
C’est aussi un cercle vicieux parce qu’au final on peut rester dedans toute sa vie. Donc en gros, il faut avoir des objectifs, des projets parce que si t’en as pas, dans ce métier-là tu restes dedans toute ta vie. A moins que t’aimes ce travail-là. Il y a des filles qui aiment bien ce travail-là, des filles qui n’aiment pas. Moi personnellement, j’aime pas. Je le fais parce que voilà j’aime bien l’argent et puis voilà quoi.
Ça peut aussi être dans l’agréable et dans le désagréable. Tu peux tomber sur des clients super sympas, qui recherchent des filles, comment dire… qui recherchent plutôt une affinité, une amitié, ou il y en a qui viennent vraiment pour retrouver une maîtresse, retrouver ce qu’ils n’ont pas chez eux, etc. Voilà c’est plutôt ça le monde de la prostitution en fait.
Donc il y a des avantages, des inconvénients dans ce métier-là. Il faut savoir gérer, il faut avoir un fort caractère parce que si tu n’as pas un fort caractère dans ce métier-là t’es foutue. Tu te fais bouffer, soit tu tombes dans la drogue, soit tu tombes… Ouvertement, si tu n’as pas de caractère, t’es foutue dans ce métier-là. Donc voilà.

Ça fait longtemps que tu bosses ?
En fait, j’ai arrêté entre temps. Donc j’ai commencé jeune. J’avais 17 ans, donc mineure. J’étais un peu dans la merde, je ne savais pas trop ce que je devais faire. J’ai eu, on va dire, une vie familiale assez précaire, un peu« chaotique ». Je suis tombée là-dedans, je l’ai pas vraiment voulu au final. C’est vraiment l’environnement dans lequel j’ai été, j’ai été en foyer, etc. Donc au final, je n’ai pas eu vraiment le choix. Pour moi, je n’ai pas eu vraiment le choix… c’est parce que je n’ai pas eu des parents supers. Mais bon, ça m’a aidée à beaucoup de choses dans ma vie ! Ca m’a aidée à murir, à savoir beaucoup de choses, à gérer mon argent, à passer par des galères pour finir que maintenant, je commence vraiment à être bien dans ma vie. Seulement maintenant… au bout de… allez… douze ans !

Tu as quel âge ?
Là j’ai 32 ans. Donc en fait entre temps j’ai rencontré mon ex copain avec qui j’ai eu deux enfants. J’ai arrêté pour lui le métier et au final je l’ai quitté … Après je suis repartie là-dedans parce que, comme je te disais, c’est un cercle vicieux. Une fois que tu as gagné de l’argent dans ta vie et qu’au final après t’as plus rien, t’as plus un rond et que tu te retrouves à travailler dans un supermarché ou au RIS, tu te dis « bah c’est pas possible ». Donc tu repars là-dedans. Mais après il faut avoir des objectifs parce que si tu repars là-dedans, faut avoir un but bien précis parce que sinon comme je t’ai dit, tu restes là-dedans toute ta vie. Si tu dépenses tes sous tout le temps : ça rime à rien.
Et puis dans ce monde-là, il faut faire aussi attention aux proxénètes. Si tu veux avoir une relation, il vaut mieux l’avoir à l’extérieur et le rencontrer dans un autre environnement.
Voilà.

TEMOIGNAGE DE MALAURIE

Je veux montrer que je suis une personne, que j’attends d’être un peu reconnue dans mon métier. Ne pas être dans l’obscurité. Enfin si, mais ne pas être non plus totalement dans l’obscurité. Surtout, moi ce qu’y me frappe ce sont les lois, c’est le fait que pour le moment, je suis un peu à la recherche de me déclarer mais en même temps je n’ai pas de statut et l’Etat veut quand même que je me déclare et prélever des impôts sur moi. Je ne suis pas d’accord. Mais en même temps, j’ai pas trop le choix de me déclarer parce que je veux quand même pouvoir… si je veux relouer une maison… La dernière fois, j’ai dû mettre de l’argent sur la table… Ne serait-ce aussi que pour mes soins de santé, les prises de sang que je fais tous les deux mois. Voilà quoi, ça me paraît important.
Pour moi, c’est mon métier. Je n’ai pas de problème avec ce métier-là. Bien sûr, je pense qu’on ne choisit pas par hasard. Voilà je l’ai choisi parce que j’ai divorcé, je me suis retrouvée un peu beaucoup dans la dèche, j’avais des facilités avec le sexe et je me suis dit « pourquoi ne pas faire ça ? » Et puis, ça fait plusieurs années, puis je ne suis pas… Je n’ai pas de problème, j’ai une vie de famille à côté normale. J’ai un enfant, j’ai un copain, j’ai une maison, je fais la cuisine, je vais faire les courses, normal, j’ai des amis… Voilà quoi.
Je veux garder mon anonymat dans le sens où je ne vais pas crier sur tous les toits le métier que je fais. Mais j’aimerais au moins avoir un statut de travailleuse du sexe parce que je ne suis pas serveuse, je ne suis pas… voilà, je suis travailleuse du sexe, c’est mon métier. Un peu psychologue parfois, …, mon métier c’est ça.
Je me lève le matin, je fais mes petits trucs, mes petites courses, puis je viens ici… je reçois mes appels, je prends mes rendez-vous, puis vers 19 – 20h je m’en vais, je coupe mon gsm, et j’ai ma vie normale qui revient. Puis en même temps, mon travail c’est… on m’a déjà demandé : « Est-ce que t’as déjà rencontré des pervers, des gens bizarres ? » Mais je ne pense pas que le client soit spécialement bizarre. C’est un homme normal qui a besoin de … enfin, je connais bien les hommes maintenant, je les connais vraiment d’une manière … et je pense que des fois je permets de sauver des couples, des fois… Voilà, j’empêche peut-être certaines choses de se passer…

Tu fais allusion à quoi ?
Je sais pas des gens qui ont peut-être des fantasmes qui pourraient pas réaliser si nous les prostituées, on n’était pas là. Et puis aussi, à force d’avoir certains clients assez réguliers, ça crée des affinités. Moi, il y a des clients que j’ai depuis des années qui m’appellent, limite même, par mon vrai prénom. Et ça se passe super bien. Il n’y a pas que le sexe dans notre métier non plus ! Il y a beaucoup de dialogue, il y a de l’échange… Bon parfois, c’est un peu plus difficile. Y a des jours où on n’a pas trop envie mais l’avantage que j’ai de faire ça seule, et d’être indépendante, c’est que je peux me permettre de faire mes horaires un peu comme je veux. Donc si par exemple, une fois je suis trop fatiguée, je me prends une journée, je coupe le téléphone. J’ai pas de personne qui me force à le faire. Il y a des gens qui ont cette image-là… Même dans ma famille, ils ont une image vraiment sale… J’ai perdu beaucoup de gens à cause du métier parce que j’ai préféré le dire moi-même plutôt qu’ils l’apprennent par quelqu’un d’autre …

Donc actuellement, tout le monde dans ton entourage est au courant de ton activité ?
Tout le monde est au courant dans mon entourage. J’ai fait aussi du porno, donc… j’ai vraiment un rapport avec le sexe assez facile donc euh… j’ai mes limites et je l’ai dit parce que c’est mon métier tout simplement. Un jour, je l’expliquerai sans doute à ma fille aussi. Voilà je lui écris aussi pas mal de trucs, parce que là elle est petite, mais elle posera un jour des questions.

Et tu es dans le métier depuis combien de temps ?
Heu depuis 4 ans.

Et tu vois ta vie là-dedans ? Comment tu vois l’avenir ? 
Oui, je vois ma vie là-dedans tant que je peux le faire, physiquement et mentalement. Je me vois le plus longtemps possible là-dedans. Mais là en même temps, je suis en train de reprendre des études de massothérapie parce que j’aimerais vraiment lancer un concept où oui je me prostitue mais à côté de ça je pourrais proposer des massages… Je suis super douée en internet et tout, je vais me créer un site. Sur les photos, en général, quand je publie des annonces, je montre mon visage…

C’est pas commun ça par contre …
C’est rare oui, mais comme j’ai fait du porno ça …

Tu crois que ça facilite que tu assumes ?
Oui. Moi j’assume ce que je fais, mon activité et voilà donc heu… Je ne sais pas… J’ai toujours voulu montrer mon visage. Je l’ai jamais caché et malgré ça les gens ne me traitent pas de pute dans la rue. Voilà quoi, quand je rencontre un client en rue on s’ignore, il y a le secret professionnel dans mon métier donc heu…

C’est la première fois que j’entends ça, le secret professionnel. Donc ça veut dire qu’avec tes clients vous vous ignorez ? Tu te retrouves à la caisse d’un super marché… 
Bah on peut se lancer un petit regard discrètement mais ça s’arrêtera là bien entendu. Et autant pour lui que pour moi. Si je suis avec mon copain, ma fille, je me vois mal … voilà quoi. T’as un regard gêné de sa part et je n’irai jamais vers un monsieur que j’ai rencontré pour le saluer. Toutes les filles font pareil. J’ai un monsieur qui m’a dit un jour que mes prestations devraient être remboursées en partie par la sécu. Et autant, par exemple, je peux avoir une personne qui a un handicap, que voilà quoi.

Tu as déjà eu des clients handicapés ?
J’ai déjà eu un monsieur qui avait fait un AVC. Il n’avait plus d’érection, il avait besoin de tendresse, il ne savait plus bien marcher rien du tout. J’étais contente de pouvoir lui accorder ce moment. Bien sûr, il y a un échange financier parce que c’est le travail. Mais lui, il était content en repartant. Voilà. J’avais fait ce qu’il fallait et voilà…

Et de manière générale tu disais qu’il y avait des clients un peu plus difficiles ? 
Bah, il y a parfois des clients un peu plus trash. Enfin, c’est un peu comme si j’étais un personnage parfois. Des fois on joue la tendresse, des fois on joue un peu plus la version cochonne… On se fait un peu aux attentes, c’est un peu, … je suis une commerçante en fait moi, heu… Je vends mon truc et il faut que ça marche. Et ça marche plutôt pas mal. Maintenant ce que j’aimerais c’est avoir quelque chose pour pouvoir ne serait-ce que mettre de l’argent de côté autrement que dans une bouteille de champagne planquée à la maison.

Et avoir les droits peut-être qui vont avec aussi ? 
Par exemple la chambre ici, je la loue 520 euros par mois. C’est un truc de fou quoi! Et c’est pas le grand luxe, c’est une vieille baraque qui tombe en ruine. J’ai pas de fiches pour pouvoir louer un endroit ou alors il faut que je trouve un propriétaire véreux à qui je vais mettre l’argent sur la table. Ou alors des propriétaires qui ne louent qu’à des filles comme nous, mais pas dans les meilleures conditions non plus. Là, on est 3 et on a retapé des trucs comme on pouvait.

Oui donc toi ton désir aujourd’hui c’est de pouvoir créer ta propre…
Mon propre lieu à moi déjà …

Et défrayer à la limite comme des frais professionnels…

J’ai déjà été indépendante esthéticienne, je sais comment ça fonctionne. Donc je sais ce que je pourrais… là c’est quand même 520 euros, plus le loyer de la maison, c’est quand même des charges énormes pour une petite pièce de je ne sais pas, ça fait combien de mètres carrés ? … Et je ne vous raconte pas le matelas. Quand je suis arrivée ici, c’est le seul truc que j’ai trouvé. Au début, je travaillais chez moi, puis j’ai rencontré quelqu’un, et je me suis dit qu’il fallait que je mette ça hors de la maison. Donc, j’ai trouvé ça, un peu dans l’urgence parce qu’à un moment il faut bien payer les factures de toute manière, et j’ai trouvé ça… Ou alors un gars qui loue la chambre 250 euros la semaine, donc ici c’est 130, 250 la semaine… le mois c’est pas possible ! C’est pas possible Et c’est là-dedans qu’il y a de l’abus aussi pour nous les filles qui essayons d’être indépendantes. C’est un peu aberrant quoi ! Et à côté de ça, l’Etat est d’accord qu’on se déclare… je me déclare comme esthéticienne ou masseuse ? Quoiqu’il y ait un accès à la profession aujourd’hui… Mais il ne me donne pas les possibilités de … on me laisse un peu… on me laisse tomber en fait.

Tu as l’impression de ne pas avoir les possibilités de te déclarer pleinement ? 
De ne pas être écoutée sauf depuis que j’ai connu votre truc-là sur internet … Espace P… je me sens un peu plus écoutée, j’ai envie de dire, je ne suis pas toute seule à essayer de me dépatouiller pour trouver des solutions.

C’est très compliqué de faire changer les mentalités…
C’est très compliqué, mais à côté de ça, l’Etat veut de l’argent, à côté de ça il nie un peu notre existence,c’est… tout en la tolérant… Il fait un peu comme ça l’arrange. D’ailleurs là, j’ai touché mon premier mois de chômage, c’est pour ça que je me mets indépendante mais si jamais on me fait des problèmes, je fais un scandale, j’appelle la presse, je m’en fous… Il y a une flamande qui a fait ça, qui a fait un peu le bordel comme ça … Et je connais des filles à qui on réclame 3 ans de chômage, un truc de fou quoi ! Plus les lois sociales, plus si, plus ça, … les sanctions sont lourdes et alors du coup on est sanctionnées, donc on n’a plus droit au chômage donc du coup les filles sont quand même obligée de se prostituer et en plus de payer leurs lois sociales donc… C’est un non sens … Ils ne réfléchissent pas. Ils n’ont jamais rencontré de prostituées en vrai ?! Enfin … Ou alors c’est peut-être un sujet sensible qui va déranger la société… Enfin je sais pas… Ils ne veulent pas se mouiller je pense. Le corps est tabou. C’est mon corps à moi, mon outil de travail. Voilà mon sexe c’est mon sexe, c’est pas tabou quoi. Je ne le montre pas à tout le monde. C’est comme mes mains c’est un outil de travail. Donc voilà.

Et tes parents, tu disais avoir toujours cette impression de sale… 
Ma mère ça va, elle l’a plus ou moins compris. Mais mon père vit ça très très mal. J’ai été très reniée de ce côté-là à cause de ça parce qu’il dit « Je ne cautionne pas, je ne comprends pas, t’as fait des études… ». Voilà moi, j’ai pas envie de faire ça, j’ai envie de faire autre chose. Donc ça cause aussi… Les mentalités sont un peu arriérées. C’est un peu lourd au quotidien quand même.

Et au niveau de tes relations sociales, tu disais que tu en avais perdues certaines… 
J’ai perdu des membres de ma famille, oui, qui ne me parlent plus parce que je suis une pute quoi… C’est mal venu dans une famille un peu bourgeoise d’être une pute.

J’ai l’impression dans toutes les familles 
Ouais, mais dans la mienne, une famille bourgeoise un peu catho, c’est un peu… voilà quoi,

Je passe en revue les éléments que tu as soulevés, il y en a vraiment beaucoup, c’est super riche
Mais c’est des trucs que je me pose depuis le début. J’ai commencé à la base, j’ai travaillé 6 mois dans un bar puis, à un moment, j’ai vu ce que le patron prenait et je me suis dit « ah non il faut arrêter ». Je ne regrette pas de l’avoir fait dans le sens où ça m’a appris le métier. Enfin, c’est bête mais on se donne quand même des conseils entre nous. La première fois que je me suis retrouvée devant un client j’étais super… super impressionnée. Je ne savais pas comment réagir, c’était… puis on apprend un peu sur le tas. Donc j’ai appris pendant 6 mois, puis au bout de 6 mois je me suis dit « lance-toi ». Et puis, je suis quelqu’un d’indépendant. Donc voilà, j’étais pas faite pour travailler et donner 50% de ma paie.

Et donc ça c’était dans un bar à consommations ?
Non non c’était dans bar juste où on monte.

Et donc les collègues de travail peuvent vraiment être soutenantes ?
Autant c’est un milieu où on se fait rarement des ami(e)s, autant on s’entraide quand même un minimum. Je ne suis pas ici pour me faire des copines quoi, ça c’est sûr ! Parce qu’en fait au début, oui je pensais que tout le monde était gentil et tout. Puis maintenant, je sais très bien comment ça fonctionne. On se forge une carapace puis voilà… Mais en même temps, on apprend des autres et on apprend de ses erreurs aussi. Quand on se laisse un peu berner par un client qui essaie d’avoir des rabais… Maintenant ça ne marche plus les rabais avec moi ! De temps en temps, ils essayent, ils la jouent… Ils ne sont pas toujours super corrects, bien que la plupart le sont mais ils essayent quand même. En général, je leur dis que mon corps n’est pas en solde.

Et quoi c’est des rabais sur le prix ?
Sur le prix de la prestation.

Tu as des règles de travail ?
Oui j’ai des règles de travail, j’ai des règles d’hygiène déjà. Chez moi la douche est obligatoire. Je la prends avec le client. Le préservatif, je me fais tester tous les deux mois, je fais des full-tests. Malgré tout, j’ai quand même attrapé la chlamydia. Mais bon, je fais des fellations natures et je connais les risques de mon métier en même temps, j’en suis consciente. Et les full-tests, c’est pas donné non plus. Et comment je vais défrayer ça de mon statut d’esthéticienne ? Le fait que je fais des prises de sang ?!

Tu es la même personne au boulot  que dans la vie réelle ? Tu parlais de carapace tout à l’heure…
Je pense que j’ai une personnalité… je ne suis pas dingue hein ! Mais j’ai une personnalité un peu multiple. C’est-à-dire que j’aime bien le personnage de Malaurie, mais j’aime bien ma vie. J’ai besoin des deux en fait pour pouvoir trouver mon équilibre. C’est pas que le métier, c’est un peu comme une drogue. Mais je gagne bien ma vie, je peux offrir une belle vie à ma petite fille. J’ai une vie qui me correspond, qui me convient. Mais c’est vrai que ouais, je peux être Malaurie la cochonne, Malaurie la sensible. Et des fois après une journée dure de travail, il faut que tout sorte, que je décompresse, que je boive un verre avec mes ami(e)s, ou que je claque un peu de fric. En fait c’est parfois quand même assez…, c’est parfois pas toujours…, faut savoir gérer aussi.

Tu mets des mécanismes en place ?
Déjà, je coupe le téléphone, ce qu’au début je ne faisais pas. Au début, j’avais du mal à couper le téléphone parce que je culpabilisais quand je ne travaillais pas. Donc je me disais « t’aurais quand même dû aller travailler ». Maintenant, je le coupe et voilà. Mais parfois le soir, j’ai besoin après une journée où je me suis tapée 7 mecs, je me fais un bon resto, je me bois une bouteille de vin, et puis voilà quoi… Pas pour oublier mais pour pouvoir souffler, pour décompresser, faire une transition en fait pour ne pas direct rentrer chez moi et me retrouver de Malaurie à la personne que je suis à la maison.

En même temps on le fait tous, quelle que soit l’activité professionnelle
On le fait tous, bien entendu ! Surtout quand on a un métier qui met un peu de pression.
A côté de ça, vous parliez tantôt du fait de se recycler, tout à l’heure je vais pour ma formation de massothérapeute parce qu’il y a un accès à la profession et peut-être que voilà, dans quelques années, quand je serai trop vieille ou plus assez en forme, je ne ferai plus que de la massothérapie. J’ai mis en place une épargne pension parce que vu que la pension, ils ne vont pas me la donner, je la fais toute seule. C’est tout des trucs auxquels il faut penser. Et il y a des filles, elles ne pensent pas à tout ça. Elles se lancent dans le truc et voilà… Moi j’ai commencé un peu tard donc j’étais déjà plus mature, peut-être, mais bon on y vient pas par hasard mais tant qu’on y est…

Quand tu dis « pas par hasard » c’est par nécessité financière ? 
Bah quand même, oui. oui-oui, je ne suis pas malheureuse d’y être venue comme ça parce que j’y avais déjà pensé plusieurs fois, j’avais envie d’essayer un peu. Peut-être aussi par fantasme parce que je suis quelqu’un de curieux. Et puis quand je me suis dit « voilà j’ai plus de tunes » et que ma fille m’a demandé un jouet chez Zeeman et que je ne savais pas lui payer, lundi j’étais au bordel !
Donc voilà, et puis maintenant, c’est devenu une routine et ça se passe très bien.

Tes perspectives futures seraient de travailler seule ou d’avoir des filles? 
Ben peut-être, j’ai des idées qui se mettent en place. Par exemple si j’arrive vraiment à me mettre indépendante et qu’à partir de ce moment-là, je peux réellement mettre de l’argent de côté et qu’un jour je peux louer moi-même une maison et louer moi-même des chambres à des prix décents, faire un chouette truc, voilà. Mais en tout cas, je ne travaillerai jamais pour personne ça c’est sûr ! Travailler pour quelqu’un, ça c’est impossible ! Même si c’est plus contraignant point de vue horaire. Quand j’étais au bar, je faisais de 11 h du matin jusqu’à minuit et je reprenais le lendemain… j’étais morte quoi. Là je fais 10h30–19h 20h voilà. C’est déjà pas mal !

TEMOIGNAGE DE LILI
Pour moi, de mon expérience personnelle, la prostitution ce sont surtout des filles… J’ai rencontré beaucoup de filles un peu « fofolles », qui vivent au jour le jour surtout. Qui parfois consomment des trucs… Je ne suis jamais tombée sur une mère de famille vraiment sérieuse comme ma maman qui est très droite… Je pense que c’est un choix de vie qu’on fait parfois pour une période déterminée. Sinon, moi, je voulais surtout parler des filles… de justement cette ambiance quand je vais au boulot, ça me fait du bien de les voir. Bien sûr, il y a une certaine concurrence. Evidemment, on est toutes là pour gagner de l’argent et ça crée parfois des tensions s’il y en a une qui travaille plus que l’autre. Mais ce sont des personnes, pour moi, très humaines qui ressentent énormément de choses. Ce sont des personnes sensibles ! Je pense à mes collègues euh… Je pense que je suis un peu une fofolle aussi, et c’est pour ça que je me plais bien dans ce milieu.

Tu peux préciser ce terme fofolle ?
Ce sont des filles spontanées.

Fofolle, ça peut être péjoratif ?
Non, c’est pas dans le sens péjoratif que je veux dire ça, au contraire… Enfin, si, il y en a qui sont fofolles et qui vont parfois loin…, qui se détruisent même ! Mais je pense qu’il y en a dans tous les milieux des gens qui se détruisent.
Moi, en tout cas, pourquoi j’ai atterri dans le milieu de la prostitution, ça a été le besoin d’argent rapidement. Et une fois lancée, malheureusement moi, j’ai pris goût à l’argent. Et c’est très dur de faire marche arrière et de reprendre un rythme de vie normal entre guillemets. Vivre avec un salaire normal.
Moi, l’avantage de la prostitution, c’est que j’ai pas mon salaire qui tombe fin du mois, et je dois, tout le mois, me démerder avec cette somme d’argent. J’ai de l’argent un peu tous les jours et je me démerde avec ce que j’ai un peu tous les jours. Voilà, je vis au jour le jour. Demain, je ne sais pas de quoi ce sera fait. C’est parfois angoissant. C’est pas un milieu évident. Je vais dire… on a des clients très gentils et puis il y a des clients… il y a des connards partout, je pense. Comme dans tous les milieux !

Y compris parmi les clients, mais ils ne le sont pas tous ?
Non, non, heureusement sinon ça fait longtemps que j’aurais arrêté ! Non, j’ai des clients très très agréables. J’en un qui vient deux fois semaine. Quand je le vois, je suis très contente de le voir. On rigole. Sur une prestation de 30 minutes, bon il faut compter que oui, il y a 10 minutes de sexe mais tout autour, c’est du bla-bla, c’est des blagues,… il prend de mes nouvelles, … parfois, il me propose de m’aider aussi si j’ai des soucis. Mais, en général, je préfère refuser parce que j’aime bien mettre cette distance. Mon boulot, c’est le boulot. Ma vie privée, c’est ma privée. Et c’est, je pense, pour ça que je le vis plutôt bien. C’est parce que je connais mes limites, je les respecte et je les fais respecter. C’est dans un cadre bien particulier. J’ai mon personnage une fois que je rentre là-bas. Une fois que je sors de ce bâtiment, ce n’est plus mon personnage et je redeviens qui je suis. En-dehors du boulot, il ne faut pas venir m’accoster et venir me proposer des choses parce que ça va me mettre très très mal à l’aise. Je pense par exemple, au salon de l’Erotisme qui a eu lieu ici à Mons, où je me promenais simplement accompagnée d’un ami. Et, je suis tombée sur un client qui m’a reconnue, qui ma accostée. Il y avait un bar libertin. L’entrée était moins chère si on rentrait en couple, et il insistait pour que je rentre avec lui pour pouvoir payer l’entrée moins chère. Il a insisté 15 bonnes minutes. J’ai vraiment dû m’énerver, à un moment donné, parce que je voulais qu’il comprenne que voilà… Moi, je suis de Mons, et j’ai pas spécialement envie que les gens voient que je rentre avec un gars qui n’est pas spécialement beau physiquement, avec qui j’ai rien à faire en fait, dans ce genre d’endroit et qu’on puisse me juger par après. Même si j’ai pas mal d’amis, dans mon entourage, qui sont au courant et qui estiment que ça ne change pas qui je suis au fond. Donc qui ne me jugent pas là-dessus. Malheureusement, le regard des gens… les gens, ils parlent ! Les gens, ils parlent, les gens sont méchants. Et les gens ne peuvent pas toujours comprendre pourquoi j’en suis arrivée là, pourquoi j’ai fait ces choix-là, et pourquoi je continue dans cette voie-là pour le moment en tout cas.

