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TABLE DES MATIERES

I. Présentation de l’asbl
II. Nos activités de promotion de la santé
III. Notre campagne de vaccination gratuite contre l’hépatite B
IV. Le recueil de données épidémiologiques
V. Notre action sociale
VI. Nos partenariats
VII. La diffusion de notre expérience
VIII. La formation des travailleurs et leur supervision
IX. Un projet de manifestations pour faire le point et faire la fête.
X. Budget demandé

I. Présentation de l’asbl

Espace P…est un centre d’accueil, d’aide et d’orientation pour les personnes prostituées, serveuses, clients et leur entourage.

1/ Historique
Espace P… a.s.b.l. (anciennement dénommée Prévention Sida Prostitution) a été créée en 1988 sous l’impulsion de quelques médecins qui avaient dans leur clientèle des femmes confrontées à la prostitution, avec comme première mission la prévention du sida et des MST. Une enquête épidémiologique est réalisée auprès de 458 femmes. Elle révèle la nécessité de développer sur le terrain une aide psycho-médico-sociale d’où la création en 1990 des antennes Espace P… à Liège et Bruxelles d’abord, puis à Namur et à Charleroi. Des permanences sont ouvertes au cœur des quartiers chauds et un travail de proximité se développe. Une permanence téléphonique destinée aux clients est également mise en place qui recueillera plus de 2000 appels. Les travailleurs de rue diffusent sur le terrain des informations et du matériel de prévention.

En 1993, l’antenne de Liège met en place un programme d’émancipation et d’insertion socio- professionnelle qui vise d’une part le soutien des personnes prostituées dans la lutte contre les violences, l’exploitation, les discriminations et la stigmatisation dont elles sont victimes, l’amélioration de leurs conditions de travail et d’autre part, la possibilité pour elles de s’insérer socialement afin d’accéder plus facilement à un choix de vie différent le moment voulu. En 1995, ce programme sera mis en place également à Bruxelles, financé par la Cocof. Ces différentes approches sociales, progressistes, ont permis à l’association d’accroître ses contacts avec le public cible et d’autre part, ont conforté ESPACE P… dans son expertise de la problématique prostitutionnelle. Par la suite, de nouveaux projets ont offert de nouvelles perspectives.

En 94, à Bruxelles, une synergie étroite s’est développée avec le projet LAMA nous permettant de prendre en charge les usagers de drogues liés à la prostitution. Une permanence médicale et psychologique spécialisée leur est destinée 4 heures/semaine.

Depuis 95, nous collaborons avec les centres PAG-ASA et SURYA spécialisés dans l’accueil des victimes de la traite des êtres humains. Des jobistes originaires du Congo, du Ghana, d’Albanie, d’Amérique Latine, de Russie et de Bulgarie, deviennent des relais culturels efficaces pour aborder sur le terrain et de nuit les personnes prostituées de leurs pays.

En 1995 encore, une campagne de vaccination gratuite contre l’hépatite B voit le jour assortie d’une enquête épidémiologique. Cette même initiative est opérationnelle en Région wallonne depuis 98.
En février 2000, nous obtenons un agrément de la Région bruxelloise en tant que Centre d’Action Sociale Globale et développons nos partenariats avec le réseau social bruxellois en participant à différents groupes de réflexion.

En 2001, nous coordonnons un projet européen d’aide et d’information aux prostituées albanaises, russes, moldaves et bulgares en collaboration avec des associations italienne, françaises, hollandaise, luxembourgeoise et flamandes dans le cadre du programme européen DAPHNE. La même année, nous représentons la Belgique au sein du réseau européen TAMPEP qui coordonne un programme d’information sur la santé à l’intention des prostituées migrantes.

Nous participons activement à toutes les réunions des contrats de quartiers développés sur Saint Josse et Schaerbeek afin de défendre l’intérêt de notre public mais aussi de jeter les bases de projets destinés à améliorer la cohabitation entre les prostituées et les habitants.

Nous apportons notre soutien au Collectif « Carré de Dames ».