Tu dis plus haut que tu as des limites, tu peux expliciter ?
Et bien, je ne donne pas la même chose à tous les clients. Il y a des clients que je vais avoir envie d’embrasser. Il y en a où je vais pas pouvoir. Je vais leur donner le strict minimum… le minimum syndical. Voilà, moi je sais, par exemple, que tout ce qui est anal, je ne supporte pas… le rapport sexuel, pour moi, c’est quelque chose de très langoureux, de très sensuel, de très doux. Et il faut pas commencer à devenir brutal avec moi. J’aime pas ça ! J’aime pas ça et si on me le fait subir, je vais mal le vivre. Donc, je préfère recadrer la personne directement, que ça se passe bien pour moi et que ça se passe bien pour elle aussi du coup ! Parce que si ça ne se passe pas bien pour moi, je n’arriverai pas à être détendue avec la personne et au final lui faire du bien. Puisque, pour moi, nous les prostituées, on est là pour donner du plaisir, on est là pour vendre du rêve, ce qu’ils n’ont pas spécialement à la maison, ou quand ils rentrent du boulot, avec leurs femmes…
Cet exemple que tu prends du client sur le salon de l’érotisme, est-ce que tu crois que ce même client mis dans le contexte d’une rencontre au Carrefour, t’aurait ne fusse que dit bonjour ? »
Le fait de me dire bonjour, ça ne me dérange pas. J’ai des clients que je croise en terrasse sur Mons. Je leur fais la bise ; « tiens comment tu vas ? » ; « on ne s’est pas vu depuis longtemps ! ». Mais, il ne faut pas commencer à me parler du boulot en dehors du boulot. C’est vraiment ça ! Ça ne me dérange pas d’avoir des rapports humains à l’extérieur, mais des rapports sexuels, ça c’est LA LIMITE.
Mais ça dépend de quel client aussi. Ça dépend de quel rapport on a avec le client. Justement, il y a certains clients avec qui il y a une amitié qui s’est construite. Et donc, le fait de les voir à l’extérieur ne me dérange pas. Maintenant s’ils sont avec leurs femmes, ou s’ils voient que moi je suis accompagnée, ils vont pas venir avec leurs gros sabots et s’imposer. En général, ils font ça très discrètement. Ça commence, en général, par un échange de regard, un sourire et puis s’ils voient que je vais vers eux, ou qu’ils viennent vers moi et que je soutiens encore le regard alors voilà…

Tu disais plus haut que ton entourage est au courant, c’est qui ton entourage ?
Certaines personnes… : ma petite sœur,… et puis, il y a une histoire personnelle : je suis sortie avec un garçon à qui je l’ai dit et à des moments où il avait trop bu, où il m’en voulait, il l’a raconté à d’autres personnes. Et donc, certaines personnes sont au courant sans même que moi je sache qu’elles sont au courant ! Maintenant, voilà… j’ai des amis à qui je tiens beaucoup et moi, j’aime beaucoup comparer ça à un secret. C’est un secret. C’est quelque chose, pour moi, de très personnel, de très important et j’ai parfois besoin de raconter ce secret à quelqu’un. Lui offrir comme un cadeau en fait ! C’est une marque de confiance, c’est… voilà, je t’explique ce que je vis vraiment, quelle est vraiment ma vie… Parce que la prostitution, oui, bien sûr ! Il y a des côtés noirs ! Et donc, il y a des moments où je suis triste. Et où j’ai pas spécialement envie d’aller travailler. Je pense un peu comme tout le monde. Mais là, c’est un peu plus compliqué je pense parce qu’il y a contact physique. Enfin, il faut donner de soi ! et… et bien, de temps en temps, j’ai pas envie !
Voilà… je me perds, je ne sais plus la question !

Tu disais que c’était un cadeau que tu faisais à certaines personnes…
C’est moi qui le vis comme ça en tout cas. Moi, c’est un cadeau que leur fais de leur confier cette partie-là de ma vie parce que c’est quelque chose de très personnel. Et si à ce moment-là, j’ai envie de le dire à cette personne, c’est que je lui fais confiance, c’est que j’ai l’impression qu’elle va pouvoir me comprendre, et qu’elle ne va pas me juger. J’ai des copines qui réagissent assez mal en disant : « mais enfin, arrête ça tout de suite ! » ; « tu vas te faire du mal »… Puis à côté de ça, j’ai des amis qui réagissent très bien en disant : « franchement, c’est beau ce que tu fais, c’est beau d’offrir du plaisir comme ça aux gens ! ». J’ai même un copain qui m’a dit : « tu cadres tous les malades qu’y a dans la société, si vous étiez pas là, il y aurait beaucoup plus de viols ! » Pfff, maintenant, je ne suis pas sûre que ce soit fondé mais… on a quand même pas mal de malades mentaux qui viennent pour des trucs assez spéc…
J’ai travaillé de nuit, en vitrine. C’est une autre population quand même que là où je travaille de jour dans un milieu fermé. La nuit, ce sont beaucoup plus des gens qui ont bu. Et le fait d’être en vitrine, les gens ne doivent pas faire la démarche de rentrer et de voir quelles filles sont présentes ce jour-là. Voilà, c’est plus : ils passent devant la vitrine, on est un morceau de viande, ils ont envie à ce moment-là et va se passer ce qu’y va se passer. Il y a beaucoup plus de consommation d’alcool, beaucoup plus de consommation de drogues dans le milieu de la nuit que là la journée. Si je travaille la journée actuellement, c’est vraiment un choix justement parce que … ben en travaillant en vitrine, je suis tombée dans la cocaïne, moi ! Le jour de mon anniversaire, mes 20 ans, j’avais jamais consommé. On buvait du champagne avec des clients. C’est ma collègue qui m’a dit : « aller, vas-y, c’est ton anniversaire, essaie, essaie, essaie,… » Ben honnêtement, dès le lendemain, je rachetais et j’étais partie… j’ai fait une cure pour ça. Heureusement, je m’en suis sortie ! Même si je consomme toujours ! Je consomme toujours mais de façon récréative, en moyenne toutes les 3 semaines. C’est plus : « tous les jours, j’ai besoin ! »

Tu veux dire, par-là, que ta consommation n’est plus directement liée à ton activité ?
Non, plus du tout justement ! Plus du tout. C’est pour ça, maintenant, que j’arrive à ne plus consommer, c’est parce que je ne travaille plus dans le milieu de la nuit. C’est parce que en travaillant en champagne, moi je ne tiens pas l’alcool, donc il faut… j’ai déjà eu un client qui venait, qui m’a mis deux bouteilles de champagne, et il n’a pas bu un verre sur les bouteilles ! J’étais bourrée ! J’étais bourrée et heureusement qu’il y avait la cocaïne ! Parce qu’il y a beaucoup de clients, quand même, qui mettent du champagne en se disant : « la fille, elle va être bourrée, je vais pouvoir la manipuler un peu plus. » C’est là où ça devient mal sain de travailler à la consommation, c’est que les clients vous bourrent la gueule en espérant obtenir des choses qu’ils ne pourraient pas obtenir de vous à jeun. Et heureusement qui a la cocaïne à ce moment-là pour garder un minimum de lucidité, pour justement ne pas se faire bouffer. Parce que j’ai fait des trucs avec des clients en étant défoncée qu’honnêtement, je n’aurais pas fait. Et je me dis : « mais enfin, qu’est-ce que t’as fait !!! »

Tu as parlé du côté noir ou sombre de la prostitution… c’est quoi le côté sombre ou noir ?
C’est pas vraiment un côté sombre, un côté noir, c’est euh… Moi, je suis quelqu’un de très sensible. Je suis quelqu’un de fort… On me dit souvent que je suis fragile. Je ne suis pas fragile, je suis forte mais je suis très très sensible. Les émotions, je les ressens très très fort. Quand je vis quelque chose de négatif, je le vis très très mal. Je vais donner un exemple : bêtement, hier, une prestation avec un client que j’avais déjà rencontré et qui est très gentil. Et en passant dans la salle de bain, tous les deux, il me demande s’il peut m’attendre dans la chambre. Je lui dis ok, pas de souci, je te rejoins. Je rentre dans la chambre, heureusement, j’ai le réflexe de regarder à droite, là où il y a la table de massage en face du lit. Il avait mis son tee-shirt en boule et il avait posé son téléphone de façon à filmer la prestation. Et heureusement, je l’ai vu ! Si je ne l’avais pas vu, peut-être, je me serais retrouvée sur internet ! J’ai des filles avec qui je travaille, elles se sont retrouvées sur Facebook comme ça ! Je pense qu’il y a un côté très dur ! Et hum… il y a des clients aussi qui ne sont pas forcément gentils, qui sont un peu brutaux, qui vous demandent de faire des trucs dont vous avez pas envie. Vous leur dites : « non, j’ai pas envie. » et ils insistent, ils insistent ! il faut s’énerver pour qu’ils comprennent que non c’est tout. Moi, ça fonctionnera comme ça, comme MOI j’ai décidé que ça fonctionnerait et PAS comme EUX ont décidé que ça fonctionnera. On dit souvent : « le client est roi ». J’ai lu un truc comme ça sur un forum où la fille répondait, j’arriverai pas à retranscrire exactement ce qu’elle disait. Mais en gros, elle disait : « ah le client est roi Monsieur, mais vous savez qu’à l’époque de Louis XIV, les rois on les décapitait ! » Voilà, bien sûr, le client paie pour une prestation, je vais lui donner… je vais essayer de lui donner du plaisir, je vais essayer de lui faire du bien. Mais il y a des fois où… voilà, le client qui a essayé hier de me filmer, j’ai fini par faire la prestation mais honnêtement, je pense qu’il l’a vu que j’étais tendue et que je le faisais juste parce qu’il avait payé. Et honnêtement, je ne sais pas s’il reviendra du coup parce c’était pas exceptionnel.

As-tu des rites ou des manies pour te préparer au boulot ou pour le clôturer ?
J’aime bien juste prendre le temps, le matin. Ça m’arrive de me réveiller en retard et de me dépêcher et d’aller à la va-vite au boulot. Et là, j’arrive pas à faire justement la transition entre les deux. J’ai besoin de… je prends presque deux heures le matin où je me lève tout doucement, je prends ma douche, puis je sors mon petit chien, je vais m’acheter un petit pain au chocolat… et puis seulement, je vais au boulot. Si je me réveille et que PAF! tout de suite, en un court laps de temps, je me retrouve au boulot. Là, je risque de le vivre mal parce que je n’aurai pas pu me préparer mentalement justement à rentrer dans mon personnage et à me dire que voilà, je suis là pour donner du bien tout en me respectant aussi bien évidemment.

Donc c’est possible ça donner du bien en prostitution en se respectant soi ?
Oui, je pense. Il y a des jours où j’ai dur. Enfin, où c’est difficile pour moi. Mais honnêtement, j’ai l’impression d’être utile d’une certaine façon. Il y a certaines personnes qui ne comprennent pas mais c’est valorisant dans un sens. On se sent désirée. On se sent belle. On sait qu’on fait plaisir et moi, ça me fait du bien. Ça me fait du bien de voir ces clients avec qui ça se passe bien et où ils repartent avec le sourire. On se fait des blagues.
Maintenant, un autre petit rituel, c’est la douche aussi. C’est systématique, pour moi, avant, après. Avant, pour montrer au client que voilà, je suis propre. On ne sait jamais si je suis passée faire pipi… Et après, pour ne plus avoir d’odeur sur moi. Ça c’est un truc que voilà… c’est un point négatif, c’est quelque chose que je vis très mal, ce sont les odeurs corporelles. Il y a des clients, je suis désolée, ils ne sentent pas bon. Et on a beau les laver complètement, les savonner, c’est une odeur corporelle et … ça c’est difficile. C’est pour ça que je préfère travailler l’hiver qu’en été !

Tu veux ajouter quelque chose ?
Non, je ne pense pas. Enfin si, je pourrais encore en rajouter pendant des heures et des heures. Mais je pense que l’essentiel a été dit. Il faut être conscient des mauvais côtés mais il faut voir les bons aussi. C’est pas que tout noir. Je pense que c’est un boulot comme un autre. C’est gris. Il y a du noir et il y a du blanc !

My safe sex tape

02.06.2014

Un excellent site interactif dans lequel vous définissez le scénario d’une partie de jambes en l’air en quelques clics… Et le site vous en fait le film et établit le calcul des risques. Un outil de prévention et d’information excellent. A tester d’urgence :

http://www.mysafesextape.be/

A l’occasion de nos 25 ans, nous avons mis à jour notre Manifeste pour une approche plus juste des métiers du sexe.

Pour adhérer à notre manifeste, merci d’indiquer ci-après, en commentaire :
- Votre nom et votre prénom (ou votre pseudo pour celles ou ceux qui souhaitent rester anonymes)
- Votre profession (travailleuse du sexe, ministre, etc.) ou votre lien avec la prostitution (ex : client, sympathisant, etc.).

Votre adhésion ne sera visible pour les autres qu’après validation par nos soins.

N’hésitez pas à commenter ou à poser vos questions, le dialogue est toujours constructif.

Le 13 décembre Espace P… fêtera ses 25 ans. A cette occasion nous organisons une soirée au LiveClub à Liège. Voici le programme du jour. Venez nombreux, nombreuses, que ce soit pour affirmer un soutien actif à notre cause ou tout simplement pour faire la fête.
Entrée gratuite pour les personnes personnes prostituées.

La clamy… quoi ?

01.07.2013

La plateforme de Prévention contre le Sida se lance dans une très intéressante campagne d’information et de lutte contre la chlamydia. A lire de toute urgence :

Cafouillage et abus

21.12.2012

Espace P… fait savoir à ses amis et sympathisants que Catherine François s’est exprimée dans les médias, notamment en tant que porte parole d’Espace P…, sans jamais avoir été mandatée pour cela et sans même connaître la position officielle d’Espace P… sur laquelle elle était interrogée (en rapport avec la récente proposition de loi du MR). Catherine François ne travaille plus à Espace P… depuis plus de 15 ans et n’est plus administratrice depuis la dernière assemblée générale. Nous regrettons le cafouillage que cela a pu occasionner dans la compréhension de notre position face à cette proposition de loi. Nous avons entamé des démarches auprès de Catherine François pour qu’elle cesse de s’exprimer au nom d’Espace P…

Et si vous alliez glaner quelques infos dans la nouvelle campagne de prévention de la Plateforme Prévention Sida

Le point de vue officiel de la Ville et de l’association Isatis sur l’eros-center prévu à Liège est exprimé dans l’émission Le Forum de Midi, à écouter ici :
http://www.rtbf.be/radio/player/lapremiere?id=787103&e=

Voici un petit questionnaire anonyme destinés aux hommes qui se prostituent. Pourriez-vous le compléter et nous le renvoyer soit par mail (espacepnamur@gmail.com), soit par fax 081/73 70 09 soit par courrier à Espace P namur, 4 rue du Dr Haibes à 5002 Namur

Si vous le remplissez sur ordinateur, vous pouvez vous contenter d’effacer les propositions qui ne vous conviennent pas.

Votre localité (ville):
Votre âge :
Depuis combien de temps exercez-vous votre travail ?:

1) Connaissez-vous Espace P…
• Oui
• Non (passez à la question 3)
Si oui par quel biais ?
• Internet
• Annonce Vlan
• Bouche à oreille
• Autres : ……………………………………….

2) Avez-vous déjà fait appel à nous ?

• Oui
• Non

3) Dans quel lieu exercez-vous votre travail ?
• Chez vous
• Privé professionnel
• Bar
• Club privé (club libertin ou autres)
• Lieu public (parking, parc,…)
• Autres : ………………………………………..

4) A quelle fréquence travaillez-vous ?
• Tous les jours
• Occasionnellement : ……………………………………..

5) Quelle type de prostitution exercez-vous ?
• Gay
• Travesti
• Escorte boy

6) Quels sont vos besoins en matière de prévention ?
• Informations médicale ou sociale
• Matériel de prévention (préservatif, lubrifiant,…)
• Rencontre avec un médecin
• Ecoute, soutien
• Autres : …………………………………………

7) Si vous désirez nous rencontrer, dans quel lieu cela vous intéresserait-il ?
• Sur votre lieu de travail
• Chez vous
• Dans nos locaux
• Autre : …………………………………………..

Merci pour votre participation,
l’équipe d’Espace P…

La voilà l’expo photo de la fin de l’année 2010…..

Du 22.11.10 au 18.12.10….Deux endroits d’expo : La Maison des Cultures à Saint Gilles et l’école ISFSC à Schaerbeek…..

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la prostitution sans jamais oser le demander….. Allez à l’écoute des paroles des personnes prostituées et à la rencontre des photographies de Frédéric Pauwels……. Passez derrière le rideau….

N’hésitez pas à diffuser l’invitation auprès de vos contacts,

Au plaisir de vous y voir,

L’équipe d’Espace P…

Nous avons mis au point un guide d’information pour les clients de services sexuels. Nous vous invitons à le lire ici

Dans notre magazine n°55 nous publions plusieurs interviews de clients réalisées pas Fabian Drianne à Bruxelles. Faute de place, nous avions dû les écourter dans la version papier. Les voici ici in extenso.

R., 59 ans

Bonjour, qui êtes-vous ?
J’ai presque 59 ans. Je suis divorcé. J’ai des enfants qui ne sont pas à ma charge.
Je vis seul actuellement depuis 3 ans. Je suis chauffeur de camion.

Parle-nous de ta première expérience en tant que client…
Ma première expérience était par accident quand j’avais 25, 30 ans. Cela se passait à la place de Brouckère où il y avait un bar. Une fille a frappé à la fenêtre. Je l’ai trouvée jolie. Elle me plaisait. J’étais marié à l’époque et ma femme était à la clinique pendant 10 jours. C’est tout à fait par hasard. Je crois que j’étais allé pour déclarer mon enfant à la maison communale. C’était dans la journée.

Que cherchais-tu quand tu t’es dit que cette fille te plaisait ?
A ce moment-là, je ne cherchais rien. Je n’étais jamais allé chez une prostituée et aucune idée d’y aller. Je n’avais fréquenté que ma femme. C’était un accident.

Comment cela s’est passé dans le bar ?
La fille m’a fait rentrer dans le bar. Je ne savais pas que je devais payer. On a commandé de l’alcool. Cela s’est fait comme cela.

Cette première fois en gardes-tu un bon souvenir ?
C’était bien. Je ne le regrette pas. Cela s’est bien passé. C’est purement mécanique avec une fille très jolie. Ma femme n’a jamais été au courant.

Es-tu depuis un client régulier ?
J’ai eu cette expérience. Puis après la séparation de ma femme il y a 10 ans, j’ai eu des aventures constantes, hors prostitution, qui duraient 15 jours ou 3 semaines.
Je fréquente les prostituées que depuis 2 ans ; minimum une fois par semaine suivant les finances. Je suis un client régulier.
Je fréquentais d’abord les vitrines à Bruxelles rue d’Aerschot et puis après les filles de rue depuis 1 an à Yser.

Comment cela se passait avec les filles dans les vitrines ?
Je me promène dans la rue et une fille me choisit et je vais. Il y en a qui m’appelle avec le sourire, elle me fait signe et je viens. J’arpente la rue plusieurs jours avant de me décider. Puis je devenais un client régulier avec la même prostituée pendant un certain temps puis je prenais une autre. Je sais ce que je peux faire et ne pas faire avec elle. La fille sait ce que je veux.
Je sais pour combien je paie.

Pourquoi es-tu tourné vers la prostitution de rue ?
J’ai perdu une fille qui est partie.
Puis je suis allé chez des prostituées de rue. Il y en a une qui m’a fait signe à plusieurs reprises et puis j’y suis allé. Avec les filles de la vitrine, il y a la promiscuité avec les autres clients et c’est trop minuté. Il y avait du stress et par moment cela m’a coupé. Avec les filles de la rue, je n’ai jamais été à l’hôtel. Soit, j’allais chez elles, soit chez moi. Elles étaient deux pour ne pas avoir peur quand j’allais chez elle. Puis par la suite elle est venue toute seule chez moi, elle était habituée.

J’aimerais vivre avec une femme pour qui j’ai de la tendresse, pour vivre avec, pour discuter.

Pour toi, c’est quoi un bon service en tant que client ?
Un bon service sexuel pour moi, c’est caresser son corps, embrasser ses seins, ses joues et puis faire l’acte sexuel. En gros, c’est la normalité que je recherche. On me proposait 100 euros pour une demi heure pour toucher la fille, pour qu’elle se déshabille. Là, je pouvais faire tout ce que je voulais pendant une demi heure. Pour 40 euros, c’est théoriquement une branlette qui est fait le plus rapidement possible et la fille ne se déshabille pas généralement.

Pourquoi refuses-tu d’aller à l’hôtel, la majorité des clients vont à l’hôtel ?
La majorité des clients demande à aller à l’hôtel avec la prostituée de rue. Les filles ne leur font pas confiance, elles ne les emmènent pas chez elles. Elles ne les connaissent pas. Je trouve qu’elles ont raison.
Tout le monde me connaît dans le quartier et elles savent que je suis quelqu’un d’honnête et que je suis client de telle fille.

Le fait que tu vas chez elle ou que la fille vienne chez toi, c’est pas une sorte de copine ?
Elles viennent une heure, une heure et demie chez moi. Je leur propose un verre, parfois à manger si elle veut. Puis on prend une douche et ensuite on va au lit. Ensuite on discute un peu, puis on prend une douche à nouveau. J’ai jamais été dans un hôtel. A l’hôtel, j’aurais droit à la demi heure comme tout le monde. Les filles ici, je les connais.

Au bout de 2 ans, as-tu une personne hors prostitution ?
Aujourd’hui, je n’ai personne mais j’aimerais rencontrer une femme hors prostitution.
Si je rencontre une femme bien, sérieuse et disponible, je ne vais pas aller chez quelqu’un d’autre. Si cela ne marche pas, je garderais la fille de la rue.

Que vas-tu chercher à Yser ?J’ai l’impression que tu cherches la femme idéale.
En fait, je ne cherche pas une prostituée, mais une femme. Mais je ne trouve pas de femme pour le moment, alors je me contente d’une prostituée. J’ai beaucoup cherché sur internet. Je suis allé dans des clubs de rencontre pour célibataires. Cela n’a tenu que 15 jours. Certaines cherchaient de l’argent ou n’étaient pas disponibles. Je veux quelqu’un qui vive avec moi.
Je n’ai jamais trouvé jusqu’à présent.

Un jour, si tu rencontres la femme de ta vie mais qui est une prostituée, continuerait-elle son travail ?
Je ne dis pas que cela me ferait plaisir, mais c’est une nécessité. Mais qu’elle ne travaille pas 7 jours sur 7. Il y a moyen de vivre avec moins d’argent. Travailler plus la journée et moins le soir, mais pas tous les jours. Il y a moyen d’aménager. Je ne l’empêcherais pas de travailler si elle a besoin d’argent.

Ton désir, en tant qu’homme, c’est qu’elle arrête ou pas ?
En tant qu’homme, une femme ne devrait pas travailler. Elle devrait tenir le ménage et rester à la maison.

En tant qu’homme, quel regard portes-tu sur la prostitution ?
Mon regard n’a pas changé par rapport à la prostitution. Pour moi, c’est un mal nécessaire.
La prostitution devrait pas exister. Mon but, c’est d’avoir la même femme et pas d’en changer tout le temps. Mais d’avoir pris goût aux filles, peut-être que je ne serais plus fidèle si je serais en couple.

Quels regards portes-tu sur ces femmes ?
Elles sont toutes des martyres. Elles disent qu’elles font cela de leur propre volonté mais je suis assez sceptique par rapport à cela. Ces filles envoient de l’argent à l’étranger pour entretenir leurs parents, leurs enfants, construire une maison….
Elles sont obligées de travailler d’une manière ou d’une autre.

Que penses-tu des projets de loi de certains politiciens qui proposaient de pénaliser le client ?
C’est ridicule. Le client a payé un travail. La fille fait le travail. Tu as droit au service que tu as payé.

Dans ton entourage, dis-tu que tu es un client ?
Non, seulement un ami le sait. Entre chauffeurs, on n’en parle pas.

Comment penses-tu que le client est perçu ?

Celui qui ne consomme pas, va te traiter de salaud. Celui qui consomme, il va trouver cela bien. Moi, je veux avoir de l’amitié et je paye. Les prostituées ne s’intéressent qu’à ton portefeuille. C’est moi qui paye les boissons, rarement les filles. Je parle avec elles car je suis seul toute la journée. Je vais tous les jours à Yser. C’est toujours les mêmes personnes qu’on rencontre. Une sorte d’amitié s’installe entre nous.

Que penses-tu du préservatif ?
J’aime pas, personnellement. Je n’ai jamais demandé aux filles de faire sans préservatif. Certaines le font spontanément sans préservatif. J’ai presque 60 ans et si j’ai le sida, je m’en fous. Je sais que je peux être contamineur. Je sais que c’est dangereux et elles le savent aussi.

Est-ce que tu ressens la crise économique en tant que client ?
Ce sont mes sorties d’argent qui me posent problème. J’ai des filles qui ne me remboursent pas. Je consacre 200 à 300 euros par mois pour la prestation ; avec les extras, j’ai dépensé au moins 25 000 euros sur un an.

Que penses-tu des tarifs que pratiquent les filles ?
Je trouve que 50 euros pour le client, c’est très cher. Mais pour la fille, ce n’est pas cher.
Je n’ai jamais négocié le prix.

Que ressens-tu de la fille qui est avec toi dans la rue et puis qui s’en va avec un autre client ?
Cela me fait un peu mal au coeur. Je l’ai déjà vu. Cela ne me pose pas de problème majeur.
J’ai des sentiments pour plusieurs filles.

Merci

O., 57 ans

Bonjour, peux-tu te présenter ?
O., 57 ans. Je suis ingénieur dans le domaine du bien-être au travail (éviter les accidents de travail, les maladies professionnelles…) et depuis quelques mois je suis indépendant. J’ai travaillé comme cadre auparavant dans plusieurs entreprises.

Célibataire, marié, des enfants ?
Oui, j’ai été très longtemps marié, 2 fois et j’ai 4 enfants dont 3 assez jeunes car ma deuxième épouse était plus jeune que moi. Je suis maintenant divorcé depuis 5, 6 ans.
Je vis seul depuis le divorce et je vois de temps en temps mes enfants.

Votre 1ère expérience en tant que client ?
En fait, je ne sais plus. Cela remonte à très longtemps, vu mon âge. J’étais très jeune à ce moment-là. Elles ont été assez rares. Quand j’étais marié, j’allais voir très peu les prostituées, de temps en temps. C’était un peu par curiosité ou lors de voyages, essentiellement dans les vitrines à Liège. A ce moment-là, je ne connaissais pas toutes les possibilités que je connais maintenant. Je suis venu une ou deux fois à la rue d’Aerschot et deux fois à Amsterdam. Cela m’a toujours frustré. J’habitais à Liège, donc je connaissais ces rues. Je travaillais tout près. Je passais souvent devant. Je voyais de belles filles en vitrine. Cela m’a parfois donné envie d’avoir ces quelques expériences, maximum 2 ou 3 fois par an.

Vous étiez marié à l’époque ?
Oui, j’étais marié.

Quand on est en couple où en théorie on a accès à une sexualité, qu’est-ce qui fait qu’on se dit « tiens, j’essaierais bien une fille en vitrine, malgré que j’ai quelqu’un à la maison ?
Je crois que l’homme aime bien la diversité. C’est par curiosité que j’ai essayé. Cela m’a chaque fois frustré après. J’avais justement un sentiment de culpabilité vis-à-vis de ma situation d’homme marié. Je ne pouvais pas le dire à ma femme. Cela aurait été un drame, je pense. C’était quelque chose qui me poussait à le faire de temps en temps. Puis après, du fait que j’étais frustré et culpabilisé, je ne l’ai plus fait pendant tout un temps. Quand la libido devenait trop forte, je recommençais.

La frustration venait de la culpabilité, du fait de tromper votre femme ou le fait que vous ne trouviez pas ce que vous recherchiez ?
C’est par culpabilité, vis-à-vis de ma femme et de mes enfants. Cela a un prix. Il a fallu utiliser une partie de l’argent du ménage pour cela. J’avais moi-même l’impression d’être un pervers en faisant cela, vu qu’il n’existait pas de forum à l’époque et que je n’en parlais à personne.

Pour quelles raisons, vous n’en parliez pas ?
J’aurais été dénigré. Ma famille est très catholique. Au niveau des copains, je n’y ai jamais trouvé une quelconque ouverture d’esprit à ce niveau-là ; et pour ne pas avoir de problèmes… Je pensais moi-même que c’était un genre de perversion et donc je préférais ne pas en parler. D’autre part, c’était assez rapide. C’était juste le sexe. Cela me laissait toujours un peu sur ma faim. J’aurais préféré quelque chose de plus amical. Dans les vitrines, à l’époque, il n’y avait pas cette chose-là que maintenant j’ai trouvée dans d’autres formes de prostitution. Il y avait très peu de contacts humains à l’époque. C’était ¼ h. C’était un minuteur. Je l’ai vécu une fois rue d’Aerschot et depuis je n’y remets plus les pieds. C’était stressant. Ce n’était pas du tout ce que j’attendais. J’étais à ce moment-là dans une phase un peu de démoralisation. Je voulais lâcher la soupape, mais c’était assez rare. Après mon divorce, je me suis retrouvé seul. Le besoin sexuel a été beaucoup plus important. Vu que mes 2 mariages ont duré assez longtemps et cela s’est terminé par un échec, cela a été dur. Je n’avais plus l’âge de draguer à nouveau et à me relancer. Je ne voulais même plus une relation de couple. J’ai commencé à regarder sur internet et je suis tombé sur le forum dialoguelib et escort.fr en France. J’y es découvert des choses que je ne connaissais pas du tout, par exemple les salons, les clubs en Allemagne…Cela avait l’air génial ce site. Par curiosité, un jour le 21 juillet 2004, j’avais congé ce jour-là, j’ai pris ma voiture et je suis allé jusqu’à Francfort. Là, je ne pouvais penser qu’une chose pareille puisse exister. C’est toute une philosophie de vie. En Allemagne, la mentalité est tout à fait différente par rapport à ici. Là-bas, les gens viennent presque en famille ou avec des collègues ou des amis… Là-bas, on pense beaucoup moins que les hommes sont des pervers. On y passe toute une journée, on discute avec de belles filles amicales, on rencontre différentes nationalités…J’y ai passé une très bonne journée. J’avais eu deux fois une relation. A la limite, ce n’était pas cela le plus important. C’était l’ambiance un peu érotique, qui m’apportait des possibilités de discussion, tout ce que je n’avais pas trouvé auparavant dans les vitrines.
Je suis revenu et puis je suis retourné quelques semaines plus tard. J’ai commencé à dialoguer et à écrire sur les forums pour y raconter aussi mes expériences. J’y vais une à deux fois par mois ; cela dépend du temps que j’ai. En Belgique, je ne vais plus jamais dans les vitrines. Je n’en avais pas gardé un bon souvenir. Je vais de temps en temps dans des massages tantriques. Là, je trouve une possibilité de se relaxer. Quand j’en sors, je me sens destressé mentalement et physiquement. Deux ou trois fois, j’ai été chez les escorts. Cela m’a frustré un peu. Et c’est très cher en plus.

Pourquoi les escorts t’ont frustré ?
C’est minuté en fait. Je n’ai pas eu la possibilité de discuter avec des escorts. Je ne recherche pas uniquement une délivrance sexuelle, mais aussi une relation humaine. Ce qui m’a aussi intéressé dans la démarche chez les Allemands, j’ai des relations avec certaines filles que je revois régulièrement. Elle m’a raconté sa vie, moi je lui ai parlé de ma famille. C’est une toute autre relation qu’on a ici. En Belgique, dans certaines vitrines, certain parait avoir ce genre de relation. C’est une leçon de vie finalement.

Quand vous étiez marié, avec le recul maintenant, y avait-t-il un épanouissement sexuel au niveau du couple ou quand cela commence à s’user, on se tourne vers la prostitution ?
Ce n’était pas une question de frustration dans le couple. J’étais épanoui sexuellement. Ma deuxième épouse qui était hongroise retournait pendant de longues périodes dans sa famille en juillet et en août. Je ne pouvais pas partir avec elle autant de mois. Je restais seul à la maison pendant plusieurs semaines. J’ai oublié de le dire. J’ai fait pour mon boulot un voyage au Maroc. Ce que j’ai découvert là-bas, je ne l’aurais pas imaginé non plus. Je pensais que la prostitution n’existait pas au Maroc. Un collègue de l’entreprise, un expatrié qui était sur place, m’a amené dans des bars marocains. Il y avait plein de filles très belles…Je me suis dit : c’est bizarre, que font-elles ici ? Mon collègue m’a expliqué que je pouvais discuter avec elles et passer la nuit avec une de ces filles. Je tombais des nues. Puis finalement, j’ai passé la nuit avec une de ces filles. C’est encore une fois une tout autre relation. On ne parle même pas d’argent au départ. On va dans un magasin. On y achète des choses. On reste plusieurs jours ensemble. Puis après j’ai été plusieurs fois au Maroc.
En lisant sur internet, je me suis rendu compte qu’il y avait 36 formes de prostitution. Dans d’autres pays, ce n’est pas aussi diabolisé qu’ici. A la limite, c’est presque normal. Après, je me suis dit après que je n’étais finalement pas un pervers. Je me suis rendu compte aussi en discutant sur internet car j’ai rencontré pas mal de gens d’Allemagne, qui sont mariés… Il n’y avait pas de raison que je culpabilise. C’est une question de psychologie masculine. La femme ne pourra pas le comprendre. Je discute avec beaucoup d’hommes qui ont une vie de famille et n’ont aucune frustration sexuelle dans leur couple et qui ont quand même cette envie d’aller voir ailleurs de temps en temps. C’est peut-être dans les gênes.

Au travers de leurs boulots, des gens étaient amenés à rencontrer des prostituées. Lors de négociations de contrats, il y avait des filles qui y étaient présentes
Je n’en ai pas rencontré.

Avez-vous été tenté par les prostituées de rue ?
Non, cela ne m’a pas tenté. Financièrement, j’étais un peu privilégié par rapport à d’autres. Je préfère mettre plus d’argent dans une relation qui me satisfait plus. Je pense que la prostitution de rue doit être très frustrante, c’est très court. Je ne pense pas qu’on peut construire une relation, discuter d’autres choses… Ce n’est pas un jugement de valeur. Ce n’est pas ce que je recherche.

Quand on est marié, que met-on en place comme mécanismes pour assumer la culpabilité, le cacher au partenaire et en terme d’emploi de temps avec votre boulot ?
Cela ne me pose pas de problème concernant mon emploi du temps avec le travail. Je ne passais pas non plus un temps fou à cette activité. Ce n’était pas une fois par mois. Je gérais moi-même mon temps en tant que cadre d’entreprise ; je ne devais pas non plus pointer. A l’occasion d’une visite chez un client, cela ne posait pas de problème.

Comment regardais-tu ton épouse dans les premiers temps ? Cela change le regard sur le couple, sur les valeurs de la fidélité ? Cette expérience change-t-elle la perception du couple, de son partenaire, de la manière de fonctionner dans la société ? Cela a-t-il changé quelque chose chez toi de manière personnelle par rapport à ton épouse, à ton couple, à tes enfants et sur la société ?
Je ne crois pas non. J’aimais bien ma femme. Cela ne changerait rien du tout à cela. Pour moi, ce n’était pas très important dans la vie de couple. Je me rappelle ma première expérience en tant que client à Liège. Je n’étais pas marié à cette époque. C’était avant le sida. Il n’y avait pas de préservatif. J’ai parlé avec une fille et on s’est trouvé même quelques points communs.
J’avais eu 2 ou 3 expériences avant le mariage. J’ai prolongé cela pendant le mariage.

Ne pourrait-on pas parler d’une accoutumance, pas comme une drogue ? C’est quand même une atmosphère particulière, ce n’est pas anodin ?
Je pense qu’il y en a qui ont ce problème-là, en discutant avec eux et en voyant ce qu’ils écrivent sur certains forums de discussion. Je pense que c’est un problème. Des clients devraient aussi être parfois aidés. Dans mon cas, ce n’est pas le cas. Je fais justement attention à ce que cela ne soit pas comme cela. J’ai aussi d’autres plaisirs dans la vie. Pour moi, le sexe n’est pas le summum.

Au delà de la dépendance qui asservit, il y a une phrase d’un client qui dit « même si je trouve un jour chaussure à mon pied, je ne pourrais jamais oublier cet univers ».
Oui, c’est fort possible. Il y a toutes sortes de clients.

Peux-tu imaginer ne plus y aller ?
Si je retrouve une relation non tarifée, je ne sais pas. Maintenant, je restreins un peu. Au début j’y allais car je trouvais un plaisir important. Il y a une certaine lassitude qui peut se faire. Je peux très bien arrêter un jour. Pour l’instant, je ne le souhaite pas car cela ne me pose pas de problèmes moraux ni pécuniers. Je parviens à limiter mes visites. C’est un plaisir comme d’aller au restaurant.

Quel regard portez-vous sur la prostitution en général ? Les femmes le choisissent ou sont contraintes à faire des prestations à caractère sexuel pour gagner leur vie.
Je n’ai aucun regard négatif là-dessus. Avant oui. J’entendais ma femme faire des réflexions quand une fille bien maquillée qui montrait ses charmes dans la rue, elle disait c’est une pute… C’est l’image que j’avais aussi, avec une famille de cette mentalité. Au fur et à mesure de mes contacts avec ces prostituées, je me suis rendu compte que ce n’était pas du tout des gens méprisables, au contraire. Il y a 36 raisons pour lesquelles elles font cela. Je sais très bien, et c’est malheureux, qu’il y en qui y sont contraints. Je ne suis pas d’accord et je veux lutter contre cela. Je ne l’ai jamais vraiment remarqué ou suis-je trop naïf ? Je n’ai jamais eu cette impression-là. Si je l’avais, j’aurais arrêté tout de suite. Pour le reste, il y en a qui ont trouvé cela comme moyen le plus rapide pour gagner de l’argent. Elles commencent de manière occasionnelle, puis elles deviennent professionnelles. Je sais qu’il y en a qui en ont fait une profession. Elles ont aussi un mari et des enfants, une vie tout à fait normale. C’est une profession pour laquelle elles ne doivent pas beaucoup en parler. Le regard négatif que la société en général et beaucoup de gens en général ont sur ces personnes qui en font leur profession, on peut le comprendre par des raisons culturelles. Finalement, si on veut déculpabiliser la relation sexuelle, c’est un service comme un autre service finalement. Des filles choisissent cette profession consciemment, je ne vois aucune raison de le condamner.

Quel regard portes-tu sur les filles qui exercent ce métier ?
Je viens de le dire. La plupart sont des filles courageuses. Je pense que c’est un métier malgré tout dur. Elles rencontrent toutes sortes d’hommes et parfois ce n’est pas facile. Pour certaines, c’est presque un sacerdoce. Elles ont parfois envie de donner un service. J’en ai rencontré qui disait cela mais je ne sais pas si c’était vrai. Maintenant, je n’ai plus aucun regard négatif sur ces filles-là. J’ai le même regard que pour d’autres professions. Il y a la contrainte physique, dont je suis contre, et financière. Elles n’ont pas trouvé d’autres moyens. C’est pour beaucoup de monde, il n’y en a pas beaucoup qui ont envie de travailler. La contrainte financière est la même pour beaucoup de monde finalement.

Quel rôle social joue la prostitution dans notre société, selon toi ? A quoi cela sert ?
Je n’ai pas fait d’enquête poussée. J’ai lu certaines choses. Le rôle c’est d’avoir cette soupape. S’il n’y avait pas de prostituées, il y aurait plus d’agressions sexuelles, de viol… Est-ce que c’est vrai ? Probablement en partie. Je n’ai pas creusé cela. Il y a aussi des prostituées qui se considèrent plus comme des psychologues, apportent une certaine chaleur, des contacts humains…Certaines personnes sont isolées ou ont des contacts mais ne peuvent pas se confier. Dans une relation avec une prostituée, on peut se confier. On ne se connaît pas.
C’est anonyme. Comme tout service dans le domaine des loisirs, quel est le rôle des parcs d’attraction, des restaurants …. ? Il y a une certaine diversité, certains plaisirs dans la vie.

Il y a quelques années Lizin a déposé une proposition de loi au Sénat qui visait à pénaliser le client et Ecolo était plus nuancé et disait qu’on pénalise le client de filles victimes de la traite, comment se place-t-on quand on entend ce genre de choses ?
D’abord, la pénalisation du client serait une très mauvaise chose. Cela existe déjà dans certains pays, comme la Suède. Moi, je pense que le but est un peu populiste car ce n’est pas en pénalisant le client et la prostitution que cela sera éradiqué, au contraire. On favorise les circuits de traite puisque tout se fait de manière cachée. Cela ne va certainement pas éradiquer la prostitution. Elle existe depuis très longtemps et ce n’est pas avec une loi qu’on va la supprimer, certainement pas. Je suis totalement opposé à cette loi. A partir du moment où cela est légalisé dans certains pays, comme en Allemagne, cela se fait dans de meilleures conditions. Il y a moins d’exploitation. Il y a un suivi par des assistants sociaux, des services de santé… En Belgique, la prostitution n’est pas interdite, pas reconnue. En Allemagne, c’est une profession reconnue, les filles paient un impôt forfaitaire par jour de travail. Je trouve que cela est plus sain. C’est un système plus ouvert en Allemagne. Les filles sont indépendantes. Elles paient un droit d’entrée comme les clients.

Les filles sont salariées par le club, dans quelle mesure ont-elles le droit de refuser certains clients, certaines pratiques ? As-tu été dans ce genre de club ?
Non, je n’y suis pas allé dans ces clubs. Cela correspond moins à ce que je recherche. Mais je sais comment cela se passe. Je ne sais pas si elles sont salariées. Elles viennent quand elles veulent. Il y a des variantes. Dans quelles mesures, elles peuvent refuser ? Elles sont payées à la journée, je pense.
Il n’y a pas d’obligation.
Comme je n’y suis pas allé, je ne sais pas témoigner. Au départ, c’étaient des clubs libertins où les hommes et les femmes venaient. Ils payaient un droit d’entrée et c’est tout. Finalement, des prostituées y sont venues aussi. Puis il n’y a plus eu que des prostituées. On s’y rencontre pour faire des partouzes. Je n’ai jamais été dans un club comme cela.

Tu penses que si les choses sont mieux en Allemagne, c’est parce que c’est réglementé ?
La réglementation a changé quelque chose pour les filles ou pas ?
Réglementer, dans le sens libéralisé et non le contraire.
Je n’en ai pas la moindre idée. Il n’y a plus de pénalisation et les filles ont moins tendance à devoir se raccrocher à un macro pour les protéger car ce sont les lois de la société qui les protègent. C’est fait à visage découvert. Ce sont des activités qu’elles déclarent. Elles paient des impôts dessus… Elles ont aussi droit à une certaine sécurité sociale. C’est beaucoup plus sain comme approche. A Anvers, à la Villa Tinto, c’est un peu le même style. Elles sont encadrées et sécurisées. En termes de conditions de travail, c’est déjà un plus.

Par rapport à la proposition d’Ecolo qui disait que le client ne fait rien de mal, mais le client d’une fille victime de la traite oui et il faut le pénaliser. Qu’en penses-tu, en tant que client ?
Cela part d’une bonne volonté. Il faudrait agir d’une manière ou d’une autre contre la prostitution forcée. Tout libéralisé, c’est un pas de trop. Je pense que c’est leur idée. Je ne pense pas que ce serait accepté par la population. Le gros problème, je ne vois pas comment faire la différence : comment savoir si la fille avec qui on est, est-elle victime de la traite ou pas ? Dans la pratique, ce sera difficile de mettre en place sur le terrain.

Si la prostituée a un macro, il faut casser la clientèle de ces filles-là pour qu’on casse le gagne-pain du macro. Comment savoir si telle fille est victime de la traite ou si la fille parle bulgare, forcément elle est victime de la traite.
La proposition d’Ecolo a un mérite. Pour l’instant, c’est le flou complet. Je discute parfois avec certains patrons de salons. C’est toléré mais à tout moment cela peut ne plus l’être. A partir du moment une loi du style d’Ecolo fixerait les choses claires, où on saura ce qu’on peut faire et ce qu’on ne peut pas faire, il y aurait beaucoup moins d’insécurité. Comment va-t-on fixer cette limite ? Comment va-t-on le savoir ? …. Là, c’est un problème pratique. Je ne sais pas si Ecolo a réfléchi à cela.

Est-ce que c’est la demande qui crée l’offre ou est-ce parce justement il y a des femmes qu’il y a des clients ?
Je crois que ce n’est ni l’un ni l’autre. Cela a toujours existé. Tout cela, c’est depuis que les hommes et les femmes existent. Cela existerait même dans le monde animal, certaines formes en tout cas.

A l’heure actuelle, vous parlez du fait que vous êtes client dans votre entourage ?
Non. Mon frère, par exemple, le fait-il ou pas ? Il habite en Thaïlande. Là-bas, c’est beaucoup plus facile. On n’en a jamais parlé. Je n’en suis pas sûr. Cela ne se fait pas dans le milieu où je suis, ni dans ma famille. Quand je suis au boulot, on parle boulot. J’ai trouvé la possibilité d’en parler à des gens qui sont même devenus des amis que j’ai connus dans des clubs ou via internet. Je me suis rendu compte qu’il y a beaucoup de gens qui sont comme moi. Je ne ressens pas le besoin d’en parler dans ma famille ou dans mon boulot. Dans ma famille, on ne parle pas de sexe. Cela n’existait pas. Ma mère est très catholique.

Comment êtes-vous perçu par la société en général en tant que client ?
Officiellement, la société, dans sa grande majorité, semble mal le percevoir. Quand je vois le nombre de personnes qui s’adonnent à cette activité, je me dis qu’il doit y avoir beaucoup d’hypocrisie. Officiellement, on est contre mais dans la pratique on le fait ; même chez des gens qui font les dois… Il n’y a pas que des petits gens qui s’adonnent à cette activité.

Comment les personnes prostituées vous perçoivent en tant que client ?
Il y en a qui nous voient comme un billet de 50 euros ou de 100 euros. Ce n’est pas celles-là qui m’intéressent. Ce n’est pas ce genre de contacts que je recherche. Je pense qu’il y a de tout, comme il y a plusieurs clients. Il y a des clients qui sont des salopards, qui violentent des filles…C’est un reflet de la société.

Est-ce que tu accepterais que ta propre compagne se prostitue ?
Honnêtement, cela me déplairait fort. Elle se donne à une série d’hommes. Intellectuellement, elle fait cela comme n’importe quel métier. Je pense que mes tripes ne me suivraient.

Quelle est la part de revenus que vous consacrez à cette activité ?
Je n’ai jamais calculé, c’est variable, peut-être 5 %.

Que pensez-vous des tarifs pratiqués actuellement ?
Il y a de tout actuellement. Cela va de 30 euros la passe à 1000 euros la nuit. Je préfère mettre un peu plus pour avoir un service plus humain. Il y en a qui recherche que pour 1/ 4 h et tirer leur coup. C’est la loi de l’offre et de la demande.

En tant de crise, on a entendu que certaines filles bradent les prix. En tant que client, une moyenne de 50 euros, c’est acceptable ? Peut-on chiffrer un service sexuel ?
C’est peut-être dur à dire ou cynique, ce sont les lois économiques qui jouent. L’offre est plus importante que la demande. C’est comme pour tout. On ne peut pas faire autrement. On offre une partie de soi. Pour moi, 50 euros je n’ai jamais payé moins. Par rapport à mes revenus, ce n’est pas un problème.

Que pensez-vous du port du préservatif ?
Quand j’étais marié, il ne me serait pas venu à l’esprit de le faire sans préservatif. Comme je ne suis plus marié et plus âgé, si j’attrape le sida il faut attendre 20 ans pour qu’elle se déclare. Les risques sont très faibles, à ce j’ai lu. D’autre part, la sensation est fort différente, J’avoue que je fais la fellation sans préservatif. Je prends un risque très faible, statistiquement. Il y a d’autres maladies sexuellement transmises qui se soignent. Cela se soigne avec des antibiotiques. Quand on n’est pas marié, ce n’est pas aussi grave que si on l’était. Il n’y a que le sida et la syphilis qui sont vraiment très dangereux. C’est peut-être mal. Le risque vaut la peine par rapport au plaisir, sinon je ne le ferais pas. J’ai l’impression que je ne coure pas de risque et que je n’en fais pas courir à la fille car les risques sont limités. Je me fais contrôler tous les trois mois. C’est uniquement pour la fellation sans préservatif. Il n’y a jamais quelqu’un qui m’a proposé une relation sexuelle complète sans préservatif.

Des clients demandent de plus en plus aux filles de le faire sans préservatif mais avec une somme d’argent plus importante. Qu’en penses-tu ?
Honnêtement, je ne sais pas. Je ne veux pas le stigmatiser. Dans les clubs, il y a beaucoup d’hygiène. Il y a des clients et des filles qui le font depuis de nombreuses années et il n’y a pas beaucoup de risques puisqu’on n’en parle pas beaucoup.
En Belgique, le sida est en constante progression dans la population moyenne, hors prostitution et toxicomanie.
Je pense qu’il y a plus de risques quand on est jeune et qu’on change souvent de partenaires. Cela se fait plus qu’avant. Moi, j’ai fait l’amour avec une fille à l’âge de 25 ans. J’en ai connu 3 ou 4 maximum avant mon mariage. Maintenant, c’est beaucoup plus fréquent le changement de partenaire. Le risque est plus là que dans la prostitution.

As-tu envie d’ajouter quelque chose de ce qu’on vient de discuter ?
Non. J’ai déjà dit beaucoup de choses.