Nous participons à l’élaboration d’un «manifeste pour une vision plus juste du travail du sexe » que nous diffusons auprès de tous nos partenaires en réaction à la proposition de loi de Madame Lizin qui vise à pénaliser le recours à la prostitution. Nous entamons une «croisade » de sensibilisation auprès des politiques, de la presse, et entraînons le Collectif «carré de Dames » à notre suite dans les débats…

Nous participons à la mise en activité de notre site web : http//www.espacep.be.tf

2/ Objet social de l’asbl
Extraits des statuts parus au Moniteur :
« L’association a pour but la sensibilisation, l’information et la prévention visant à réduire la transmission du virus HIV et des autres MST, parmi la population des personnes prostituées; la formation de personnes-relais volontaires afin d’adapter au mieux l’information ;
la prise en charge de tous les problèmes relatifs au dépistage volontaire ;
l’accompagnement des personnes séropositives ou malades et de leur entourage en ce compris la défense de leurs intérêts matériels et juridiques ;
l’étude des problèmes de santé compte tenu de leurs aspects psycho- sociologiques ;
l’association se montrera particulièrement soucieuse du respect de la liberté individuelle et de la vie privée;
elle s’opposera à toute atteinte à la dignité de la personne humaine. » Moniteur Belge du 16/03/1989.

« L’association « Prévention Sida Prostitution » porte désormais le nom ESPACE P…
La sensibilisation, l’information et la prévention du sida restent un but prioritaire de l’association qui élargit son intérêt vers d’autres problématiques liées au phénomène prostitutionnel : traite des êtres humains, toxicomanie, pauvreté, violence… » Moniteur Belge du 8/03/1993.

« L’objet social s’étend aux personnes prostituées et serveuses. L’association a pour vocation nouvelle l’émancipation et l’insertion socio-professionnelle du public visé » Moniteur Belge du 14/08/1997.

« L’asbl a pour mission de développer une action sociale globale, c’est-à-dire une action sociale qui comprenne tant une approche individuelle, que collective et communautaire. L’association assure aux bénéficiaires, notamment, un accueil, une analyse de leurs situations problématiques, une orientation, un accompagnement, un suivi. Elle vise à apporter des réponses individuelles ou collectives à des problématiques elles aussi individuelles ou collectives. Elle propose une aide personnalisée mais vise également des changements sociaux qui vont dans le sens de lutter contre l’exclusion et la précarisation des personnes prostituées, à instaurer des dynamiques de solidarité et de prise de responsabilité. Elle implique des intervenants politiques, institutionnels, administratifs, associatifs et favorise la participation des bénéficiaires dans ses réflexions et actions concrètes. » Moniteur Belge du 06/04/2000.

3/ Membres Fondateurs

Madame Deanna Baeza, Madame Danielle Dufour, Monsieur Charles Germeau, Madame Manuelle Krings, Monsieur Jean-Claude Legrand, Monsieur Philippe Renard, madame Danielle Sondag, Madame Lise Thiry, Docteurs en médecine,
Monsieur Michel Vincineau, Professeur de droit,
Madame Maureen Louhenapessy, assistante sociale.

Ils sont également Membres d’Honneur.

4/ Conseil d’Administration en 2003

DISNEUR Charles, juriste du Foyer Laekenois, Président.
RAEDEMAKER Anne-Françoise, philosophe, coordinatrice de l’asbl Dune
FRANCOIS Catherine, assistante sociale et sexologue.
MOUCHART Philomène, institutrice.
HOBSIG Fuji, coordinatrice de l’asbl Rénovas impliquée dans les contrats de quartier de Schaerbeek
MADOKI Marceline, médecin, coordinatrice del’asbl Matonge

5/ Présentation des équipes en 2003

Notre équipe à Bruxelles est composée de trois assistants sociaux temps plein, Isabelle JARAMILLO, Fabian DRIANNE, Nathalie GOOS, d’une secrétaire mi-temps, Evangéli VAMVAS, d’un médecin (six heures/semaine), Colette PREVOST, d’une travailleuse de rue temps plein, Vicky NGAFANI, d’une éducatrice mi-temps, Laeticia TAYLOR et d’un comptable mi-temps, Jean-Claude MENTION.
L’équipe est coordonnée par Isabelle JARAMILLO

L’équipe de Liège est composée d’une éducatrice spécialisée, Julie BECHET, d’un assistant social mi-temps Adrien PIERANTONIO, d’une psychologue quart temps, Dominique BIETHERES, d’un licencié en Sciences de la Communication temps plein, Quentin DELTOUR et d’une secrétaire mi-temps, Jacqueline TIMMERMANS
L’équipe est coordonnée par Quentin DELTOUR

L’équipe de Namur est composée d’une éducatrice mi-temps, Jacqueline COLLIN et d’un gradué en médiation sociale temps plein, Alexandre WANET.

L’équipe de Charleroi est composée d’une éducatrice temps plein, Bernadette PIERARD, d’une assistante sociale mi-temps, Sabine GAMBIER et d’une psychologue temps plein, Cécile CHERONT.