Merci.

R., 31 ans

Bonjour, peux-tu te présenter ?
Je m’appelle R. et j’ai 31 ans. Je viens d’une famille plutôt aisée. Je viens du Brabant Wallon.

Aujourd’hui, tu fais quoi ?
Aujourd’hui, je viens de rentrer. Pour l’instant, je ne travaille pas. Je suis à la recherche d’un emploi. Je viens d’une famille aisée, bourgeoise et de culture catholique assez forte mais non pratiquante. Je n’ai jamais eu de soucis financiers. J’ai toujours eu cette chance-là. J’ai un réseau social assez fort. J’ai été toujours très entouré jusqu’à maintenant et par la famille et par un réseau social assez dense et très fort.

Peux-tu nous parler de ta première expérience en tant que client ?
C’était il y a 9 ans. C’était l’été 2001. J’avais 21 ans. J’étais en Hollande, dans le quartier rouge d’Amsterdam. Je ne suis pas allé pour cela. C’était la première fois que je voyageais seul. J’avais envie d’en profiter. Quand je suis seul je me balade partout. A Amsterdam, j’ai vu une affiche où il y avait une exposition de photos dans une église. Un peu par hasard, cette église se trouvait en plein milieu du quartier rouge. Quand je l’ai trouvé, je me suis retrouvé face aux vitrines. Je ne suis jamais rentré dans l’église. Cela m’a fasciné en fait. Au début j’étais super stressé. A la base, j’étais complètement contre l’idée de payer une fille pour avoir un acte sexuel. C’était contre mon schéma de valeurs à cette époque-là. J’avais vraiment beaucoup de désirs. J’ai vu une fille dans la vitrine, peut-être son physique m’attirait. J’ai frappé à sa porte et j’ai demandé comment cela se passait. Mais elle était assez froide, pas hyper accueillante. Elle était hollandaise. J’avais vraiment cette envie de la toucher, cette vision de femme objet. Là, je n’ai pas fait un acte sexuel complet. C’était juste une fellation. Cela s’est passé très vite. J’ai payé et je suis parti. Pour moi, il y avait une différence entre l’acte sexuel et la fellation. Je n’avais pas spécialement envie d’avoir un acte sexuel avec elle.
J’avais envie d’être près d’elle, sentir sa présence, chaleur, pouvoir la toucher… C’était vraiment cela en fait, plus que l’acte sexuel en lui-même. C’est pourquoi je n’ai pas fait d’acte sexuel complet. Ce n’était pas pour cela que j’étais là. Je ne sais même plus si on a été jusqu’au bout en fait tellement j’avais le cœur qui battait très fort.

Peux-tu me décrire ce que tu ressentais ?
Je me rappelle que j’étais assez stressé. A mon avis, elle a su que c’était la première fois. J’ai eu ma première expérience sexuelle avec une prostituée à 21 ans. A ce moment-là, j’étais vierge encore. Pour moi, c’était brisé un tabou que je n’aurais jamais pensé le faire. Dans mon échelle de valeurs j’ai vraiment cassé un tabou. Il y avait cet enthousiasme de briser une limite, il y avait une adrénaline très forte de faire quelque chose un peu d’interdit, sans aller trop loin.
Cette fois-là comme je n’ai pas fait l’acte sexuel, je ne me suis pas vraiment reconnu vis-à-vis de moi que j’avais été vraiment voir une prostituée car j’avais juste été faire une fellation. A l’intérieur, c’est comme si je n’avais pas été voir une prostituée.

Entre ce que tu avais envie de trouver en franchissant la porte et ce que tu as eu en sortant, comment tu pourrais dire finalement ce que tu cherchais, ce que tu as trouvé…
Cela m’a fait bizarre la première fois. Après, je suis retourné pour cela une autre fois à Amsterdam, pour aller voir une autre prostituée la deuxième fois. J’habitais en Hollande. Là, j’ai eu un acte sexuel.

Pourquoi une autre ?
Peut-être le fait qu’elle n’était pas là et parce que la première fois j’ai eu ce que je voulais. Je n’avais pas spécialement l’envie de la revoir. C’est l’idée, à ce moment-là, comme un objet qui te fait vraiment très très plaisir mais qu’on en a pas vraiment besoin. Après avoir eu cette première expérience-là, je n’avais pas besoin de la renouveler avec cette personne-là. Par contre, en ayant franchi cette limite, j’avais envie d’un peu plus. Pourquoi pas essayer plus souvent. En sortant, j’avais cette culpabilité. La première fois, j’avais de la culpabilité dans le sens où j’ai franchi quelque chose que je n’aurais pas dû faire. C’est revenu plusieurs fois par la suite au début. C’est vraiment cette idée d’avoir franchi quelque chose d’interdit et de ne pas savoir ce qui allait se passer après. Je me suis dit en faisant cela j’entretiens un commerce qui n’est pas moral et qui n’est pas forcément bon ni pour la femme ni pour l’homme. Pour la première fois, j’ai fait quelque chose qui à l’époque était négatif pour la femme et cela m’a fait quelque chose. Pourtant, j’y suis retourné.
J’ai eu une expérience très difficile avec ma sexualité depuis toujours car je viens d’un milieu où la sexualité n’est pas vue comme quelque chose de positif, ce n’était pas forcément négatif. A cette époque-là, de par le monde d’où je viens, de par mon expérience personnelle, j’avais une vision assez négative de la sexualité. J’avais dissocié amour et sexualité dans le sens où l’amour est bien et la sexualité est mal. Dans mon parcours personnel, j’avais rencontré plusieurs fois des filles. Je n’ai jamais réussi à leur faire l’amour. J’ai eu plusieurs expériences avant la prostitution avec des filles. Quand je me suis retrouvé avec elles nu dans le lit, j’étais incapable de bander car je n’avais pas de désir pour elles car j’avais dissocié l’amour et la sexualité. Mais j’avais des sentiments. Je n’osais pas me permettre d’exprimer mon désir à cette époque-là. Le désir pour une femme était tabou pour moi à cette époque. Il n’appartenait que dans mon monde de fantasmes, dans la masturbation. Pour moi, c’était interdit d’avoir du désir. Cela m’a vachement bouleversé cette expérience de ne pas pouvoir faire l’amour avec une femme surtout quand après j’ai eu des réactions de la part d’elles qui étaient hyper négatives et qu’au début je n’ai pas compris. J’ai compris par la suite. Pour moi, ne pas leur faire l’amour c’était une forme de respect. Elles avaient eu des réactions normales, saines ; en se demandant tu restes 5 mois avec une nana et tu ne lui fais pas l’amour…elles se posent des questions évidement. Pour moi c’est normal de ne pas lui faire l’amour. Je ne me posais pas de question, c’était un signe de respect. J’étais avec elle. Tandis qu’elle, ce n’était pas du tout le cas. J’ai eu des réactions très violentes pas tout de suite mais par après. Cela me paraissait tellement normal.

Cela conduisait systématiquement à une rupture ?
Bien sûr, d’office. A cette époque-là, j’avais aussi l’image de la femme que je devais protéger, l’image de la femme qui était innocente, qui était pure et fragile et que je devais absolument la protéger contre la sexualité masculine. L’idée que le masculin est forcément un peu le péché du désir.

Ton désir, tu avais un exutoire ?
Oui, j’avais un exutoire qui était la masturbation. Pour moi, c’était deux mondes qui étaient complètement distincts et qui n’avait en aucun cas la possibilité de se joindre.
J’ai eu une autre expérience avant la prostitution. J’ai vécu à l’Equateur où la prostitution est tout à fait normale dans le sens où tous les hommes, à partir de 15 ans, vont voir des prostituées pour être déflorés. Ce sont souvent les pères qui les amènent. A 15 ans, tu dois être un homme et pour être un homme tu dois être défloré. Cette expérience m’avait extrêmement choqué à cette époque. J’ai eu des discussions sur ce sujet-là avec des garçons et des filles équatoriens de là-bas et les filles elles-mêmes disaient que c’était tout à fait normal que l’homme doit d’abord apprendre à faire l’amour chez la prostituée pour qu’après il puisse apprendre à sa femme à faire l’amour. Pour eux, à cette époque-là, c’était absolument normal la prostitution. C’est un truc qui m’a fort fort bouleversé et je crois que cela a eu une grande influence après sur le pas que j’ai fait pour franchir la porte d’une prostituée.
Pour revenir à ma première vraie expérience avec une prostituée, elle s’appelait Hélène. Elle disait qu’elle venait d’Autriche. Elle était hyper douce et elle a tout de suite vu que j’étais vierge. Elle m’a prise, elle m’a caressé. J’ai d’abord payé. De nouveau, j’étais très stressé.

Tu étais décidé à franchir le pas ?
Oui.

Qu’est ce qui t’a décidé ?
J’avais ce problème vis-à-vis de ma sexualité et je trouvais que cela devenait un problème en fait. Je ne comprenais pas pourquoi je n’arrivais pas à bander quand j’étais avec une fille. Je ne trouvais pas cela normal. J’avais envie de faire ce genre d’expérience. J’avais l’impression que chez une prostituée c’était le fait de pouvoir à ce moment-là rentrer dans le monde du désir, sans qu’il y a forcément de l’amour. C’était franchir le pas, au lieu d’avoir un plaisir solitaire, de le faire avec quelqu’un.
A ce moment-là, j’ai eu une copine en Hollande qui était super belle. Elle avait tout pour me faire désirer. Et de nouveau j’ai eu la même chose avec elle, je ne suis pas arrivé à lui faire l’amour. Pourtant elle avait tout pour me faire bander. C’était la première fois que j’avais l’impression d’être avec une fille extrêmement belle et désirable. C’est culturel. Dans le monde où je vis en Belgique, le fait qu’un homme n’a pas tout de suite de sexualité avec une femme quand tu es jeune c’est quelque chose d’un peu normal, la femme va attendre. Dans le monde où j’étais, la sexualité n’était pas anodine. On passe moins facilement à l’acte. Par contre, en Hollande, c’est tout à fait différent. La première fois qu’on a dormi ensemble, le fait que je ne couche pas avec elle, pour elle c’était … elle ne comprenait pas. Elle m’a vite largué. Ce n’était pas tout à fait la même chose ici. Il y avait ce problème qui était latent au niveau personnel.
L’expérience que j’ai eu en Equateur quelques années auparavant, m’a permis de me dire que si j’ai des amis que je valorise pour qui j’ai beaucoup de fierté et beaucoup d’admiration, de sympathie… si eux le font, ce n’est pas quelque part nécessairement mal en soi. Donc c’est cela aussi qui m’a permis de franchir la barrière.
Donc, Hélène était très belle. Elle avait un côté sexy, une beauté très naturelle qui m’a super branché. Elle avait un petit côté innocent. Elle a tout pris en main. Elle avait de l’expérience. Elle était « en désir » de partager cette expérience avec moi. Elle savait que j’étais vierge. Elle a pris le temps. Elle a été très douce. Tout à coup, mon désir était là et elle a laissé complètement s’exprimer. Cela a été une fête de désirs. J’ai perçu l’acte comme quelque chose de très fort. Après, je l’ai remercié à plusieurs reprises. On a un peu parlé après. Je lui ai dit que je n’avais jamais fait l’amour. Elle était contente d’avoir pu partager cela avec moi. Je me suis aperçu qu’il y avait chez la femme prostituée une tendresse et une générosité. C’est ce qui va revenir : la générosité des femmes qui arrivent à offrir leur corps à un inconnu et à faire autant de bien physique, de bien moral chez son client. Même si c’est pour de l’argent.
Après cette expérience-là, je suis tombé en fascination sur les filles, de leurs dons et de leurs pouvoirs. Ce sont des choses que je désirais chez les filles dans le civil et Je les jamais trouvé. C’est une générosité énorme et une liberté des carcans moraux et aussi un esprit d’aventure, que j’ai cherché chez des filles normales et que je n’ai jamais trouvé, et qui me fascine. Mais on sent qu’elles ne sont pas forcément heureuses de faire ce qu’elles font mais j’en ai rencontré pas mal qui étaient là-dedans c’était leur truc. Ce qu’elles pouvaient offrir, leur donnaient un sens. Elles trouvaient du sens dans ce qu’elles faisaient. Cela est arrivé plus d’une fois, mais ce n’est pas la majorité. Cela m’a vraiment fasciné.

Ces premières expériences, ont-elle influencé ta vie dans le rapport couple, hors prostitution ?
Oui, cela a changé ma vie car cela m’a fait remettre en question. Quelques années plus tard, j’ai commencé une psychanalyse, suite à plusieurs événements, notamment ça. Cela permit de faire vraiment le point, de pouvoir comprendre pourquoi j’avais eu cette vision de la sexualité aussi négative et qui a été un poids très fort dans mon épanouissement personnel. Je crois qu’un être humain qui a une vision négative de la sexualité ne peut pas complètement s’épanouir personnellement. Cette expérience-là avec d’autres événements m’a permis de faire ce travail par la suite qui est un travail très positif personnellement. Au niveau personnel et sexuel, j’ai eu la chance que cela s’est amélioré par la suite. J’ai eu la chance de tomber amoureux d’une fille pendant 2 ans. Cela a vraiment très bien marché. Là, j’avais 25 ans. C’était la première fois que je faisais l’amour sans payer. Avec elle, on a découvert ensemble toute une sexualité qui n’existait pas avec le rapport client prostituée. J’ai redécouvert avec elle une sexualité, tout un monde que je ne connaissais pas finalement.

Entre cette 1ère expérience avec Hélène et la rencontre de ta compagne pendant 2 ans, il y en a eu combien ?
J’ai continué à voir des filles non prostituées. Quand j’étais avec des filles normales, cela durait 3 à 6 mois en général, jamais plus. C’est arrivé une fois que j’aille voir une prostituée alors que je ne faisais pas l’amour. Je n’ai pas de relation régulière. Il y a des moments où j’en allais voir beaucoup et d’autres moments où je n’y allais pas du tout. Si on devrait faire la moyenne, sur les 9 ans, en moyenne une par mois, entre 70 et 100.
J’ai connu une fille avec qui je suis resté très proche et qui avait été violée dans sa jeunesse. Elle m’en avait parlé. Avec les autres je n’avais pas d’érection. Avec elle, j’avais des érections. Mais comme elle a été violée, on n’a pas pu faire l’acte sexuel. Quand elle m’a annoncé cela, je l’ai pris extrêmement émotionnellement. C’est la première fois que je rencontrais une fille qui avait été violée dans sa jeunesse. Je l’ai pris comme si c’était moi qui l’avais violée. Cela m’a fait un énorme choc parce que j’étais confronté tout à coup à ce que j’avais fait aux filles avant. J’ai quand même dû faire un effort pour me dire que non, ce n’est pas un acte violent, tu vas avec un état d’esprit positif, tu vas avec un désir de rencontre… J’ai fait un effort personnel pour me dire que je n’ai pas fait quelque chose de mal. Je pense que ce n’était pas une coïncidence d’avoir rencontré cette fille-là, avec la fille violée. Il y a beaucoup de choses qui nous rapprochait. C’était aussi une expérience très forte qui a aussi eu un peu une importance dans ma fréquentation de prostituées, dans la manière que je les ai fréquenté aussi.

Depuis que c’est terminé avec cette jeune fille, tu pourrais dire que tu es un client régulier ?
Non. De 21 à 25 ans, j’ai beaucoup fréquenté pas mal la rue d’Aerschot et j’ai été aussi dans les maisons closes de Bruxelles. Là, il y avait une certaine régularité. Après, c’était décousu.
J’ai découvert un autre endroit. Ce sont les PKK. Ce n’est pas du tout la même chose que les vitrines ou les maisons closes. Ce sont des espaces de bien-être sexuel, des saunas… On est dans un très grand bâtiment, situé en dehors de la zone de population. Tu rentres et tu payes un droit d’entrée. Tu as accès à la nourriture, à des boissons non alcoolisées autant que tu veux. Il doit y avoir à peu près entre 80 et 100 hommes et presque l’équivalent de femmes qui paient un droit d’entrée qui normalement à 90 %, à 95% d’entre elles sont vraiment indépendantes. Tout l’argent qu’elle reçoivent, c’est pour elles. Elles n’appartiennent pas à l’endroit où elles travaillent. Les gens sont propriétaires que de l’infrastructure. C’est en Allemagne et il en a un en Hollande. C’est très différent. On peut rencontrer des nanas sans faire l’acte sexuel, mais cela dépend des nanas. On peut avoir un contact avec elles sans qu’il y ait forcément d’acte sexuel. Cela change tout. Le lien est complètement différent. Moi, je préfère. Puis je suis parti vivre au Pérou, à Lima. Là, il y a eu un grand changement. J’ai été voir quelque fois des prostituées. Là-bas, c’est complètement différent d’ici car la culture vis-à-vis de la sexualité est très différente. En rentrant, je suis retourné au FKK et je n’ai pas vraiment aimé du tout parce que c’était super froid. Il y avait quelque chose pour moi qu’il n’y avait plus du tout cette chaleur humaine. Je n’avais pas ce sentiment avant de partir.

Quelle est la différence en terme d’attitude entre une Péruvienne et … ?
Je suis de ceux qui cherchent une petite copine chez les prostituées ; j’espère un jour, dans mon inconscient, de tomber amoureux d’une prostituée et qu’elle tombe amoureuse de moi aussi et qu’on puisse avoir une relation. J’ai eu la chance d’avoir fait cette expérience une fois au Pérou et d’avoir aussi eu cette expérience avec une fille en Hollande. Je l’ai connu comme client. J’ai eu une relation avec elle mais sans rétribution.
J’ai eu une fois une copine qui travaillait dans un FKK en Hollande. Je faisais l’amour sans rétribution. A la fin, j’ai quand même dépensé 3000 euros. Beaucoup de filles sont là pour l’argent. Le grand piège de la prostitution, elles restent souvent là car elles ne savent plus s’adapter à un niveau de vie inférieure. Pour moi, c’est le grand piège de la prostitution pour les filles. Dans les FKK, les filles gagnent entre 500 et 1000 euros par jour ; la passe est à 50 euros la demi heure. Cela ouvre à 11 h du matin et cela ferme à 1 h du matin. Il y a constamment dans la journée entre 80 et 100 hommes qui sont là pour cela. La fille fait au moins 10 passes par jour. Quand tu restes une heure c’est 75 euros. Pour certaines choses, tu paies un peu plus. Cela arrive très fréquemment. Pour les plus belles d’entre elles, mais non c’est surtout pour celles qui ont le plus de succès, elles arrivent à 1500 euros par jour. Elles restent entre 6 mois et un an. Quand tu gagnes entre 1000 et 1500 euros par jour, ce sont souvent des nanas qui n’ont pas forcément un diplôme derrière elles. Il y en a qui adore passer du monde de la prostitution à un monde civil, normal. Il y en a qui arrivent à faire le pas. Celles qui ont le plus de tempérament, de caractère et qui ont les pieds sur terre le font 2 ou 3 jours par semaine au grand max et puis après elles ont leurs vies normales à côté. Celles qui sont dedans tous les jours, elles ne savent plus en sortir car elles ont beaucoup trop d’argent et sont surtout des flambeuses. Ce n’est pas la fille à papa qui ne sort pas. Elles ont envie de vivre. Elles se font des soirées. C’est fou. Elles se déchaînent. Ce sont des envies de vivre, ce sont des filles rock en roll, j’appelle cela comme ça. J’ai la chance d’avoir beaucoup d’amies filles. Ce sont des filles qui ont dans leurs états d’esprit, pas toutes, ont une image de la vie très traditionnelle, qui veulent avoir un mari pour la vie, qui vont avoir des enfants, qui vont acheter une maison… Je passe d’un monde où elles sont très peu dans le toucher, avoir une relation de séduction, où il y a un jeu de séduction, finalement de lien. Dans le monde d’où je viens, c’est très peu présent. Passer de ce monde-là à un monde où les filles sont vraiment très rock en roll, elles font l’amour comme manger ou boire et elles n’en trouve pas une culpabilité, ni un problème. C’est grisant. Cela a quelque chose de fascinant.

Tu as eu une petite copine ?
Oui. J’étais un peu naïf à l’époque. C’était une amie car je la voyais en dehors du FKK. J’ai eu des relations sexuelles non tarifées avec elle. Je ne le regrette pas du tout.

Par rapport à celle que tu as eu au Pérou, le fait d’avoir eu une relation amoureuse avec elle, et quand elle va au boulot le matin et son boulot c’est recevoir des hommes, en tant qu’homme comment le vit-on ?
J’aurais été très fier. J’ai toujours voulu avoir une copine prostituée. Le rapport est gratuit avec moi et les autres payent. C’est un monde de différence. Le fait qu’elle puisse voir autant d’hommes, cela me donne beaucoup de confiance en elle.

Qu’elle ait des clients, ce n’est pas un problème, par contre si elle avait un amant sans payer ?
Je serais dans une relation normale. Je serais sans doute jaloux. Si j’étais vraiment amoureux je ne pense pas que ce serait pas un cas de rupture. Ce ne serait pas maladif. Je ne crois pas à la fidélité physique. Je crois très fort qu’on peut être loyal vis-à-vis de quelqu’un. Cela veut dire que je peux très bien concevoir vivre toute ma vie avec la même personne en étant loyal avec elle, c’est-à-dire toujours n’importe quand elle pourra toujours compter sur moi, je serais toujours présente pour elle et l’inverse aussi, je peux aussi compter sur elle, sans forcément qu’on aille jamais voir ailleurs. Cela veut dire pour moi que cela me semble normal tant que ce n’est pas fait systématiquement dans une relation hors prostitution avec quelqu’un. Ce n’est pas quelque chose qui me semble impossible à vivre d’être avec une fille qui va voir ailleurs.

Tu fais une différence entre les sentiments représentés par la loyauté et l’acte sexuel.
Je trouve que l’acte sexuel est très beau dans le sens où cela fait du bien aux gens avec qui on est. C’est un partage extrêmement très fort avec la personne avec qui on est. Je serais très fière d’avoir une copine qui offre cela à des hommes. C’est un peu comme du social. Quand moi j’allais enseigner à des adultes qui n’avaient aucun bagage derrière eux et qui tout d’un coup ont eu l’occasion, grâce au centre où ils étaient et grâce quelque part à moi, de pouvoir un peu avoir accès à la connaissance et avoir du temps pour se poser des questions. Cela leur donnait une certaine jouissance, une jouissance de la connaissance. C’était vraiment quelque chose d’extraordinaire de ce que je ressentais. Je peux très bien imaginer que pour certaines filles c’est la même chose, de voir un client qui ressort et qui est beaucoup plus heureux quand il est entré car elle lui a donné quelque chose qui lui manquait pendant des mois, des années, quelque chose qu’il ne peut pas avoir accès tous les jours et qui est essentiel pour l’épanouissement personnel. Si ma copine fait ça, j’en serais très fier. Je me suis posé la question de le faire moi-même à des filles ; d’être un gigolo. Je n’ai jamais franchi le pas. Mais franchement j’aimerais bien essayer une fois.
Par contre, ce que je trouve très injuste, il existe des gigolos pour les filles. C’est pas normal que les filles ne puissent avoir accès facilement à des prostitués hommes que les hommes ont accès à des prostituées filles. J’ai entendu parler à Barcelone et à Buenos Aires, il y a des bordels qui sont exclusivement réservés aux femmes où ce sont des hommes qui sont prostitués. J’ai eu des rapports de filles qui ont été là-bas. Les sensations qu’ils en retirent sont très proches. Pour moi, c’est une grande injustice. Dans ma vie, j’ai déjà rencontré des nanas qui n’avaient pas facilement accès à l’acte sexuel et qui en souffraient énormément. Moi, dans mon carcan, je ne savais pas leur offrir et j’aurais bien aimé, mais je n’avais pas de désir pour elles et je ne l’ai pas fait. Cela m’est déjà arrivé d’être confronté à des femmes qui me parlaient de leur manque d’affectivité, de sexualité. Cela leur pesait terriblement. Je trouve cela positif dans la prostitution mais ce n’est qu’un aspect de la prostitution. Mais il ne faut pas se voiler la face. Quand je parle de prostitution, je mets un peu à l’eau de rose.

A l’heure actuelle, tu continues à fréquenter des prostituées ou des FKK … ?
La dernière fois c’était au mois d’août. Cette fois-là quand je suis rentré du Pérou, la réalité fait que j’avais très facilement accès à rencontrer des filles. Il suffisait que je sorte à un endroit et que j’avais envie de rencontrer une fille, je pouvais rentrer avec elle le soir. C’était extrêmement facile. Ici, je n’ai pas cette facilité parce que ce n’est pas nécessairement vis-à-vis des filles, c’est à cause d’un carcan moral que j’ai encore et qui fait que j’ai du mal à aborder quelqu’un. J’ai besoin pour aborder une fille qu’elle montre un peu d’ouverture sinon j’ai l’impression que je vais la brutaliser. Une fille qui ne répond pas à une ouverture, c’est impossible pour moi de l’aborder parce que j’aurais peur qu’elle prenne cela pour de l’agression. C’est impossible pour moi de l’aborder. Je dois faire un effort mais c’est un problème. Du coup, en revenant ici, je n’avais plus du tout accès à la rencontre avec une fille. A un moment, j’ai pété un plomb et j’ai été vraiment très déçu.

Tu as fait les vitrines, les FKK. Et les filles de rue ?
Oui, une fois. Avant, il y avait des filles à Albert 2. Je l’ai fait une fois. C’était une latino. Je ne dis pas que je ne le referais jamais. Mais j’estime que la prostitution de rue, pour moi, ce n’est pas une prostitution normale, trop dangereuse.

Trop dangereuse ?
Pour les filles, oui.

Justement, elles sont à plusieurs. Généralement elles vont jusqu’à l’hôtel. Elles ne vont pas très loin. Il y a aussi le problème des privés qui reçoivent chez elles par petites annonces…
Oui, mais chez les privés tu as les voisins. Une fois qu’elles sont dans la voiture avec un client, elles sont toutes seules.

La majorité ne monte pas avec un client. Elle va à l’hôtel qui est à quelques minutes à pied.
Il y a des hôtels à la rue des Commerçants.
Moi, je parlais d’avenue Louise ou le boulevard Albert 2. J’ai remarqué que ces filles ne sont pas forcément là de leur propre volonté.

Qu’est-ce qui te fait dire cela ?
Dans la manière de se comporter. Dans les PKK, il n’y a eu qu’une seule fille qui était forcée. Dans leur comportement, tu vois cela tout de suite.

C, 33 ans

Bonjour, peux-tu te présenter ?
J’ai 33ans, célibataire et sans enfants. J’habite dans la région de Mons. Je suis cadre dans une société de recyclage de déchets en France, ce qui m’amène à beaucoup me déplacer à travers la France et l’Europe, beaucoup en Belgique aussi.

Peux-tu me parler de ta première expérience en tant que client ?
Je travaillais. Je devais avoir 23, 24 ans. J’étais commercial. J’étais sur les routes pour une petite boîte en Belgique. Je roulais beaucoup. J’avais dans mes secteurs des nationales sur Charleroi, sur Sombreffe… Je m’en souviens très bien en fait. Je suis passé devant un bar, une vitrine sur une nationale. J’ai vu une blonde en vitrine. J’ai été la voir. Je suis entré et je me suis renseigné sur les tarifs, à l’époque cela m’a fait peur. De mémoire, c’était 4000 francs juste la passe. J’ai trouvé cela assez cher. Je suis sorti. La fille était très sympa, c’était très bien. Puis j’y suis repassé une fois, deux fois, trois fois devant. Cette fois-ci, je m’arrête et je me suis arrêté. Puis je suis allé une fois et j’étais terrorisé, j’étais plus nerveux que la première fois tout court, l’impression de faire quelque chose de pas bien, etc… une sensation bizarre la première fois qui a encore duré les 2 ou 3 fois suivant quand j’ai revu une fille en payant. Je me suis dit si c’est normal de faire cela, etc… ? Maintenant je le vis très bien.

Que cherchais-tu quand tu as franchi la porte de ce bar ?
Là, j’avais purement et simplement flashé sur son physique. Ce n’était pas une fille dans mes critères habituels. C’était une grande blonde assez plantureuse alors que j’ai tendance à aimer des petites filles brunes relativement fines et plates. C’était quelque part un fantasme qui a fait waouh. J’ai flashé. Cela m’a fait mettre un pied dans un monde que je ne connaissais pas. Je me suis dit qu’après coup oui finalement. Ce n’est pas forcément plus compliqué que de draguer.

C’était une expérience inédite ?
Oui, c’est cela. J’étais célibataire à ce moment-là. Il y avait aussi l’envie de tirer un coup. Elle si je peux monter en chambre avec elle, même en payant, j’ai envie de le faire une fois parce qu’une grande blonde avec de gros seins, je n’en aurais pas.

Finalement cette expérience ?
La première expérience a été catastrophique.

Pourquoi ?
J’étais tellement nerveux, pas bien, pas à l’aise du tout. Elle était très gentille. Même maintenant, j’ai encore dû mal à me l’expliquer. La première fois c’était épouvantable.

Tu es retourné la voir ?
Elle oui mais pas tout de suite. J’ai été voir l’une ou l’autre avant à Bruxelles à la rue d’Aerschot. J’avais déjà fait un petit tour sans entrer. Quand on m’a dit 500 francs, je me suis dit que c’était moins cher que 4000. On va aller voir. Puis cela c’est mieux passé quand je suis retourné la voir. Cela restait très basique. C’est une sorte d’écolage vu qu’on ne connaît pas autre chose. Maintenant même si je devais mettre 50 euros en plus, j’irais pas parce qu’il n’y a rien, il n’y a pas de contact, pas d’échange sauf cas vraiment exceptionnel. Mais c’est assez rare.

Est-ce que tu te considères comme un client régulier ?
Oui, quand même.

Et la fréquence ?
Très variable, en fonction du temps beaucoup. Une partie des finances consacrée à cela proviennent de quelque chose qui n’est pas certain. Je joue au poker. Quand le poker va très bien, je peux sortir plus souvent. Quand le poker ne va pas bien, on fait un peu gaffe car je préfère manger par rapport à tout le reste.

Sur un mois, quel part de ton budget consacres-tu ?
Une part du budget c’est compliqué car il y a des mois complets où on ne sort pas du tout. Quand je suis avec quelqu’un, je limite très fort mes sorties. Je n’y vois pas d’intérêt, même si on rame quand on essaye de construire quelque chose. Il y a des mois où l’on se limite à 50 euros ou 100 euros parce qu’on va juste dans un bar, dans un salon et puis il y a des mois où c’est la fête. Cela m’arrive 4 à 5 fois par semaine dans un club au FKK en Allemagne. Là, c’est chaque fois 250, 350 euros qui partent pour une journée complète. Cela m’est arrivé de dépenser plus de 1000 euros par mois. Les finances ont une part importante dans la fréquence.

Quel type de prostitution tu fréquentes et pourquoi ce type-là?
Je fréquente maintenant essentiellement les clubs FKK en Allemagne. Il y en a en Hollande mais j’y vais très peu. Les FKK sont des clubs de grandes propriétés avec de très belles infrastructures assez luxueux où le client paye un prix d’entrée qui va de 50 à 75 euros pour les plus grands. Avec ce prix, on a accès à toutes les installations. On a droit à toutes les installations : on a accès à une piscine, un jacuzzi, un sauna, un hammam, des espaces de détente, des grands fauteuils, le bar à volonté, certains avec des bières alcoolisées, d’autres juste avec des softs, un buffet froid le midi, un repas chaud le soir… Dans ces clubs, ils ont l’avantage d’être très bien peuplé. Il y a beaucoup d’hommes et en général il y a, en fonction de la taille du club, entre 15 et 60 filles de tout type : des filles de l’Est, des africaines, des asiatiques, … tout type de format qui viennent là pour travailler et nous pour se détendre. Des tarifs sont fixés dès le départ. Il y a des tarifs de base qui est de 50 euros la demi heure plus on ajoute certains extras (la sodomie…), si la fille accepte de le faire, et qui sont tarifés. La demi heure supplémentaire, le prix est stipulé, c’est généralement 25 euros. C’est 75 euros pour une heure. On passe sa journée là, on est en vacances. Il fait beau, tu vas bronzer, tu fais un sauna, tu fais un jacusi …
Puis tu sympathises avec une fille qui te plaît bien. Tu discutes un peu avec elle. Parfois on prend des rateaux vu que des filles te disent non parfois. Cela arrive. Elles ne veulent pas aller avec toi parce que t’es trop jeune, trop vieux, trop gros… Je trouve cela extrêmement sain comme forme de prostitution. Il ne faut pas être aveugle. Il y a des réseaux qui alimentent ces clubs-là. On le sait pour en avoir discuté avec certaines filles. C’est là qu’on trouve la majorité de filles qui sont indépendantes qui font cela car c’est leur volonté de travailler comme cela.

Comment cela fonctionne pour les filles ?
Elles paient aussi un droit d’entrée en Allemagne et ont la possibilité d’utiliser toutes les infrastructures. Elles reçoivent leurs tickets de taxes journaliers. Elles doivent le présenter aux impôts comme quoi elles ont travaillé ce jour-là. En fonction des clubs, le prix d’entrée change, parfois c’est 30 euros, parfois 80 euros. Tout leur gain est théoriquement pour elles. Le club ne prend plus rien sur ce que gagne la fille. Elles ont accès à tout. Il y a l’aspect prix qui est fondamental et, en plus de la détente, cela revient nettement moins cher. Quand tu restes en Belgique cela peut encore aller. Mais si tu vas en France ou ailleurs et tu veux passer 3 fois une heure avec une fille sur ta journée, tu t’en sors avec des montants hallucinants.
Alors que là, 250 euros c’est relativement, tu passes une journée, tu es le roi du pétrole en ayant eu une blonde, une asiatique… La prestation est complètement différente, parfois il y a parfois un problème de langue. Il y a un niveau de service et de prestation qui est à des années lumière de ce qu’on peut trouver dans une vitrine, dans une carrée. Cela n’a rien à voir.

Tu peux me dire ce que tu penses de la fille de rue, de la fille de bar, de la fille en vitrine ?
Je pense que je ne suis jamais monté avec une fille de rue, sauf une fois à Anvers. C’était des filles dans rue mais qui étaient dédiées à une vitrine. Les filles de rue je ne connais pas trop. Mais les images que j’ai de France, de Metz, de Paris…je trouve cela glauque. Ici, boulevard Léopold, je les ai déjà prises en voiture. L’aspect prostitution des filles de rue ne me plait pas spécialement.

C’est quoi qui t’effraies ?
Je ne pense pas que ces filles soient vraiment là de leur plein gré. J’ai vu et entendu des histoires, entre autre avenue Louise, où si la fille n’est pas revenue dans 20 minutes cela fait un problème parce qu’elle passe son temps avec le client. Je n’ai pas envie non plus d’entrer dans le jeu de la prostitution forcée où il y a des réseaux de traite de femmes. Ca c’est un des points principaux. Quand tu discutes au vieux Lille avec 4 filles qui te disent qu’elles sont roumaines et qu’elles sont arrivées hier le matin, il y a un problème. Elles ne sont pas arrivées par hasard. C’est ce qui me dérange le plus. J’ai jamais été fan de faire l’amour en voiture.
Les vitrines, j’y suis allé un peu. C’était au tout début avant d’avoir connu autre chose.

On parle de bars à la rue d’Aerschot
Je suis surpris de voir autant de très jolies filles travailler là pour des prix à la passe qui sont pour moi des prix indécents, tellement c’est bas, vu les conditions de « sécurité ». La rue d’Aerschot reste la rue la plus chaude de Bruxelles tellement il y a des filles dedans. Je n’ai pas de problèmes avec la rue d’Aerschot, mais les conditions d’hygiène, de travail sont un peu « cracra ». Je suis déjà allé dans un bar où il y a un banc qui fait 1 mètres 10 de large et juste un petit matelas … c’est quelque chose qui ne me plait pas du tout. J’ai l’impression que c’est partout pareil : on se retrouve à 2 ou 3 avec une tenture qui sépare…

Que penses-tu du minuteur ?
Le minuteur fait partie de la prostitution. Si tu payes une prestation d’une demi heure, il ne faut pas s’attendre à faire 50 minutes. Le minuteur est une méthode de contrôle comme une autre, c’est une manière à couper les effets du gars s’il n’est pas encore arrivé. Je ne suis pas fan. Même en club, si tu prends une session d’une demi heure, si tu débordes car on ne regarde pas sa montre, au lieu de rester une heure t’es resté une heure 30, tu paies le temps que tu es resté. Il y a un minimum de correction à avoir vis-à-vis de la fille aussi. Pour moi c’est une prestation de service et une des plus difficiles à faire. Le minuteur ne me gêne pas sauf si cela devient un moyen de contrôle pour que la dame à l’entrée note le nombre de fois où elles sont montées en chambre et qu’elles sont parties avec un client et puis qu’elles rendent des comptes à la fin de la journée pour dire tu en as fait autant, t’as gagné autant, tu gagnes la moitié. C’est ce qui me dérange.

Tu en as parlé de cela avec des filles ?
Oui, avec certaines. J’ai parlé avec de vraies indépendantes qui me l’ont confirmées. J’en ai parlé aussi avec des filles dans des salon à Mouscron ou ailleurs. C’est vrai que c’est « moins terrible » que ce qu’on entend à la rue d’Aerschot ou ailleurs. C’est un peu la même forme. Elles sont dans de meilleures conditions d’hygiène, de sécurité, de propreté… Mais pareil que ce soit 30, 40 ou 50 % de ce qu’elles gagnent retournent à l’hôtelier, ce n’est pas lui qui s’est cassé le cul pour les gagner. Cela m’ennuie quelque part. L’aspect tarif m’ennuie car je trouve cela cher pour ce qu’on reçoit. Et l’aspect de se dire : mince, si je donne 120 euros pour 45 minutes, je sais qu’elle en gagne que 60.

Par rapport au privé, aux escorts par les petites annonces, par internet ?
On tombe parfois sur des perles. On a plus de contacts avec des filles grâce aux différents forums; on peut en parler plus librement. Mais cela implique pas mal de précautions à prendre. Ce qui me dérange le plus pas par rapport à moi mais par rapport à la vie qu’elle mène, c’est le problème de sécurité qu’elles peuvent rencontrer etc… J’en ai rencontré une avec qui j’ai fort sympathisé dans la région de La Louvière qui m’a demandé un jour, car elle était coincée et qu’elle voulait continuer à travailler, si je ne pouvais pas la dépanner et de lui servir de chauffeur. Je ne suis pas un grand baraqué mais j’ai une présence apaisante. Elle préférait savoir si j’étais dans le coin, mettre un système de sécurité en place si jamais il y avait un souci pour que je puisse arrivé, soit chauffeur, soit quand elle recevait chez elle. C’est là que je me suis rendu compte finalement qu’il y a plus de gens très bien qui fréquentent la prostitution que l’on peut penser mais il y a quand même aussi une paire de tordus. Par rapport à ce milieu-là, cela me fait peur. D’autres ici à Bruxelles qui m’ont raconté des trucs des mecs viennent, les payent et quand ils ont fini c’est tout juste s’ils ne les tabassent pas pour récupérer les sous. Quand on entend cela, c’est chaud. Cela me fait prendre du recul par rapport à ces formes-là. Je suis un peu un cœur d’artichaut et quand je me retrouve par rapport à ce genre de situation, j’ai tendance à me révolter et à me dire ce n’est pas possible cela ne doit pas pouvoir arriver. Je n’y mets pas trop les pieds.

Si je résume ce que tu viens de dire, prostitution de rue synonyme souvent de filles pas très «volontaires», bars et carrées forte exploitation de la tenancière par rapport au pourcentage…
Il y a quand même de gros réseaux qui ramènent de filles de gauche à droite. Il y a une période où c’étaient beaucoup d’Albanaises qui étaient ici mais maintenant je n’y viens plus.

Les carrées ici sont essentiellement des dames belges plus âgées ou des Africaines. Les filles de l’Est et les Albanaises restent généralement dans la rue d’Aerschot. La prostitution privée, oui mais vachement insécurisante.
Pour elles, oui. Je ne pense que cela ne doit pas être mieux pour les escorts de luxe.
Je n’ai pas été client d’escort de luxe mais j’en ai très bien connu une, une fille qui se faisait payer 10000 FB de l’heure à l’époque et qui partait 3 ou 4 jours avec des gens sans qu’ils la touchent. Il n’y avait pas l’aspect sexe. C’était vraiment de l’escorting.
C’était de l’accompagnement. La copine en question était belle comme un cœur, licenciée en philo et parlait 4 langues. A côté de cela, il y avait des gens qui se comportaient avec elle pires que tout. Cela arrive aussi dans la prostitution de luxe où sous prétexte que les mecs payent cher se disent qu’ils peuvent faire ce qu’ils veuillent.

Tu parles de comportements… On a pas mal de personnes qui nous disent que certains clients ont tendance à se comporter comme on se comporte dans un film porno et qu’ils imaginent le sexe c’est comme dans un porno et que moi j’essaie de le faire comprendre que je ne suis pas un animal… Qu’en penses-tu ? Est-ce que toi tu consommes du porno ?
Consommer du porno, oui je regarde. Cela m’arrive de cliquer sur un lien, sur un site ou l’autre de temps en temps.

Tu en achètes ?
Non.

C’est gratuit sur le net…
Oui, voilà. J’en suis tombé sur un hier soir, c’est plus un bêtisier du porno où c’est des situations cocasses qui se passent dans les tournages de film. Je pense que je dois avoir 2 films à la maison. J’en ai consommé à une époque et j’en consomme encore de temps en temps, je regarde.

En tant qu’homme, que recherches-tu quand tu vas voir des prostituées, à part prendre du bon temps, du plaisir ?
Pour moi, il faut qu’il y ait un échange c-à-d discuter avec la personne. Il faut un minimum de feeling, de douceur, un peu de massages… C’est plutôt cette notion d’échange… que je recherche et que forcément j’ai beaucoup plus de mal à trouver dans les vitrines ici ou avec des filles de rue où t’as finalement 12 minutes top chrono. Ce n’est pas idéal. Cela peut arriver, mais cela ne correspond pas tout à fait à ce que je recherche.

Finalement, c’est plutôt une vraie petite copine d’une heure ou d’un soir ?
Non, quand même pas car il faut garder en tête que c’est un service, une prestation qu’on t’offre. J’ai fermé très rapidement certaines portes par rapport à des filles qui m’on dit un jour si je voulais pas sortir demain avec elle au resto ou qu’on aille boire un verre… Pour moi, ce n’est pas du tout la même chose. Je n’allais pas pour cela. Mon but n’est pas de transformer une fille rencontrée en vitrine ou en salon en une petite amie.

Pourquoi fermes-tu justement cette porte ?
Parce que je l’ai laissé ouverte une fois.

Peux-tu nous en parler ?
Oui. Je suis sorti pendant un petit temps avec une fille que j’ai rencontrée dans un club en Allemagne. On s’est entendu alors que tout le monde la décrivait justement comme étant très pro, très minutée. Avec moi, c’était le feu d’artifice dès la première ou la deuxième fois. Quand je rentrais dans la boîte, si je la voyais, je ne pouvais plus bouger. Elle me sautait dessus. Puis on ne se lâchait pas de l’après-midi. On est sorti dans des restos puis on est sorti ensemble un petit temps. Je me suis rendu compte qu’elle vivait un train de vie qui ne pouvait pas être le mien. Elle était vraiment une indépendante qui faisait avec son plan de carrière bien tracé, avec ses idées en tête. Quand elle aura 35 ans, elle ne travaillera plus. Elle aura sa maison payée en Allemagne, elle aura sa maison payée en Espagne… tout sera très bien. Elle sera à la retraite. Donc son plan de carrière est tout tracé. La fille a la tête sur les épaules et parle aussi 5 langues. Je me suis dit un jour que non, cela ne peut pas fonctionner. J’avais qu’une envie à la limite un jour c’était qu’elle vienne passer un week-end ici et que je me promène partout où tous mes potes la voient. Mais après il y a la question comment je vais la présenter. Quand je devais un peu justifier que j’étais beaucoup en Allemagne parce que j’ai rencontré une danseuse là-bas. En fait, la fille n’était pas danseuse du tout, c’était une prostituée. Moi, cela ne me gênait pas et elle cela ne la gênait pas. Mais après à un moment donné, si tu te dis tiens qu’est-ce qu’on fait après ? Est ce qu’on avance vers quelque chose ? cela ne correspondait pas, cela ne pouvait pas coller.

En quoi cela ne pouvait pas coller ?
Cela aurait pu coller si elle avait commencé à m’entretenir car elle pouvait plus m’entretenir elle que moi l’entretenir.

Si elle continuait son travail, toi le tien ?
Le boulot est quand même particulier. Il y a quand même 2 ou 3 épisodes où je me prenais une scène de jalousie parce que j’étais avec une autre fille dans un club, cela me faisait moyennement rire et inversement il y avait des trucs qui ne me plaisaient pas. Il y avait 8 à 10 mecs qui lui passaient dessus sur la journée. Ce n’était pas évident.

Tu ne pourrais pas accepter que ta compagne se prostitue par exemple pour laquelle tu as des sentiments. Apparemment, vous aviez des sentiments réciproques.
Oui, cela tombait juste au moment où on était tous les deux tout seuls.

Tu es dans un club où ta compagne travaille et tu la vois partir avec un client. Comment le vis-tu en tant qu’homme ?
Tu sais qu’elle est là pour cela. Après c’est son job. Si tu lis un jour que quelqu’un d’autre a aussi passé une expérience super avec elle, tu te dis mince, est ce qu’elle comme cela avec tout le monde ? C’est ce qui fait maintenant que cela me permet d’éviter de retomber dans ce travers-là quand tu vis une expérience trop forte dans un club. Cela est arrivé l’année passée. J’ai fait une rencontre en Allemagne. Je suis sorti de là, mes potes m’ont regardé qu’est ce qui t’arrive ? c’est une catastrophe. 4 heures après, une connaissance à moi est allée avec elle et elle s’est comportée avec lui de la même manière. Ouf, ce n’est pas moi. Elle est comme cela avec tout le monde. C’est son niveau de service qui est purement et simplement exceptionnel qui te fait croire que tu es l’homme parfait. C’est comme cela avec tout le monde et non juste avec moi. Cela te remet les pieds sur terre.

La fille dont tu parlais un peu plus tôt, tu disais que tu allais au resto…, quand vous vous voyez en dehors du club,
Des copains à moi proches, oui, qui l’ont rencontré très peu. Il y avait beaucoup de copines à elles qui travaillaient avec elles et donc elles avaient le même train de vie qu’elle, un train de vie exubérant. Par exemple, petit resto à 4 le soir à Düsseldorf, tu ne t’en sors pas à moins de 350 euros par personne car on commence à faire la fête. Moi, je ne peux pas assumer à ce niveau-là.

Tu en as parlé avec elle ?
Oui on en a parlé. A un moment donné, elle devait partir car il y a eu des problèmes dans le club où elle travaillait qui ne lui plaisaient plus et puis on s’est perdu de vue. Je sais où elle travaille.

Quel genre de problème ?
Un problème avec un client. J’étais là quand cela est arrivé. Son voisin venait fréquemment au club où elle travaillait. Dans le quartier résidentiel où elle vivait, c’est sûr qu’elle n’était pas ouvertement déclarée comme prostituée. Donc c’est ce qui la fait changer de club dans un premier temps et puis après elle a changé de région. J’ai toujours su où elle travaillait mais je ne vais plus y aller.

Peur de tomber amoureux ?
Oui, peur de recraquer, c’est certain.

Vous avez eu des rapports en dehors du club, c’était gratuit ?
C’était gratuit. Quand je venais au club, je payais le tarif presque normal. C’était son travail. On s’est revu régulièrement. Quand on se voyait, c’était fin de journée au club. Düsseldorf est à 400 bornes. Ce n’était pas évident d’y être tous les jours. Quand elle finissait sa journée on rentrait ensemble. On restait plus pour passer un moment ensemble. On discutait c’était plus ce moment là qui nous plaisait à tous les deux. Après je me suis dit que ce n’est pas non plus la relation la plus saine que je peux avoir. Les kilomètres, le temps, les finances… j’y suis allé le moins souvent. Et puis on ne s’est plus vu. Je serais embêter de retourner là où elle travaille. Cela me ferait peur quand je rentre la voir dans le club et que cela repart comme en quarante. Je crois que je ne serais pas bien.

Est-ce que tu changes régulièrement de prostituée ?
Oui, j’essaie. Quand je suis très contente d’un service, j’ai tendance à y retourner. Quand je vais en club, j’essaie toujours une nouvelle ou deux. Je considère cela comme un loisir. J’aime rencontrer différentes filles qui me passionnent car je les trouve belles…difficile à expliquer. C’est tellement bien qu’on a envie de recommencer. J’essaie de changer mais je viens très peu en Belgique. Quand les choses ne se passent pas bien tu n’y vas plus, Il y a des bars dans le Tournaisis, dans des privés où il y a 10 filles qui y travaillent. Tu choisis la fille, tu payes et puis tu montes avec elle dans la chambre. Quand le service n’est pas bien, tu n’y vas plus. Quand le service a été trop bien, tu n’as plus envie de la voir en tant que prostituée car après tu fais parfois l’erreur de donner ton numéro de téléphone. Tu n’as plus envie forcément de voir la fille juste comme une prostituée. Il faut que cela soit bien, pas trop mal, ni pas trop bien, sinon je n’ai plus tendance à y retourner soit je suis trop impliqué et j’ai pas envie soit ce n’est pas bien et cela ne m’intéresse pas.

Qu’est ce qui te fait peur, ce potentiel implication que tu pourrais avoir ?
Le fait de se dire que ma copine ferait ce boulot-là, je pourrais l’accepter un certain temps. Mais si cela devenait sérieux je ne pourrais pas accepter que la mère de mes enfants continue ou reprenne ce boulot-là après avoir accouché par exemple.