6/ Philosophie de l’asbl

Notre approche est non-directive, c’est-à-dire qu’elle respecte sans jugement moral le choix de vie des personnes. Nous aidons donc les personnes prostituées qui veulent quitter le milieu de la prostitution tout comme nous intervenons auprès de celles qui choisissent de rester prostituées.

Nous abordons les personnes dans leur globalité en nous intéressant autant à leur situation individuelle (psycho-médico-sociale) qu’à leur situation collective en tant que minorité sujette aux discriminations et/ou à l’exclusion, l’exploitation, la violence.

Notre philosophie d’action s’oriente vers la reconnaissance des personnes prostituées en tant que citoyennes comme les autres avec une spécificité professionnelle ou sociale à ne pas gommer. Cela dit, reconnaître qu’un certain nombre de personnes choisissent de se prostituer n’exclut pas un regard critique sur le phénomène de la prostitution en tant que tel. Il ne s’agit pas , pour nous, travailleurs de terrain, de banaliser les conséquences sociales et psychologiques d’une telle activité. Mais en tant que professionnels, nous voulons maintenir un équilibre serein entre idéal et pragmatisme. Sans cesse, nous veillons à dépassionnaliser le débat sur la prostitution afin d’intervenir avec éthique et déontologie sans victimiser à outrance et sans diaboliser. Nous réfléchissons à la situation politique et juridique de la prostitution afin d’infléchir sur les décisions des pouvoirs publics. Notre pratique quotidienne et permanente nous démontre que le système abolitionniste qui laisse les prostituées hors du champ du travail et pénalise les outils qui permettent à l’activité de se réaliser de manière visible a des côtés pervers et néfastes pour les personnes prostituées. Notre souci constant est d’améliorer le statut et les droits des personnes prostituées tout en optant pour une criminalisation de toute forme d’exploitation et de traite des êtres humains. Nous réfléchissons à l’utilité de prévoir un statut de salarié adapté en plus du statut d’indépendant.

Nous considérons qu’il n’est pas souhaitable de juger l’activité de prostitution indigne. Poser la question en ces termes stigmatise la personne et la cantonne dans une image dégradante et dévalorisante. La dignité et le respect de soi ne sont pas liés à la pratique sexuelle. Les personnes qui se prostituent n’ont pas toutes un sentiment négatif d’elles-mêmes. Ce qui nous amène dans notre travail quotidien à combattre les stéréotypes en vigueur. L’univers de la prostitution est complexe et il n’existe pas un profil bien défini de la personne prostituée, ni un itinéraire précis et déterminé d’entrée en prostitution. L’important à Espace P…, c’est l’absence d’à priori moral pourtant très présent dans certaines O.N.G. abolitionnistes qui se positionnent contre la prostitution en ces termes :
« La prostitution et le mal qui l’accompagne sont incompatibles avec la dignité et la valeur de la personne humaine et mettent en danger le bien-être de l’individu, de la famille et de la communauté. »

Espace P…opte pour un système néo-réglementariste considérant que la prostitution est une activité vécue comme une profession qui, en tant que telle, doit être assortie d’une réglementation du travail spécifique. Les personnes prostituées elles-mêmes mettent en avant leurs compétences professionnelles liées au respect de certaines règles de l’activité.

Faut-il aller jusqu’à réglementer les bars, maisons closes, saunas et admettre l’existence de patron(e)es ? Nous pensons que oui. L’objectif doit être à la fois de lutter plus efficacement contre l’exploitation et de maintenir le milieu hors de la clandestinité. Des conventions collectives devraient permettre aux prostituées salariées de défendre une part plus importante de leurs revenus face à leurs patron(n)es. La solution d’appliquer la loi actuelle sur le proxénétisme, de fermer les maisons de prostitution de poursuivre systématiquement les patron(n)es risque d’entraîner une augmentation de la prostitution en privé, complètement incontrôlable..

II. Nos activités de promotion de la santé

Objectifs :

1/ Eviter la propagation du sida et autres MST parmi les personnes prostituées et leurs clients