Quel regard portes-tu sur la prostitution en général ?
Tout le monde le dit, c’est le plus vieux métier du monde. Heureusement que la prostitution existe. Arrêtons de dire que c’est diabolique, c’est mal. C’est un métier le plus difficile à faire car les filles laissent rentrer dans l’intimité, il n’y a pas plus intime que la relation sexuelle avec quelqu’un. Même si on me donnait 150, 250 euros pour coucher avec une fille qui ne me plait pas du tout, je ne pourrais pas le faire. Je prône le respect de ces filles.

Quel regard portes-tu sur ces filles ?
Ce sont certaines filles qui ont un intérêt et qui aiment le sexe, celles qui sont libres. J’en connais quelques unes pour avoir discuté avec elles, je ne suis pas satisfaite avec un seul homme j’ai besoin de plus, j’ai besoin d’autres expériences et les fins de mois sont durs et
c’est une bonne méthode pour y arriver.
Avec d’autres elles disent que c’est difficile de gagner de l’argent maintenant… et qui se sentent fortes pour pourvoir faire ce métier. le voir comme un gagne pain
La plupart des filles qui font cela sont pour moi des filles extrêmement fortes de caractère en ayant mis une grosse barrière entre le physique et le mental. Ce n’est pas pour cela qu’elles ne sont pas aussi fragiles qu’une autre. Il faut avoir cette carapace pour ne pas se laisser atteindre par ce qu’on fait.

L’acte sexuel est lié aux sentiments, là le sentiment est complètement défait.
Oui. Quand j’étais avec ma copine où cela n’allait vraiment plus. On était plus sur la même longueur d’onde, on n’avait plus du tout la même vision de l’avenir qu’on voulait construire. Elle voulait vivre comme on vivait avant : faire la fête. Globalement, cela n’allait plus.

Selon toi, quel rôle social joue une prostituée dans notre société ?
Elle sert d’une forme d’exécutoire. On est bombardé en permanence avec des allusions au sexe, des choses qui te titillent la libido (les affiches de pub, les films, la mode…). S’il n’y avait pas la prostitution, on aurait certainement plus de viols. C’est une forme d’assouvir une pulsion qui parfois peut devenir très forte. C’est un « rôle social ». On est toujours beau dans les yeux de quelqu’un.

P, 45 ans

Bonjour, pouvez-vous vous présenter ?
P., j’ai 45 ans. Je suis papa de 3 enfants adolescents et marié avec une épouse depuis l’âge de 19 ans. Cela se passe bien avec mon épouse côté familial. Je suis de la province du Hainaut.

Quel type de profession exercez-vous ?
Je suis coordinateur d’une maison médicale et on a plusieurs services sociaux et médicalisés. C’est moi qui suis le coordinateur d’environ 60 personnes (médecins, assistants sociaux…). C’est moi qui organise la mise au travail.

On va se tutoyer, c’est plus sympa.
Oui, sans problème.

Parle-moi de ta première expérience en tant que client.
C’était peu avant 18 ans. Je n’ai pas un souvenir très précis de la date. J’étais en secondaire. J’avais fait une visite à Anvers dans le cadre de l’école et on était libre l’après-midi. Je suis entré dans la rue à Anvers. Là, j’ai rencontré une femme en vitrine. Ce n’était pas terrible. Elle a été très technique et pas sympa. Comme j’ai été un peu impressionné, il ne sait rien passé quelque part.

Avais-tu eu des expériences sexuelles avant ?
Oui, pas tarifé. Assez tôt. Pas de régulière. Je suis sorti avec une préparatrice de l’école par exemple. Ce sont des expériences originales qui motivent un certain moment.

Que cherchais-tu quant tu es allé dans ce quartier-là ?
La suite logique des expériences que j’avais eu à l’école avec soit avec des filles de l’école, soit avec la préparatrice de l’école. Là, il faut faire moins d’imbroglio pour arriver au but de ce qu’on veut quelque part. Elle est là, elle demande un prix. J’ai cela en poche.

Déçu ?
Pas de la fille. J’aurais pu faire mieux. Après j’ai recommencé. A un certain moment, j’aurais pu fermer la porte et me dire plus jamais. Mais je ne sais pas pourquoi j’ai recommencé une deuxième fois. Là c’est en rentrant sur Bruxelles car j’habitais à l’époque à Bruxelles. J’ai débarqué à la rue d’Aerschot et la 2ème expérience a été extraordinaire. C’était très bien. J’ai passé ma vie d’étudiant à la Fac en y allant une fois par semaine. J’avais un budget de 1000 francs belges la semaine à l’époque. La passe était à 400 francs belges. J’y allais pour en voir une par semaine. Du coup, mes copains m’ont appelé « prince des galipettes » que j’ai gardé comme surnom dans youppie. Cela s’est vite su.

Donc tu en parlais ouvertement, cela ne t’a jamais gêné ?
A quelques uns j’en ai parlé. Je n’ai pas connu d’autres personnes dans mon milieu qui le pratiquait. Il a fallu attendre plus tard pour en parler dans le réseau. Grâce à Youppie, on se fréquente.

Pendant tes études à la fac, avais-tu quand même des petites copines pendant ce moment-là ?
Quand je suis entré à la fac, j’ai eu une expérience tout à fait autonome. J’ai eu mon épouse à 19ans. On kotait ensemble à 20 ans et on s’est plus quittés depuis. On s’est marié à la fin de nos études. Dès le début, cela a freiné un peu avec l’habitation en kot. Pendant un an, la fréquence a diminué mais elle est restée. C’était une fois par semaine. C’est revenu après 2, 3 ans.
On fait des choses avec les filles qu’on ne fait pas avec son épouse.

Quand on est dans une relation nouvelle, à 19 ans c’est tout nouveau, on dit c’est tout feu tout flamme, pourquoi ce besoin de continuer quand même à aller voir ailleurs ?
Parce qu’on fait autre chose. Je pense que ce n’est pas du tout la même chose. La relation amoureuse est complexe avec sa femme. On discute de choses et d’autres, de nos rêves… Dans la relation avec la fille prostituée, on est plus sur l’objet de la rencontre, je le vis plus comme un jeu où l’on se met des petits défis sportifs. C’est plus une relation où on prend du plaisir sur des positions. C’est plus difficile avec ma femme. On a une relation beaucoup plus classique. Je ne peux pas faire un 69 avec ma femme par exemple.

Pourquoi pas?
J’ai bien essayé mais cela la gêne. Du coup, il n’y a pas de plaisir et cela ne m’intéresse pas. Il faut qu’elle ait du plaisir. J’ai senti que ce n’était pas son truc. Pour elle, c’est la position du missionnaire, un point c’est tout. Elle a eu un peu de souffrance par rapport à cela. Elle a mal vécu à un certain moment sa sexualité donc pour elle cela reste très classique. Même si au tout début, on avait une relation régulière, très chaude. A la longue, c’est devenu plus classique. Je crois que j’avais besoin d’autres choses.

Et est-ce qu’elle le sait ?
Non. J’arrive à bien le gérer pour l’instant. La question est : est-elle vraiment naïve ? Je ne suis pas sûr. Cela l’arrange peut-être. Elle a son propre jardin secret Je n’y suis pas regardant sur ses boîtes mails, ses contacts. Elle aime bien la rencontre humaine philosophique, être confortée. Elle le sait qu’elle a cette liberté-là et en même temps elle me laisse libre, elle ne veut pas savoir quelque part. Cela la dérangerait qu’un jour elle l’apprenne.

Avec toute l’éducation qu’on a derrière nous qui sont le couple, la fidélité…, comment on se sent quand on va voir une prostituée puis on rentre chez soi, comment gères-tu cela, c’est facile à gérer ?
J’ai un boulot qui est très en lien avec la souffrance humaine (l’accueil de personnes défavorisées) qui me pompe beaucoup d’énergie. Je pense que j’ai besoin de ce moment de consommation un peu euphorique, de petits plaisirs de la vie que je viens chercher ; petite jouissance de la vie. On s’amuse mais on ne s’engage à rien. Ce n’est pas compliqué. On se respecte l’un l’autre, j’espère.

Quand on rentre chez soi et que ta femme te demande si ta journée s’est bien passé, les réunions que tu n’as pas eues… ?
Je me suis bien défoulé puis je rentre. Je le vis actuellement comme cela. Ce serait très compliqué à justifier si vraiment j’étais pris au fait. Mon boulot pourrait m’amener à justifier. Je pourrais très bien dire que j’ai été appelé sur le terrain dans le cadre de mon boulot… Je pourrais maquiller mais après j’aurais plus dur pour le reste.

Es-tu un client régulier ?
Oui, tout à fait.

A quelle fréquence ?
C’est minimum une fois par semaine encore actuellement plus tous les extras. Si je viens à Bruxelles, je fais la fête le week-end. On vient d’ouvrir récemment un superbe bar à 3 minutes de chez moi. Avant je devais prendre la voiture, faire la prestation et puis revenir. Cela prenait 2 heures et c’est difficile à cadrer. Je pense que je vais gérer différemment ce petit extra. Quand j’habitais à Bruxelles, c’était ma régularité, une fois par semaine. Ce n’est plus le cas maintenant.

Par rapport à ce que tu recherches, le côté un peu excentrique, pourquoi ne pas t’orienter vers des clubs échangistes ? Cela ne t’a jamais attiré ? Il y en a beaucoup de couples légitimes qui y vont.
Ma femme ne serait pas d’accord. Ce doit être du one shot, on rigole, on s’amuse. Même si je reviens chez la fille. Cela doit être de l’occasionnel, du loisir vacances. On ne se rappelle pas. Dans ces clubs échangistes, les filles sont moins jolies, j’ai l’impression. Je me trompe peut-être.

Quel type de prostitution fréquentes-tu en particulier ou si tu en as essayé plusieurs ?
C’est exclusivement la vitrine rue d’Aerschot actuellement et un bar.

Pourquoi ce type-là de prostitution ?
Dans la rue des Commerçants, il n’y a rien qui pétille. C’est beaucoup plus noir. Les filles sont moins jolies. C’est un autre style, un autre univers. Je trouve que dans les bars les filles ont une tenue.

Au-delà du côté sexuel, j’ai vu sur le site Youppie que beaucoup de clients cherchaient la « girl friend attitude », est-ce ton cas ou pas du tout ?
Cela dépend. Il y a des jours je veux vraiment décompresser avec cela avec une attitude copine, souvenir de jeunesse quelque part. Je sais que je vais pour cela.

A la rue d’Aerchot, c’est très minuté.Il y a le fameux minuteur des 15 minutes.
Oui, Je suis à minimum ¾ heure à une heure de prestation. Cela n’apparaît pas cette question d’aller vite. On joue l’érotique. C’est sur le moment même que je me décide.

Est-ce que tu changes régulièrement de filles ?
J’ai quelques préférées avec qui je tiens le coup parfois 6 mois maximum. Après, c’est un au revoir. Je recommence avec une autre. Il y en a 2 ou 3 qui sont un peu des valeurs sures. Je cherche, j’essaye de découvrir des nouvelles.

Es-tu tombé amoureux ?
Avec une fille j’ai eu un très bon rapport. Mais heureusement j’ai senti de sa part que j’étais un client comme un autre. J’en lis sur Youppie des gens qui s’écrasent, ils se sont fait harponnés, la fille a fait son boulot… J’écris sur le site d’y faire attention.

Quel regard portes-tu sur la prostitution en général ?
Je connais mal le milieu en fait. Je le pratique mais je le connais mal. J’ai découvert les différents reportages. Il est question de minuteur qui est signe de maltraitance. C’est très difficile de sentir si on est dans une problématique de maltraitance ou pas. J’espère que la police joue bien son rôle, qu’elle arrive à démanteler les réseaux.

Penses-tu que la prostitution joue un rôle social ?
Oui, c’est clair. Si on dit que c’est le premier métier au monde c’est parce que quelque part elle est présente. Elles m’apportent mon petit fun. Je pense qu’il y a énormément d’accompagnement. Elles accompagnent des gars en déroute. Elles font du travail social. Mais est-ce qu’elles les aident ? Il y en a qui peuvent être victimes de ce travail –là sans s’en rendre compte. Je pense qu’il y a des filles qui sont très vigilantes par rapport à cela. D’autres beaucoup moins. Elles acceptent une détresse humaine, une solitude. Le fait que je puisse sortir, cela a répondu à mes attentes. La prostitution maintient mon ménage en ordre quelque part. Les filles ne peuvent pas assumer cette partie-là.

Quel regard portes-tu sur ces filles qui exercent cette activité ?
Le regard, je ne sais pas. Mais je sens que beaucoup, même si elles disent qu’elles aiment leur métier, ont des souffrances, des problématiques de gestion personnelle. Ce n’est pas évident. On est avec un milieu en difficulté. Il y en a très très peu qui sont vraiment autonomes, à l’aise dans leur boulot et qui le gèrent sérieusement. Ce n’est pas la prostitution qui est son problème, c’est la gestion de sa vie. Elles font un sérieux travail sur elle de présentation. Tout le monde ne pas devenir une prostituée. Il faut leur rendre ce mérite-là. Elles font un travail de gestion de leurs corps qui mérite un salaire, une reconnaissance. Elles peuvent vendre le travail qu’elles font avec leurs corps et le maintient. Ce n’est pas un travail facile, toute la soirée être matée par des gens avec des gestes obscènes. Elles ont un niveau de capacité à résister à cette agression qui n’est pas donnée à tout le monde.

En ce qui concerne les agressions, comment perçois-tu la rue d’Aerschot ?
Moi, je l’aime bien. Je n’ai jamais été agressé dans cette rue. J’habitais du côté de Molenbeek et je suis beaucoup plus insécurisé dans ma rue, dans le métro que je prends. En permanence dans mon quartier c’est beaucoup plus énervant qu’ici. C’est vrai, il y a des bandes qui crient sur des filles… Mais je n’ai jamais été inquiété. J’ai souvent laissé ma voiture sans fermer la porte à clé. Je suis parfois étonné de ce qu’on raconte sur cette rue. J’y vais tôt aussi, soit à 5 heures, soit à 6 heures 30. Il y a en plus une ambiance très chaude le week-end. Je ne ressens pas cette rue comme glauque. Elle est un peu sale.

Il y a eu des propositions de lois déposées par Lizin et par Ecolo. La première visait une pénalisation pure et simple du client et Ecolo était un peu plus nuancé. En tant que client, comment le vit-on ?
Si elle passait, je ne sais pas si je continuerais aussi facilement. Pour moi, la prostitution restera. Ca c’est sûr. Du coup, elle passera dans des zones beaucoup plus sombres. L’avantage c’est de la mettre sur rue, que la police soit présente, que ce soit connu, qu’on sache qui sont ces filles, comment elles sont arrivées là… C’est ce qui pourrait tué la traite des êtres humains. Ce genre de propositions de lois va amener plus de choses en cachette. Ce sera moins gérable. Je ne pense pas que cela va régler la prostitution.

La théorie de Lizin, c’est : s’il y a de la prostitution c’est parce qu’il y a des clients. Te sens-tu coupable de quelque chose, en étant client ?
L’éducation que j’ai eu fait que cela n’est pas évident à gérer. Je ne parle jamais de ce sujet car j’ai trop peur de me trahir.

As-tu l’impression de faire quelque chose de mal en ayant des rapports sexuels tarifés avec une fille ?
Personnellement, non. Je veux vraiment une relation avec l’espoir que la fille qui est devant moi n’est pas contrainte. Je vais dans des endroits officiels car là c’est plus ou moins géré par la police. Le reportage a montré que ce n’est pas toujours le cas. J’essaye de vérifier que la fille est heureuse quelque part, par la discussion qu’on a… On sent très vite celle qui est blasée (qui n’aime pas ce métier) et celle qui n’en peut plus. J’essaye de valoriser celle qui dit je veux faire cela dans ma vie. Moi, je suis amateur de ce genre de relation. C’est entre adultes consentants même si je sais que c’est une histoire de vie qui les amène là. Il n’y a pas de maltraitance, j’espère. Là, je n’ai pas beaucoup d’informations.

Par rapport à la proposition de loi d’Ecolo ?
Si le client sait qu’il est dans un réseau, je serai d’accord qu’il y ait une pénalité quelque part.

On sait qu’il y a une arrivée de Bulgares ou de Roumaines à la rue d’Aerschot et que beaucoup ont des macros derrière elles, du coup est-ce que tu vas uniquement chez celles qui parlent correctement le français ? En tant que client, comment peut-on se faire une opinion ?
C’est très difficile. Moi, j’essaye. Ma volonté c’est de rencontrer quelqu’un qui est consentant. J’essaye avec les moyens du bord. Je serai demandeur que cela se clarifie, que le métier soit bien clarifié. Cela nous aiderait à pouvoir évincer la prostitution de rue qui est peut-être plus problématique.

Parles-tu à ton entourage que tu es client ?
Pas du tout. Ce n’était pas évident à certains moments, c’était lourd. Je ne parle jamais de la rue d’Aerschot. Je dirais même que je ne la connais pas. J’ai très peur que le bruit n’arrive dans le ménage. Au boulot, cela pourrait le remettre en question. Ce serait très problématique à gérer. La confiance que les gens me font, un boulot d’assistance, cela ne va pas passer, en plus c’est un milieu catholique. Le chantage aussi : si quelqu’un le sait, il pourrait le dire à ma femme. Du coup, j’essaie de le vivre à part. Quand j’étais à Bruxelles, je n’avais pas connaissance de Youppie car je vivais sur la rue d’Aerschot principalement. Quand j’ai déménagé, j’ai rien trouvé dans la région chez moi en vitrine. J’ai commencé à aller sur internet pour trouver des maisons. J’ai trouvé une maison et c’est une fille qui m’a fait découvert ce site. J’ai découvert le site Youppie il y a un an. On parle beaucoup plus, on s’échange, cela libère quelque chose qui est au fond de toi et que tu es seul à gérer. On s’est déjà rencontré à plusieurs reprises sur le Hainaut. On vient de faire une grosse fête avec 200 personnes dans le bar. Il y en a très peu qui vont dans leurs bars ou dans des bars avoisinants. Ce sont des gens qui viennent de Lille, de Paris, de Liège… Les gens vont assez loin. C’est assez gai de découvrir ce réseau. On n’est pas tous les mêmes. Il y a des gens qui n’ont pas les moyens, d’autres oui. Il y a des jeunes. On rencontre de tout.

Comment es-tu perçu par la société de manière générale ?
C’est très difficile à dire. Je parle très peu de ce sujet-là. Je suis dans un milieu très catholique, donc très conservateur et donc très pénalisant. Du côté des filles, les filles qui font cela, c’est lamentable. C’est l’insulte. Ils ne connaissent pas du tout le milieu. Du côté des garçons, je pense qu’ils comprendraient un célibataire, un type en dépression… Cela peut faire partie d’une thérapie. C’est plus difficile à faire accepter à un mari. C’est certainement difficile à faire accepter à un père, qu’un père puisse avoir ce genre de relation. Je ne suis pas sûr que mes enfants soient clairvoyants. Je ne suis pas sûr qu’ils n’aient pas vu un jour Youppie sur mon pc. Spontanément, ils viennent voir ce que je fais.

Comment tu en parles avec eux ? Est-ce qu’ils l’ont abordé ?
Pas du tout. Eux ne l’ont jamais demandé. Ils sentent peut-être quelque chose ou pas. Je n’ai pas d’ados qui posent de grosses questions de vie. Ce n’est pas moi qui vais aborder le sujet. Je sens que je vais me trahir, donc j’évite le sujet.

Si tes enfants venaient à le découvrir, comment réagiraient-ils ?
Je pense qu’ils comprendraient.

Il y a le fait que tu trompes leur mère avec des prostituées.
Je crois qu’ils comprendraient. Ils savent mon métier et ils voient des gens en difficulté avec qui je travaille. Mon rôle est presque un rôle d’assistant social auprès de ces filles. Je pense qu’ils comprendraient ma démarche. Je pense qu’un jour je devrais leur expliquer. Ma femme aurait très dur. Je pense qu’elle ne l’accepterait pas.

Comment tu penses que les personnes prostituées vous voient ?
Avant tout, on est le poisson sur l’hameçon. Il y a énormément de filles pour lesquelles on est l’hameçon. L’aspect premier est le portefeuille. Si le portefeuille est fermé, ce n’est plus intéressant, on n’existe plus. Même si je leur fais un signe, elle ne répond pas. Il y en a qui si tu as plus de finances, elles peuvent te proposer autre chose. J’ai eu quelques régulières et elles sont remerciantes du fait de notre régularité. Je pense que quand tu ne seras plus là, elle t’oubliera.

Est-ce que tu accepterais que ta femme se prostitue ?
Je ne voudrais pas le savoir. Je ne suis pas sûr que je ne serais pas d’accord. Il faudrait l’imaginer hors du milieu où je suis. Ce serait ingérable dans le milieu catholique. Je ne serai pas opposé si j’étais dans un autre milieu que le mien.
Elle a son jardin secret avec des hommes qu’elle rencontre le soir platoniquement sur internet.
Je suis contente qu’elle trouve là-dedans ce que je n’ai pas la patience de lui donner.

Que penses-tu des tarifs actuels qui sont pratiqués ?
Moi, je suis plus large que ce qu’elles demandent en général. Je n’ai pas de difficultés financières. Je rentre et je donne 100 euros pour tester une fille. A partir de cela, qu’est-ce que tu m’offres. Je reviens si j’ai été content. Si la fille fait une prestation classique en 20 minutes, je ne la reverrais plus. Je ne demande pas grand-chose (pas de sodomie…). Elles sont parfois étonnées. Je donne aussi à la dame qui est là, même parfois si elle ne me demande rien. Car c’est un milieu pas facile. C’est intéressant que l’argent passe là.

Quelle part de tes revenus consacres-tu à cette activité ?
C’est un héritage. A l’époque, c’était un revenu et donc c’était budgétisé : 1x/semaine. On a une gestion séparée de nos comptes. Ma femme ne sait pas exactement ce qui rentre car je fais des heures supplémentaires le soir. Le revenu est très fluctuant en fait. On a une mise en commun. Elle ne sait pas l’entièreté de ce que je gagne. Il n’y a rien qui est caché. Elle ne cherche pas à se compliquer la vie.

Globalement sur un mois, cela fait ?
Il y a la problématique du bar qui vient de s’ouvrir qui fausse un peu la donnée. On va s’y éclater un peu.
Avant, c’était presque 200 euros par semaine plus les extras du week-end qui est la fête. Actuellement, c’est entre 1500 et 2000 euros par mois. Je vis sur un héritage et pas sur un revenu.

Que penses-tu du port du préservatif ?
Quand on me propose de l’enlever de temps en temps, je dis oui.

C’est toi qui demandes ou c’est elle qui propose ?
C’est un peu entre les deux. C’est rarement moi qui le demande. Dans le club où je vais, les filles savent que je ne dis pas non. Du coup, elles vont le proposer.

Moyennant une augmentation du tarif ?
Oui, c’est cela. Dans le club, la prestation est bien annoncée. La fille peut proposer d’autres prestations supplémentaires à sa convenance (sodomie, fellation…).

Le préservatif, tu l’enlèves pour la fellation ou pour le complet ?
Il y en a très peu qui acceptent le complet. Moi je trouve que cela ne rajoute pas grand-chose. C’est juste pour la fellation. Je trouve que c’est assez raisonnable. Je ferme les yeux par rapport aux maladies.

En tant que mari avec ta femme… les rapports sexuels…
J’ai des rapports protégés avec ma femme. Elle ne prend pas la pilule. Elle souhaitait le rapport protégé sauf quand on a voulu des enfants.

Que penses-tu du phénomène que les filles disent que des clients insistent pour avoir des rapports sexuels non protégés, c’est la crise chez elles ?
Ce sont les filles qui disent cela, que le client demande ? Je pense que je suis plus souvent sollicité.

Quel est le nombre de filles qui te le proposent ?
80 % au moins des filles me le proposent spontanément.

As-tu envie de rajouter quelque chose ?
J’ai vu un peu le site le travail d’Espace P… Je me sens très à l’aise avec ce travail. Beaucoup de filles ne le connaissent pas. Elles préfèrent quand les gens viennent.

Merci.

Le temps passe, pas le sida

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Boxons la crise !!!

30.03.2009
Le 31 Mars à partir de 16h, dans le quartier Cathédrale-Nord,
DEFENDONS LES TRAVAILLEUSES DES VITRINES DES RUES DE L’AGNEAU ET DU CHAMPION !
CRISE !

Un initiative de l’association D’une certaine gaité

Politiques et médias se sont emparés du mot et le brandissent résolument, tantôt arme, tantôt bouclier.
Crise serinée. Crise invoquée. Crise conjuguée.
Alors que le syndrome de la crise menace la population, voilà que nos décideurs s’en prennent au plus vieux métier du monde, au cœur même d’un quartier où il s’exerce depuis plus d’un siècle !

Lorsqu’une entreprise ferme, les syndicats se mobilisent et les médias relaient la parole des travailleurs/ses qui se retrouvent sur le carreau.
C’est exactement ce qui est en train de se passer ici : 150 travailleuses vont se retrouver sur le carreau dès mercredi 1er avril!
Mais qui va les défendre ? Quel syndicat pour se mobiliser ? Qui pour relayer leurs questions, leur révolte, leur angoisse ?

Les rues de l’Agneau et du Champion demeuraient un îlot préservé où le tarif de la plupart des loyers demeurait démocratique. Où, ailleurs, les travailleuses trouveront-elles des vitrines en location à 300 ou 400 euros par mois ?
De plus, la moyenne d’âge des femmes travaillant dans le quartier se situe entre 45 et 50 ans, ce qui signifie pour certaines d’entre elles la pension forcée.

« La pression immobilière sur le quartier est forte » avance le Bourgmestre, entre autres arguments.
Forte au point de parquer les femmes dans des « modules préfabriqués » (comme les nomment les autorités publiques), c’est-à-dire des sortes de containers aménagés comme ceux où l’on fait vivre les travailleurs portugais du secteur de la construction, ou ceux, transformés en geôle, où l’on enferme les migrants ?

A quand une prostitution itinérante, dans des caravanes, loin des regards des promoteurs et de l’hypocrisie générale ?

CALENDRIER D’ANNIVERSAIRES, NOIR ET BLANC, RELIURE SPIRALE MÉTALLIQUE, 13 FEUILLETS, FORMAT 34×24cm

A l’occasion des 20 ans d’Espace P…, nous vous proposons un calendrier d’anniversaires dans lequel nous avons voulu évoquer notre travail quotidien de contact avec les personnes prostituées.

Les photos ont été réalisées sur le lieu de travail de 12 personnes prostituées, représentant assez justement les divers terrains de la prostitution sur lesquels nous développons de nos actions de prévention, de travail social et d’émancipation. Salon, bar, vitrine, carrée, hôtel de passe, privé, trottoir…

Certaines des personnes qui ont accepté de collaborer à ce calendrier en posant auprès des travailleurs d’Espace P… ont désiré montrer leur visage, d’autres pas, mais toutes ont eu l’extrême gentillesse de prêter leur temps, leur image, un peu de leur vie pour réaliser ce bel objet. Nous espérons qu’il saura vous éclairer sur une réalité pas toujours connue de la prostitution. Nous le vendons au prix de 5 euros (+ 2 euros de frais de port).
Vous pouvez donc l’acquérir :
- En personne, au prix de 5 euros, en vous rendant dans nos locaux (Liège, Bruxelles, Namur, Charleroi, voir les adresses ici)
- Par la poste, en versant 7 euros au compte d’Espace P… 001-2416390-02 avec “Calendrier” en communication, SANS OUBLIER DE NOUS COMMUNIQUER VOS COORDONNÉES PAR MAIL (mail à espacepliege@gmail.com avec CALENDRIER en communication). Envoi discret. Pour connaître les frais de port vers l’étranger, envoyez nous un mail.

Toutes les photos sont l’oeuvre de Frédéric Pauwels.

CHAPITRE VI. - (DE LA CORRUPTION DE LA JEUNESSE ET DE LA PROSTITUTION). [L 26-05-1914, art. 4]

Art. 379. (Voir NOTE sous TITRE) [L 1995-04-13/32, art. 2, 014; En vigueur : 05-05-1995] Quiconque aura attenté aux mœurs en excitant, favorisant ou facilitant, pour satisfaire les passions d’autrui, la débauche, la corruption ou la [prostitution] d’un mineur de l’un ou de l’autre sexe, sera puni de réclusion (de cinq ans à dix ans) et d’une amende de cinq cents francs à vingt-cinq mille francs. [L 2000-11-28/35, art. 13, 029; En vigueur : 27-03-2001]
Il sera puni (de la réclusion) de dix ans à quinze ans et d’une amende de cinq cents francs à cinquante mille francs si le mineur n’a pas atteint l’âge de seize ans accomplis. [L 2000-11-28/35, art. 13, 029; En vigueur : 27-03-2001]
(La peine sera de la réclusion de quinze ans à vingt ans et d’une amende de mille francs à cent mille francs, si le mineur n’a pas atteint l’âge de quatorze ans accomplis.) [L 2000-11-28/35, art. 13, 029; En vigueur : 27-03-2001]

Art. 380. (Voir NOTE sous TITRE) (Antérieurement art. 380bis.) § 1. Sera puni d’un emprisonnement d’un an à cinq ans et d’une amende de cinq cents francs à vingt-cinq mille francs :
1° quiconque, pour satisfaire les passions d’autrui, aura embauché, entraîné, détourne ou retenu, en vue de la débauche ou de la [prostitution], même de son consentement, une personne majeure (…) ;
2° quiconque aura tenu une maison de débauche ou de [prostitution] ;
3° quiconque aura vendu, loué ou mis à disposition aux fins de la [prostitution] des chambres ou tout autre local dans le but de réaliser un profit anormal ;
4° quiconque aura, de quelque manière que ce soit, exploité la débauche ou la [prostitution] d’autrui.
§ 2. La tentative de commettre les infractions visées au § 1er sera punie d’un emprisonnement de six mois à trois ans et d’une amende de cent francs à cinq mille francs.
§ 3. Seront punies (de la réclusion) de dix ans à quinze ans et d’une amende de cinq cents francs à cinquante mille francs, les infractions visées au § 1er, dans la mesure où leur auteur : [L 2000-11-28/35, art. 14, 029; En vigueur : 27-03-2001]
1° fait usage, de façon directe ou indirecte, de manœuvres frauduleuses, de violence, de menaces ou d’une forme quelconque de contrainte ;
2° ou abuse de la situation particulièrement vulnérable d’une personne en raison de sa situation administrative illégale ou précaire, d’un état de grossesse, d’une maladie, d’une infirmité ou d’une déficience physique ou mentale.
§ 4. Sera puni (de la réclusion) de dix ans à quinze ans et d’une amende de mille francs à cent mille francs : [L 2000-11-28/35, art. 14, 029; En vigueur : 27-03-2001]
1° quiconque, pour satisfaire les passions d’autrui, aura embauché, entraîné, détourné ou retenu, soit directement soit par un intermédiaire, un mineur (…), même de son consentement, en vue de la débauche ou de la [prostitution] ; [L 2000-11-28/35, art. 14, 029; En vigueur : 27-03-2001]
2° quiconque aura tenu, soit directement soit par un intermédiaire, une maison de débauche ou de [prostitution] où des mineurs se livrent à la [prostitution] ou à la débauche ;
3° quiconque aura vendu, loué ou mis à disposition d’un mineur, aux fins de la débauche ou de la [prostitution], des chambres ou tout autre local dans le but de réaliser un profit anormal ;
4° quiconque aura exploité, de quelque manière que ce soit, la débauche ou la [prostitution] d’un mineur (…). [L 2000-11-28/35, art. 14, 029; En vigueur : 27-03-2001]
(5° quiconque aura obtenu par la remise, l’offre ou la promesse d’un avantage matériel ou financier, la débauche ou la [prostitution] d’un mineur.) [L 2000-11-28/35, art. 14, 029; En vigueur : 27-03-2001]
(§ 6. Quiconque aura assisté à la débauche ou à la [prostitution] d’un mineur sera puni d’un emprisonnement de un mois à deux ans et d’une amende de cent francs à deux mille francs.) [L 2000-11-28/35, art. 14, 029; En vigueur : 27-03-2001]
§ 5. (Les infractions visées au § 4 seront punies de la réclusion de quinze ans à vingt ans et d’une amende de mille francs à cent mille francs si elles sont commises à l’égard d’un mineur de moins de seize ans.) [L 2000-11-28/35, art. 14, 029; En vigueur : 27-03-2001]

Art. 380bis. [L 2000-11-28/35, art. 15, 029; En vigueur : 27-03-2001] (Antérieurement art. 380quater) Sera puni d’un emprisonnement de huit jours à trois mois et d’une amende de vingt-six francs à cinq cents francs, quiconque, dans un lieu public aura par paroles, gestes ou signes provoqué une personne à la débauche. La peine sera élevée au double si le délit a été commis envers un mineur.

Art. 380ter. [L 2000-11-28/35, art. 16, 029; ED : 27-03-2001] (Antérieurement art. 380quinquies) § 1. Sera puni d’un emprisonnement de deux mois à deux ans et d’une amende de deux cents francs à deux mille francs, quiconque, quel qu’en soit le moyen, fait ou fait faire, publie, distribue ou diffuse de la publicité, de façon directe ou indirecte, même en en dissimulant la nature sous des artifices de langage, pour une offre de services à caractère sexuel, lorsque cette publicité s’adresse spécifiquement à des mineurs ou lorsqu’elle fait état de services proposés soit par des mineurs, soit par des personnes prétendues telles.
La peine sera d’un emprisonnement de trois mois à trois ans et d’une amende de trois cents francs a trois mille francs lorsque la publicité visée à l’article 1er a pour objet ou pour effet, directs ou indirects, de faciliter la [prostitution] ou la débauche d’un mineur ou son exploitation à des fins sexuelles.
§ 2. Sera puni d’un emprisonnement d’un mois à un an et d’une amende de cent francs à mille francs, quiconque, quel qu’en soit le moyen, fait ou fait faire, publie, distribue ou diffuse de la publicité, de façon directe ou indirecte, même en en dissimulant la nature sous des artifices de langage, pour une offre de services à caractère sexuel, lorsque ces services sont fournis par un moyen de télécommunication.
§ 3. Dans les cas qui ne sont pas visés aux §§ 1er et 2, sera puni d’un emprisonnement d’un mois à un an et d’une amende de cent francs à mille francs, quiconque aura, par un moyen quelconque de publicité, même en dissimulant la nature de son offre ou de sa demande sous des artifices de langage, fait connaître qu’il se livre à la [prostitution], qu’il facilite la [prostitution] d’autrui ou qu’il désire entrer en relation avec une personne se livrant à la débauche.
Sera puni des mêmes peines, quiconque, par un moyen quelconque de publicité, incitera, par l’allusion qui y est faite, à l’exploitation de mineurs ou de majeurs à des fins sexuelles, ou utilisera une telle publicité à l’occasion d’une offre de services.

Art. 380quater. (abrogé) [L 2000-11-28/35, art. 15, 029; En vigueur : 27-03-2001]

Art. 380quinquies. (abrogé) [L 2000-11-28/35, art. 16, 029; En vigueur : 27-03-2001]

Art. 381. [L 2000-11-28/35, art. 17, 029; En vigueur : 27-03-2001] Les infractions visées aux articles 379 et 380, §§ 3 et 4, seront punies de la réclusion de quinze ans à vingt ans et d’une amende de mille francs à cent mille francs et les infractions visées à l’article380, § 5, seront punies de la réclusion de dix-sept ans à vingt ans et d’une amende de mille francs à cent mille francs, si elles constituent des actes de participation à l’activité principale ou accessoire d’une association, et ce, que le coupable ait ou non la qualité de dirigeant.

Art. 381bis. (abrogé) [L 2000-11-28/35, art. 17, 029; En vigueur : 27-03-2001]

Art. 382. [L 2000-11-28/35, art. 18, 029; En vigueur : 27-03-2001] § 1er. Dans les cas visés aux articles 379 et 380, les coupables seront, en outre, condamnés à l’interdiction des droits énoncés à l’article 31.
§ 2. Les tribunaux pourront interdire aux personnes condamnées pour une infraction prévue à l’article 380, §§ 1er à 3, pour un terme de un an à trois ans, d’exploiter, soit par eux-mêmes, soit par personne interposée, un débit de boissons, un bureau de placement, une entreprise de spectacles, une agence de location ou de vente de supports visuels, un hôtel, une agence de location de meublés, une agence de voyage, une entreprise de courtage matrimonial, une institution d’adoption, un établissement à qui l’on confie la garde des mineurs, une entreprise qui assure le transport d’élèves et de groupements de jeunesse, un établissement de loisirs ou de vacances, ou tout établissement proposant des soins corporels ou psychologiques, ou d’y être employés à quelque titre que ce soit.
En cas de seconde condamnation pour une infraction prévue à l’article 380, §§ 1er à 3, l’interdiction pourra être prononcée pour un terme de un an à vingt ans.
En cas de condamnation pour une infraction prévue aux articles 379 et 380, §§ 4 et 5, l’interdiction pourra être prononcée pour un terme de un à vingt ans.
§ 3. Sans avoir égard à la qualité de la personne physique ou morale de l’exploitant, propriétaire, locataire ou gérant, le tribunal peut ordonner la fermeture de l’établissement dans lequel les infractions ont été commises, pour une durée d’un mois à trois ans.
Lorsque le condamné n’est ni propriétaire, ni exploitant, ni locataire, ni gérant de l’établissement, la fermeture ne peut être ordonnée que si la gravité des circonstances concrètes l’exige, et ce, pour une durée de deux ans au plus, après citation sur requête du ministère public, du propriétaire, de l’exploitant, du locataire ou du gérant de l’établissement.
La citation devant le tribunal est transcrite à la conservation des hypothèques de la situation des biens à la diligence de l’huissier auteur de l’exploit.
La citation doit contenir la désignation cadastrale de l’immeuble concerné et en identifier le propriétaire dans la forme et sous la sanction prévues à l’article 12 de la loi du 10 octobre 1913 portant des modifications à la loi hypothécaire et à la loi sur l’expropriation forcée et réglant à nouveau l’organisation de la conservation des hypothèques.
Toute décision rendue en la cause est mentionnée en marge de la transcription de la citation selon la procédure prévue par l’article 84 de la loi hypothécaire. Le greffier fait parvenir au conservateur des hypothèques les extraits et la déclaration selon laquelle aucun recours n’est introduit.
§ 4. L’article 389 est applicable à la présente disposition.

Art. 382bis. [L 2000-11-28/35, art. 20, 029; En vigueur : 27-03-2001] Sans prejudice de l’application de l’article 382, toute condamnation pour des faits visés aux articles 372 à 377, 379 à 380ter, 381 et 383 à 387, accomplis sur un mineur ou impliquant sa participation, peut comporter, pour une durée d’un an à vingt ans, l’interdiction du droit :
1° de participer, à quelque titre que ce soit, à un enseignement donné dans un établissement public ou privé qui accueille des mineurs;
2° de faire partie, comme membre bénévole, membre du personnel statutaire ou contractuel, ou comme membre des organes d’administration et de gestion, de toute personne morale ou association de fait dont l’activité concerne à titre principal les mineurs;
3° d’être affecté à une activité qui place le condamné en relation de confiance ou d’autorité vis-à-vis de mineurs, comme membre bénévole, membre du personnel statutaire ou contractuel ou comme membre des organes d’administration et de gestion, de toute personne morale ou association de fait.
L’article 389 est applicable à la présente disposition.

Art. 382ter. [NOTE : par erreur, deux articles différents, dont le présent article, ont été insérés comme articles 382bis dans le Code Pénal. Le présent article a été change en article 382ter par L 2000-11-28/35, art. 19.] [Inséré comme art. 382bis par L 1995-04-13/32, art. 6; En vigueur : 05-05-1995] La confiscation spéciale visée à l’article 42, 1°, peut être appliquée, même si la propriété des choses sur lesquelles elle porte n’appartient pas au condamné.

CHAPITRE VII. - DES OUTRAGES PUBLICS AUX BONNES MOEURS.

Art. 383. Quiconque aura exposé, vendu ou distribué des chansons, pamphlets ou autres écrits imprimés ou non, des figures ou des images contraires aux bonnes mœurs, sera condamné à un emprisonnement de huit jours à six mois et à une amende de vingt-six francs à cinq cents francs.
(Sera puni des mêmes peines quiconque aura chanté, lu, récité, fait entendre ou proféré des obscénités dans les réunions ou lieux publics visés au § 2 de l’article 444.) [L 29-01-1905, art. 1]
(Sera puni des mêmes peines :
Quiconque aura, en vue du commerce ou de la distribution, fabriqué, détenu, importe ou fait importer, transporte ou fait transporter, remis à un agent de transport ou de distribution, annoncé par un moyen quelconque de publicité, des chansons, pamphlets, écrits, figures ou images contraires aux bonnes mœurs;) [L 14-06-1926, art. 1]
Quiconque aura exposé, vendu ou distribué des emblèmes ou objets contraires aux bonnes mœurs, les aura, en vue du commerce ou de la distribution, fabriques ou détenus, importés ou fait importer, transportés ou fait transporter, remis à un agent de transport ou de distribution, annoncés par un moyen quelconque de publicité.) [L 14-06-1926, art. 1]
(Quiconque aura, soit par l’exposition, la vente ou la distribution d’écrits imprimés ou non, soit par tout autre moyen de publicité, préconisé l’emploi de moyens quelconques de faire avorter une femme, aura fourni des indications sur la manière de se les procurer ou de s’en servir ou aura fait connaître, dans le but de les recommander, les personnes qui les appliquent.
Quiconque aura exposé, vendu, distribue, fabriqué ou fait fabriquer, fait importer, fait transporter, remis à un agent de transport ou de distribution, annoncé par un moyen quelconque de publicité les drogues ou engins spécialement destinés à faire avorter une femme ou annoncés comme tels.) [L 20-06-1923, art. 1]
(Alinéas 8 à 10 abrogés) [L 09-07-1973, art. unique]

Art. 383bis. (Voir NOTE sous TITRE) [Inséré par L 1995-04-13/32, art. 7; En vigueur : 05-05-1995] § 1. (Sans préjudice de l’application des articles 379 et 380, quiconque aura exposé, vendu, loué, distribué, diffusé ou remis des emblèmes, objets, films, photos, diapositives ou autres supports visuels qui représentent des positions ou des actes sexuels à caractère pornographique, impliquant ou présentant des mineurs ou les aura, en vue du commerce ou de la distribution, fabriqués ou détenus, importés ou fait importer, remis à un agent de transport ou de distribution, sera puni de la réclusion de cinq ans à dix ans et d’une amende de cinq cents francs a dix mille francs.) [L 2000-11-28/35, art. 21, 029; En vigueur : 27-03-2001]
§ 2. Quiconque aura sciemment possédé les emblèmes, objets, films, photos, diapositives ou autres supports visuels visés sous le § 1er, sera puni d’un emprisonnement d’un mois à un an et d’une amende de cent francs à mille francs.
§ 3. L’infraction visée sous le § 1er, sera punie (de la réclusion) de dix ans à quinze ans et d’une amende de cinq cents francs à cinquante mille francs, si elle constitue un acte de participation à l’activité principale ou accessoire d’une association, et ce, que le coupable ait ou non la qualité de dirigeant. [L 2000-11-28/35, art. 21, 029; En vigueur : 27-03-2001]
§ 4. La confiscation spéciale prévue à l’article 42, 1°, peut être appliquée à l’égard des infractions visées aux §§ 1er et 2, même lorsque la propriété des choses sur lesquelles elle porte n’appartient pas au condamné.
§ 5. (Les articles 382 et 389 sont applicables) aux infractions visées aux §§ 1er et 3. [L 2000-11-28/35, art. 21, 029; En vigueur : 27-03-2001]

Art. 384. [L 14-06-1926, art. 2] (Dans les cas visés à l’article 383), l’auteur de l’écrit, de la figure, de l’image ou de l’objet, sera puni d’un emprisonnement d’un mois à un an et d’une amende de cinquante francs à mille francs. [L 2000-11-28/35, art. 22, 029; En vigueur : 27-03-2001]

Art. 385. Quiconque aura publiquement outragé les mœurs par des actions qui blessent la pudeur, sera puni d’un emprisonnement de huit jours à un an et d’une amende de vingt-six francs à cinq cents francs.
(Si l’outrage a été commis en présence d’un mineur âgé de moins de seize ans accomplis, la peine sera d’un emprisonnement d’un mois à trois ans et d’une amende de cent francs à mille francs.) [L 2000-11-28/35, art. 23, 029; En vigueur : 27-03-2001]

Art. 386. [L 28-07-1962, art. 2] Si les délits prévus à l’article 383 ont été commis envers des mineurs, l’emprisonnement sera de six mois à deux ans et l’amende de mille francs à cinq mille francs.
Dans le même cas et sans préjudice de l’application de l’alinéa 2 de l’article 385, les peines prévues à l’alinéa premier de cet article pourront être portées au double.

Art. 386bis. (supprimé par changement de numérotation) [L 2000-11-28/35, art. 24, 029; En vigueur : 27-03-2001]

Art. 386ter. (supprimé par changement de numérotation) L 2000-11-28/35, art. 24, 029; En vigueur : 27-03-2001]

Art. 387. [L 2000-11-28/35, art. 24, 029; En vigueur : 27-03-2001] (Antérieurement art. 386bis) Sera puni d’un emprisonnement de six mois à deux ans et d’une amende de mille francs à cinq mille francs, quiconque vend ou distribue à des mineurs ou expose sur la voie publique ou le long de celle-ci des images, figures ou objets indécents de nature à troubler leur imagination.

Art. 388. [L 2000-11-28/35, art. 25, 029; En vigueur : 27-03-2001] Dans les cas prévus au présent chapitre, les coupables pourront de plus être condamnés à l’interdiction des droits énoncés à l’article 31.
En cas de condamnation par application des articles 386, alinéa 1er, ou 387 et si l’infraction a été commise dans l’exploitation d’un commerce de librairie, de bouquinerie ou de produits photographiques ou de matériel nécessaire à la réalisation de tout type de support visuel, ou d’une entreprise de spectacles, la fermeture de l’établissement pourra être ordonnée pour une durée d’un mois à trois mois.
En cas de deuxième condamnation du chef de l’un des faits visés à l’alinéa 2, commis dans le délai de trois ans à compter de la première condamnation, la fermeture pourra être ordonnée pour une durée de trois mois à six mois.
En cas de troisième condamnation du chef des mêmes faits, commis dans le délai de cinq ans à dater de la deuxième condamnation, la fermeture définitive pourra être ordonnée. Dans ce dernier cas, les cours et tribunaux pourront en outre interdire aux condamnés d’exploiter, soit par eux-mêmes, soit par personne interposée, une librairie, une bouquinerie, un commerce de produits photographiques ou de matériel nécessaire à la réalisation de tout type de support visuel, une entreprise de spectacles ou un ou plusieurs de ces commerces ou entreprises ou d’y être employés à quelque titre que ce soit.
Lorsque le condamné n’est ni propriétaire, ni exploitant, ni locataire, ni gérant de l’établissement, la fermeture ne peut être ordonnée que si la gravité des circonstances concrètes l’exige. Dans ce cas, l’article 382, § 3, alinéas 2 à 5, est applicable.
L’article 389 est applicable à la présente disposition.

Art. 389. [L 2000-11-28/35, art. 26, 029; En vigueur : 27-03-2001] § 1er. La durée de l’interdiction prononcée en application des articles 378, 382, § 1er, 382bis et 388, alinéa 1er, courra du jour de la condamnation avec sursis ou du jour où le condamné aura subi ou prescrit sa peine d’emprisonnement non assortie du sursis et, en cas de libération anticipée, à partir du jour de sa mise en liberté pour autant que celle-ci ne soit pas révoquée.
Toutefois, l’interdiction prononcée en application de l’article382, § 2, produira ses effets à compter du jour où la condamnation contradictoire ou par défaut sera devenue irrévocable.
§ 2. Toute infraction à la disposition du jugement ou de l’arrêt qui prononce une interdiction en application des articles visés au § 1er sera punie d’un emprisonnement d’un mois à six mois et d’une amende de cent francs à mille francs ou d’une de ces peines seulement.
§ 3. La fermeture prononcée en application des articles 382, § 3, et 388 produira ses effets à compter du jour où la condamnation contradictoire ou par défaut sera devenue irrévocable.
§ 4. Toute infraction à la disposition du jugement ou de l’arrêt qui ordonne la fermeture d’un établissement en application des articles visés au § 3 sera punie d’un emprisonnement de trois mois à trois ans et d’une amende de mille francs à cinq mille francs ou d’une de ces peines seulement.

(Source : Copie le 29/01/2009 de http://www.ejustice.just.fgov.be/loi/loi.htm -Nature Juridique : sélectionner Code Pénal)

Le 13 décembre, Espace P… fête ses 20 ans. A cette occasion, nous organisons au Pathé Palace une série de manifestations auxquelles vous êtes toutes et tous conviés, vous, personnes prostituées, responsables politiques, travailleurs sociaux, sympathisants.

AU PROGRAMME:
- Exposition sur 20 ans de travail dans le milieu de la prostitution
- Pièce de théâtre adaptée des textes de la prostituée et auteur Grisélidis Réal : “Et le respect s’étendra devant nous…” par la troupe Franchement Tu. Cette pièce sera donnée deux fois : à 18h30 et à 21h00, à votre meilleure convenance. Voir un extrait ici
- Buffet
- Soirée Chauffe-Marcel jusqu’aux petites heures.

PAF :
Pièce + buffet : 15 €
Pièce + buffet + soirée : 20 €
Soirée seulement : 7 euros
[Si vous optez pour le buffet, prière de réserver avant le 5 décembre au 02/219 98 74]

Adresse du jour :
Pathé Palace, 85 Boulevard Anspach à - 1000 Bruxelles - VOIR PLAN

Téléchargez notre affiche ici

www.coquelicots-lefilm.be
Sortie belge le 3 décembre 2008
[Film + débat avec Espace P... au Caméo à Namur le 3 décembre]

COQUELICOTS raconte les histoires croisées de trois personnages évoluant dans le milieu de la prostitution, à un moment crucial de leur vie.
Rachel, jeune fille a priori normale qui se prostitue à l’insu de sa famille qui la croit étudiante, Fabrice, qui recrute ces filles haut-de-gamme, et Xénia, l’écorchée vive.
Leurs trajectoires, en ce jour particulier de Noël, vont s’entrecroiser et s’influencer mutuellement.

Romancier, cinéaste, scénariste, dramaturge, Philippe Blasband livre, avec son troisième long métrage, un tableau nuancé de la prostitution, à travers trois héros bouleversants.

www.coquelicots-lefilm.be
Sortie belge le 3 décembre 2008
[Film + débat avec Espace P... au Caméo à Namur le 3 décembre]

Espace P vous invite à participer à la journée de lutte contre le sida, ce 1er décembre à Bruxelles, Place de la Monnaie. De 12h à 19h, les associations engagées proposeront des informations et animations ludiques de sensibilisation au sida et à la solidarité envers les personnes séropositives. A 19h, avec le port du ruban rouge, nous exprimerons de façon concrète notre solidarité en participant à la Marche. Enfin, à 20h, rendez vous à l’Hôtel de ville pour la présentation du patchwork et des messages de solidarité, de prise de conscience, mais aussi d’espoir pour de nombreuses personnes séropositives et leur entourage.

Le 13 décembre, Espace P… fête ses 20 ans. A cette occasion, nous organisons au Pathé Palace une série de manifestations auxquelles vous êtes toutes et tous conviés, vous, personnes prostituées, responsables politiques, travailleurs sociaux, sympathisants.

AU PROGRAMME:
- Exposition sur 20 ans de travail dans le milieu de la prostitution
- Pièce de théâtre adaptée des textes de la prostituée et auteur Grisélidis Réal : “Et le respect s’étendra devant nous…” par la troupe Franchement Tu. Cette pièce sera donnée deux fois : à 18h30 et à 21h00, à votre meilleure convenance. Voir un extrait ici
- Buffet
- Soirée Chauffe-Marcel jusqu’aux petites heures.

PAF :
Pièce + buffet : 15 €
Pièce + buffet + soirée : 20 €
Soirée seulement : 7 euros
[Si vous optez pour le buffet, prière de réserver avant le 5 décembre au 02/219 98 74]

Adresse du jour :
Pathé Palace, 85 Boulevard Anspach à - 1000 Bruxelles - VOIR PLAN

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Ce lundi 8 septembre 2008, le bourgmestre proposera au Conseil Communal la fermeture des salons de prostitution du Quartier Cathédrale Nord. Voici la lettre que nous avons envoyées aux membre du Conseil Communal pour tenter de faire valoir les droits des personnes prostituées.
[Vous pouvez télécharger cette lettre au format PDF]

Voir également
Le point de vue de RTL
.
Le point de vue de RTC

Madame, Monsieur,

Ce mercredi 3 septembre 2008, le Bourgmestre convoquait notre association Espace P ainsi que l’association ICAR pour nous annoncer son désir irrévocable de procéder à la fermeture urgente des salons de prostitution situés rue de l’Agneau et rue du Champion.
Nous, travailleurs d’Espace P, aimerions dans ce courrier vous présenter les positions exprimées par M. le Bourgmestre lors de cette entrevue du 3 septembre et soumettre à votre analyse quelques éléments d’information issus de notre pratique du terrain riche de 20 ans d’action dans les divers milieux des métiers du sexe.
Précisons que si la presse rapporte les propos de M. le Bourgmestre selon lesquels la fermeture des salons se ferait en accord avec les associations de terrain, c’est qu’elle n’a pas recoupé l’information : nous y sommes farouchement opposés !

[Remarque liminaire : par « salons de prostitution », comprenez « bordels à vitrine »]

Les arguments de M. le Bourgmestre pour justifier la fermeture des salons de prostitution du quartier Cathédrale Nord étaient les suivants :
– Le Parquet et la Police « ne contrôlent plus rien ».
– L’autorité du Bourgmestre est narguée par les dealers qui oeuvrent à moins de 50 mètres de son cabinet.
– Il y a une forte pression immobilière sur le quartier Cathédrale Nord.
– Les commerçants et les habitants en ont marre.
– Les associations de terrain comme Espace P… et ICAR qui, comme le rappelle M. le Bourgmestre, sont suspectées par le sens commun d’être complices de la misère puisqu’elles en vivent, n’apportent aucune solution concrète aux problèmes du quartier.
– Les clients sont attirés par les vitrines, mais ceux qui n’ont pas assez d’argent se rabattent sur les prostituées de rue qui ont toujours un copain qui les pousse à faire ça, il faut donc supprimer la prostitution de vitrine pour mettre fin aux trafics de rue.

Les arguments de M. le Bourgmestre pour justifier le caractère urgent de la mesure étaient les suivants :
– Un rapport du Parquet dont il ne nous a lu qu’un extrait et dont le choix nous a paru pour le moins paradoxal puisqu’il exprimait le risque, en cas de fermeture des salons de prostitution, de voir passer les personnes prostituées dans la clandestinité.
– Les travaux du Conseil Communal Consultatif sur la Prostitution (rassemblant régulièrement la Police des Mœurs, la Substitut du Procureur, M. Mantovani et les associations de terrain spécialisées en prostitution) n’envisagent pas la création d’un Eros Center cogéré par le secteur associatif endéans 2 ans. Trop long.
– Il est plus facile de fermer un quartier de prostitution que de créer un Eros Center.
– Une fois qu’on est dos au mur, la seule solution qu’il reste est d’avancer.
– C’est comme ça ! De toute façon, ça sera voté lundi.

En réponse à cet exposé de M. le Bourgmestre, nous aimerions soumettre à votre analyse nos réflexions fondées sur une expertise du milieu de la prostitution riche de 20 ans d’action dans les quartiers chauds de Liège, de Bruxelles, de Namur et de Charleroi.

Voici donc quelques arguments d’Espace P CONTRE le projet d’éradication de la prostitution dans le quartier Cathédrale Nord :

– Le quartier Cathédrale Nord est un quartier qui a un réel besoin de revitalisation. Il est, pour beaucoup de gens qui y parquent leur voiture le premier point de contact avec la ville ; il est, pour beaucoup de gens qui y vivent ou y travaillent (en ce compris, les personnes prostituées), la cause d’un sentiment d’insécurité au quotidien. Plusieurs expérimentations urbaines montrent qu’il est tout à fait possible de rénover un quartier chaud, d’y accueillir des projets combinant habitat familial, commerces et autres activités économiques sans pour autant en éradiquer les personnes prostituées. On le voit à Anvers, on le voit dans plusieurs villes de Suisse et d’Espagne : les projets urbanistiques qui ne désignent pas des boucs-émissaires mais, au contraire, cherchent à intégrer toutes les dynamiques de la vie en société en proposant à chacun sa part du bénéfice collectif, créent les conditions d’un épanouissement citoyen durable. A contrario, le puritanisme et le prohibitionnisme, comme réponses à la prostitution et à la toxicomanie, condamnent une ville à la surenchère policière permanente, les causes de la détresse sociale ne disparaissant pas sur décret. La lutte réglementarisée et policière contre les phénomènes sociaux marginaux conduit par nature à une précarisation accrue des individus, on le remarque en Suède, aux Etats-Unis, en Russie, en Chine. Pensez-vous que Cathédrale Nord échapperait à cette mécanique ?

– Le quartier Cathédrale Nord est un quartier dans lequel se tiennent prostitution de salon (vitrines), prostitution de rue, vente et consommation de drogues. Mais l’observation d’autres lieux de prostitution montre qu’il n’y a pas de lien obligatoire entre ces différents phénomènes. A Seraing, à Hognoul, à Namur, à Anvers, et même, sans aller très loin, rue Varin, la prostitution en vitrine n’est nullement accompagnée d’une prostitution de rue telle qu’on la connaît dans le quartier Cathédrale-Nord. D’autre part, à Bruxelles, à Paris, dans de nombreux endroits d’Espagne, la prostitution de rue n’implique pas de trafic de drogues au grand jour ni de consommation en rue. Une analyse poussée de la spécificité du quartier Cathédrale Nord, associée à une volonté politique constructive, éventuellement expérimentale, pourrait à très court terme supprimer la proximité et la confusion entre ce qui est légal (la prostitution de salon, la prostitution de rue discrète) et ce qui ne l’est pas (le racolage actif, la vente et la consommation de drogues en rue). Nous suggérons par ailleurs depuis plus de dix ans l’installation d’une zone où la prostitution de rue ne constituerait pas une nuisance visuelle pour les riverains (il existe des procédures éprouvées pour contrer le phénomène NIMBY)et nous appuyons avec force les demandes des associations de réduction des risques en matière de toxicomanie pour que des lieux de consommation adaptés aux pratiques soient mis en place. Tout cela n’est pas une molle ritournelle du milieu associatif : partout où la volonté politique se permet d’oser, des solutions se dégagent et produisent des effets rapides. Nous pensons que l’énergie qu’il faudra déployer en moyens policiers pour assurer la dispersion et la dilution des activités illégales du quartier Cathédrale Nord vers le reste de la ville serait plus profitablement et plus durablement convertie en actions positives visant à organiser les phénomènes pour mieux les gérer. Certes, en matière de prostitution et de toxicomanie, nulle autorité communale ne désire se voir taxer de proxénète ou d’incitant à la consommation de drogues pour avoir proposé des solutions trop avant-gardistes… mais le milieu associatif liégeois n’est pas frileux et est prêt à s’impliquer pour mettre en place des moyens concrets et rapides pour restreindre les nuisances liées à la prostitution de rue et à la toxicomanie de rue sans passer par des solutions policières cache-misère de criminalisation de la détresse. Nous avons pu constater, au vu de sa détermination, que M. le Bourgmestre a les épaules qu’il faut pour bousculer les habitudes d’un quartier. Mais pourquoi aller, seul avec la police, dans le sens de la prohibition et de la répression quand, par ailleurs, il pourrait compter sur le soutien de tout le milieu associatif pour mettre en place une politique tout aussi radicale mais axée sur des actions constructives et durables ?

– Les rues de l’Agneau et du Champion où se trouvent les salons de prostitution visés par l’interdiction sont le lieu de travail de 150 personnes prostituées, toutes enregistrées et régulièrement contrôlées, sans exception, par les services de police. Elles constituent une population qui, de l’avis même de la police des mœurs que nous croisons souvent sur le terrain, est non-problématique en tant que telle. Elle est composée en majeure partie de mères de familles, indépendantes de toute forme de proxénétisme, sans lien avec le milieu de la toxicomanie. Elle aspire à une vie tranquille et discrète. Non comprenons difficilement, si le problème à régler réside dans les divers trafics qui se trament dans les rues avoisinantes, pourquoi il conviendrait de fermer les commerces de ces travailleuses du sexe qui n’ont rien à voir avec lesdits trafics. Nous craignons que les personnes prostituées travaillant en salon, dont les activités, rappelons-le, n’enfreignent ni le droit belge ni la réglementation communale liégeoise, soient sacrifiées au nom de l’inconfort visuel et sécuritaire que constituent les activités qui ont lieu alentour. Par ailleurs, nous ne voulons pas croire que M. le Bourgmestre puisse succomber à la tentation de faire place nette dans le quartier pour accéder aux souhaits des promoteurs immobiliers.

– Nous ne diabolisons pas la promotion immobilière et nous sommes conscients que des projets novateurs d’envergure ramenant du luxe et de la croissance dans un quartier frappé de morosité sont une aubaine que Liège ne doit pas laisser filer. Nous sommes prêts à mettre notre expertise du secteur et toute notre force de conviction pour, en partenariat avec les autorités communales et les promoteurs commerciaux et immobiliers, envisager les modalités de coexistence entre l’âme historique d’un quartier dédié depuis plus d’un siècle à la prostitution et les ambitions de rentabilité sans lesquelles la rénovation de Cathédrale Nord n’aura pas lieu. Oui, cela est possible. N’est-ce pas même, carrément, souhaitable ?

– Nous constatons, au vu de l’expérience suédoise, que la prohibition de la prostitution mûrement réfléchie, assortie de riches plans de requalification et décidée dans un souci de ne pas criminaliser les personnes prostituées n’a pas évité un désastre social et une régression drastique des conditions sanitaires de travail. Nous nous permettons donc de douter que la prohibition, même partielle, planifiée dans l’urgence, produise des effets moins dévastateurs.

LES DEMANDES D’ESPACE P :

– Nous demandons à M. le Bourgmestre, aux membres du Conseil Communal et à tous les Liégeois soucieux de justice sociale de refuser la mise au ban des travailleuses du sexe exerçant dans les rues du Champion et de l’Agneau.

– Nous demandons que les personnes prostituées de rue, qui à Liège sont à plus de 95% en proie à des problèmes de toxicomanie, soient orientées vers un lieu où elles pourront exercer leur activité à l’abri du harcèlement policier.

– Nous relayons la demande des associations de réduction des risques en matière de toxicomanie, de voir ouvrir des lieux de consommation de drogues adaptés aux pratiques.

– Nous demandons que ne soit envisagée la solution extrême de fermer ces deux rues à la prostitution qu’à la condition qu’un lieu de travail alternatif de type Eros Center ou autre ait été mis en place entre temps.

L’équipe des travailleurs d’Espace P

P.S. : D’un point de vue plus général, en vrac et pour votre information :

– La prostitution est légale en Belgique. Il est faux de parler de tolérance qui sous-entendrait qu’elle serait interdite en théorie et acceptée dans les faits. Seuls le racolage, le proxénétisme et la prostitution auprès de clients mineurs sont interdits.

– En droit belge, le racolage est un acte concret de sollicitation et d’incitation à la débauche. Attendre qu’un client vous demande si vous vous prostituez ne constitue nullement un délit. Par contre si vous lui suggérez vous-même de se livrer à la débauche, vous êtes condamnable… Dans la pratique, Espace P n’a jamais eu vent de la moindre condamnation pour racolage à Liège.

– L’opération de lutte contre la vente de drogues en rue qui s’est tenue le 26 juin dernier sous les acclamations des habitants et des commerçants du quartier Cathédrale Nord a produit des effets visibles dont on ressent encore les bénéfices aujourd’hui : la vente et la consommation de drogues au grand jour se sont considérablement réduites. Nous avons du mal à croire que la conclusion à tirer d’une telle opération soit, comme le suggère M. le Bourgmestre, que la « Police et le Parquet ne contrôlent plus rien ».

– L’association Espace P…, fondée en 1988 sous une première appellation «Prévention-Sida-Prostitution», est totalement indépendante des milieux politiques, composée exclusivement de professionnels du secteur psycho-médico-social et notre vocation est d’apporter un soutien psychologique, médical, social, administratif et juridique à toutes les personnes prostituées, dans une approche non-jugeant

Six jeunes scharbeekois du quartier Nord de Bruxelles cohabitant avec le milieu de la prostitution vous proposent aujourd’hui de partager leur regard neuf sur ce quartier ainsi que les fruits de leur travail basé sur la richesse des rencontres et l’ouverture vers d’autres réalités que celles ancrées dans les stéréotypes. Loin des clichés d’une jeunesse insouciante ou révoltée, ils posent un regard honnête et nuancé sur des thèmes tels la richesse multiculturelle, la problématique des sans- papiers, l’insécurité ou encore la prostitution.
Un projet de l’ASBL Espace p…en partenariat avec le CEDAS et Pléiade Nord.

Vous pouvez vous télécharger ici les morceaux ou vous procurer le cd pour 3€ à l’asbl Espace P…,116 rue des plantes 1030 Bruxelles. Tél : 02/219.98.74.

1-Premier souffle (télécharger)

2-Prostitution (télécharger)

3-Quartier-bis (télécharger)

4-Insécurité (télécharger)

5-Richesse des bleds (télécharger)

6-Richesse des bleds2 (télécharger)

7-Premier souffle 2 (télécharger)

Sonia interviewée

12.06.2007

Interview de Sonia dans le cadre de la sortie du CD “Premier souffle” du groupe Larmes de Schaerbeek sous l’impulsion d’Espace P… en collaboration avec les CEDAS et Pléiade Nord


(Interview réalisée par alterechos.be)

Jeunes prostitués et réponses sociales
Prostitution des mineurs en Communauté française :
Etat des lieux et recommandations

Par
Le Ministère de l’Enfance,
de la Santé et de l’Aide à la jeunesse
en Communauté française
et Le Nid a.s.b.l.

 

(fichier .doc à télécharger - 800k)

 

Une bannière d’Espace P… pour votre site ? Vous avez notre accord : laissez-nous simplement l’adresse de votre site en commentaire. Merci.

Format 468×60 (ici affichage réduit, mais installée sur votre site, elle aura le bon format)

Format 120 x 60

Un guide du client

19.03.2007

Suite à un article paru dans la DH, plusieurs personnes nous ont demandé un exemplaire du “Guide du Client”. Vous pourrez le lire sur le site de nos confères canadiens Constellation.

Magazine n°43

17.02.2007


CONSULTER au format PDF

Magazine n°42

17.02.2007


CONSULTER au format PDF

Espace P… Radio

24.11.2006

Ca se passe ici, ça se passe ailleurs. Ca se passe près de chez vous. Certains en parlent, d’autre pas. Elle peut être tolérée, acceptée ou encore rejetée. Et pourtant, elle existe. Nous vous parlons de la prostitution, de ses réalités et du monde des néons.

« D’une réalité à l’autre ».
Ils ou elles en vivent.
Vous la côtoyez.
Tu la fréquentes.
Discutons-en.
« D’une réalité à l’autre »

Tous les derniers mardis du mois de 11h à 12h sur radio Panik, 105.4 à Bruxelles

Nous vous proposons pour ce septième rendez vous, le mardi 27 février à 11h, d’aborder le thème: des dépendances affectives et sexuelles. Invités de cette émission:Marie, licenciée en psychologie.

Nous attendons vos remarques, vos suggestions, vos réflexions, vos questions. Sur notre adresse mail : dunerealitealautre@hotmail.com

Nous prendrons le soin de vous répondre.

Espace P… propose au prix de 10 euros une bande dessinée, BruXXXelles Nord, illustrant un certain regard sur la prostitution. Nous utilisons régulièrement cet ouvrage comme support à des animations au sein de groupes intéressés par la réflexion sur les diverses problématiques rencontrées par nos travailleurs sur le terrain de la prostitution.

Nos animations sont structurées selon un shéma disponible ici au format word.

Du 19 septembre au 16 octobre, une cinquantaine de bus des principales lignes liégeoises sera flanquée d’une grande affiche rappelant aux clients des personnes prostituées la nécessité de porter le préservatif.

En effet, d’après une étude réalisée en 2005 par Espace P, en collaboration avec le planning familial “Collectif contraception”, un client sur trois est demandeur d’une passe sans préservatif. Par ailleurs, les personnes prostituées témoignent du fait que certains clients sont prêts à multiplier les demandes afin de tomber sur une personne qui accepterait la demande de rapports non protégés, tandis que d’autres tentent d’arriver aux mêmes fins en faisant monter les enchères.

Les conditions d’excercice de la prostitutions allant vers toujours plus de précarité, ces demandes répétées de la part des clients poussent certaines personnes prostituées à accepter les risques, parfois par manque d’informations. Car de nombreuses personnes croient encore -pour ne prendre qu’un simple exemple- que la fellation sans préservatif est sans risque. Or, si le sida se transmet statistiquement moins par la fellation que par la pénétration vaginale ou anale, il passe tout de même ; par ailleurs, une fellation non protégée peut également transmettre de nombreuses autres maladies sexuellement transmissibles telles que l’hépatite B, la syphillis, le chlamydia, l’herpès génital, etc…

C’est donc pour apporter un soutien aux prostituées et un support de discussion entre elles et leurs clients, que nous lançons cette campagne, en partenariant avec Icar, Le Nid, Le Relais Social du pays de Liège, Sid’Action, La Plateforme Prévention Sida, La Province de Liège, La Communauté française, et la Région Wallonne.

Parrallèlement à cette campagnes d’affichage sur les bus, des posters et des pochettes de préservatifs reprenant des informations plus techniques seront distribuées aux personnes prostituées et aux clients.

Couverture presse :
Journal Télévisé RTC Liège du 19 septembre : 7 Mo, format wmv

Bruxelles Laïque, Espace P… et Liaison Antiprohibitionniste vous invitent le jeudi 23 Mars 20006 à l’Espace Flagey (Place Flagey à Bruxelles) pour une grande journée d’étude sur le thème :

Promotion de la peur, prohibition de la raison ?

Hymne à Isis

25.01.2006

Parce que je suis la première et la dernière
Je suis la vénérée et la méprisée
Je suis la prostituée et la sainte
Je suis l’épouse et la vierge
Je suis la mère et la fille
Je suis les bras de ma mère
Je suis la stérile et mes enfants sont inombrables
Je suis la bien mariée et la célibataire
Je suis celle qui donne le jour et celle qui n’a jamais procréé
Je suis la consolation des douleurs de l’enfantement
Je suis l’épouse et l’époux
Et c’est mon homme qui m’a créée
Je suis la mère de mon père
Je suis la soeur de mon mari
Et il est mon fils rejeté
Respectez-moi toujours
Car je suis la scandaleuse et la magnifique…

Hymne à Isis, 3e ou 4e siècle ap. J.-C.,
découvert à Nag Hamadi

La nouvelle a fait l’effet d’une petite bombe dans le quartier bruxellois où se pratique la prostitution de rue. La commune de 1000 Bruxelles votait une taxe communale de 2.500 euros par local pour les hôtels de « passe » situés sur le territoire de la commune. Par hôtel de passe il faut entendre un hôtel qui n’exige pas d’enregistrement de la clientèle et qui loue ses chambres à l’heure. Le non payement de cette taxe entraînerait la fermeture pure et simple de l’établissement. Les déclarations du bourgmestre à cet égard sont sans équivoque : l’objectif est la fermeture des hôtels de passe qui, selon lui, sont la cause principale de la présence des prostituées aux alentours et, de surcroît, de la traite des êtres humain. La prostitution de rue est historiquement implantée dans ce quartier, ce qui ne manque pas d’attirer les foudres des habitants qui se plaignent des nombreuses nuisances liées à cette activité et qui depuis quelques temps se sont regroupés en comité Alhambra (du nom du quartier) et font sans cesse pression sur le bourgmestre pour qu’il chasse les personnes prostituées de «leurs» rues. A cet égard diverses mesures communales ont été prises telles que l’inscription de ces rues au régime de la circulation locale, l’augmentation des contrôles et des arrestations par la police, etc….. mais rien n’y fait, les demoiselles sont toujours là…

S’il est vrai que les riverains subissent de réelles nuisances (sonores essentiellement), délocaliser n’a jamais rien résolu ! En effet, fermer les hôtels de passe revient a précariser les conditions de travail des prostituées et prostitués de rues en leur coupant l’accès aux sanitaires (pourtant bien utiles au vu de la nature du travail), à la sécurité ainsi qu’au réconfort procuré par la chaleur et la tasse de café qu’offrent ces hôtels lorsque les personnes prostituées décident de faire une pause. Quant à l’argumentaire de lutte contre la traite des êtres humains il est tout a fait erroné, car peut importe le lieux, ces filles seront contraintes de se prostituer et les renvoyer vers des endroits plus clandestins diminue leurs accès aux soins de santé, aux démarches sociales et aux informations diffusées par les associations de terrain.

Que faire dès lors ? Espace P prône la création de “zones P”, où la prostitution serait acceptée et dans lesquelles seraient implantées des structures répondant aux besoins de ce type d’activité.


[ENGLISH : SEE BELOW]
Consultez les 120 photos de la manifestation
des travailleurs du sexe qui s’est tenue à
Bruxelles le 17 octobre 2005.
***Les photos une par une***
**Idem en diaporama automatique**
Les originaux à plein format (8 Millions de pixels)
sont rassemblés sur un CD disponible pour 30 euros.
Possibilité de tirage professionnel 20×30cm : 25 euros pièce.
Prenez contact ici : espacepliege@gmail.com

*******ENGLISH*******

Review the 120 photos of the Sex Workers Demonstration,
Brussels octobrer 17th 2005.
***Photos one by one***
**The same in a slideshow**
The 120 original pictures (8 Million pixels)
are available on CD : 30 euros.
Professional printing (20×30cm) : 25 euros each.
Contact : espacepliege@gmail.com

Magazine n°37

15.09.2005


CONSULTER au format PDF

Insertion : Conférence européenne sur le travail du sexe
Formation : Wendo, le chemin des dames
Santé : Sida, ne baissez pas la garde !

Magazine n°36

15.09.2005


CONSULTER au format PDF

Société Handi Sex : pas handicapés du sexe !
Ailleurs : Légalisation de la prostitution à Amsterdam

Magazine n°35

15.09.2005


CONSULTER au format PDF

Société Prévention en plusieurs langues

Magazine n°34

15.09.2005

Bientôt en ligne.

Magazine n°33

15.09.2005

Bientôt en ligne.


CONSULTER au format PDF

Dossier Spécial : Yazz, Jackie et Corto
Divers : Préservatifs : classiques ou renforcés ?


CONSULTER au format PDF

Dossier Spécial : Le client
Divers : Les parents qui surparentent
Témoignage : job d’étudiante, prostituée


CONSULTER au format PDF

Dossier Spécial : Prostitution : comment en parler à ses enfants ?
Divers : Comment contester l’impôt ?
Témoignage : “Non retour”