Cela implique comme objectifs secondaires :
A/ -améliorer les connaissances des personnes prostituées sur le sida et les autres MST
B/-améliorer le savoir-faire des personnes prostituées pour négocier l’usage du préservatif par le client et le safer-sexe.
C/-améliorer les connaissances sur la séropositivité et en conséquence la solidarité avec les séropositifs
D/-augmenter la fréquence d’utilisation du préservatif et du lubrifiant chez les personnes prostituées
E/-diminuer la fréquence de l’usage abusif de douches vaginales chez les personnes prostituées
F/-augmenter la fréquence de l’usage d’éponges vaginales au benzalkonium pendant les règles qui limitent les risques de contamination en cas de rupture de la capote (produit virucide)..
G/-diminuer la fréquence du partage de seringues et de l’ensemble du matérield’injection chez les prostitué(e)s toxicomanes
H/-améliorer la pertinence des dépistages HIV et MST chez les personnes prostituées
-faciliter l’accès au dépistage HIV et MST des personnes prostituées exclues des soins
J/-aider les personnes prostituées endettées, exploitées et exclues socialement à retrouver un statut socio-économique décent afin d’avoir la possibilité de refuser les propositions de passes sans préservatifs (budgets régionaux)
K/-lutter contre les taxations abusives dont sont de plus en plus victimes les personnes prostituées et qui ont pour effet de les pousser à accepter des clients sans utilisation du préservatif pour pouvoir faire face à des frais trop élevés (budgets régionaux).
L/-organiser la défense des personnes prostituées face aux projets de fermetures des salons de prostitution et aux projets de loi visant à pénaliser la prostitution (budgets régionaux).
M/-améliorer les conditions de travail des personnes prostituées afin qu’elles puissent pratiquer leur activité sans travailler dans la clandestinité et limiter leurs heures pour garder la possibilité de refuser les clients sans préservatifs (budgets régionaux).
N/-améliorer l’écoute et la prise en charge des problèmes prioritaires des personnes prostituées, condition indispensable au bon accueil des messages de prévention (budgets régionaux).

2/Prévenir la toxicomanie des personnes prostituées et les risques dérivés

Cela implique comme objectifs secondaires ;
A/améliorer les connaissances des personnes prostituées sur les risques liés à la consommation de différents produits et sur les moyens de prévention
B/-augmenter le nombre de personnes prostituées toxicomanes bénéficiant d’une prise en charge psycho-médico-sociale de la toxicomanie.
C/-augmenter le nombre de personnes prostituées toxicomanes qui effectuent un test de dépistage HIV, un test « hépatite B » et « hépatite C »

3/Apprendre et aider les personnes prostituées à se défendre contre les violences

Cela implique comme objectifs secondaires :
A/ Informer sur le risque d’être confronté à des violences dans le milieu de la prostitution
B/Améliorer les connaissances des personnes prostituées sur les moyens de se protéger
C/ -changer les mentalités pour que les violences dont sont victimes les personnes prostituées ne soient plus banalisées ni par elles, ni par la police, ni par les agresseurs.

4/Augmenter le nombre de personnes prostituées qui utilisent une contraception adéquate et le cas échéant veiller à ce qu’une IVG ou une grossesse se passent dans de bonnes conditions

Cela implique comme objectifs secondaires :
A/Améliorer les connaissances sur les différentes techniques de contraception
B/Augmenter le nombre de personnes prostituées qui utilisent un moyen de contraception efficace
C/Diminuer le nombre d’avortements réalisés dans de mauvaises conditions
D/Diminuer le nombre de grossesses menées à terme sans suivi médical

5/ Améliorer la santé mentale des personnes prostituées

Cela implique comme objectifs secondaires :
A/-de favoriser les réflexions sur les choix de vie
B/-de soutenir les choix de vie qui vont dans le sens d’une amélioration de la santé mentale c’est à dire :
· dans le sens d’une amélioration de la gestion du stress,
· de la gestion de ses consommations,
· d’une amélioration de l’équilibre affectif,
· de sortir de schémas de relations avec exploitation, violence,
· d’une amélioration de l’estime de soi
· d’une améliration de l’image du corps
· de briser l’isolement
C/-de lutter contre la stigmatisation dont sont victimes les personnes prostiuées
Les personnes prostituées sont considérées soit comme des perverses, soit comme des victimes de proxénètes, soit comme des délinquantes, des mauvaises mères ou des toxicomanes sans alternatives alors qu’il y a autant de trajectoires d’entrée dans la prostitution et de manières de le vivre qu’il y a de prostituées…

6/Permettre l’accès à une couverture sociale et aux soins

Augmenter le nombre de personnes prostituées qui bénéficient d’un suivi médical régulier

Activités de promotion de la santé réalisées en 2002

1/ Le travail de proximité
Le travail de proximité reste la stratégie la plus adéquate pour atteindre le public des personnes prostituées les plus exclues socialement et les plus fragiles sur le plan de la santé. Par travail de proximité , nous comprenons tout contact sur les lieux de prostitution que ce soit dans la rue, dans un bar ou chez un privé. Exceptionnellement, des contacts sont également pris à domicile, à l’hôpital ou en prison. Cette stratégie d’approche du public est recommandée par les directives européennes en la matière (recommandation des projets TAMPEP et EUROPAP).

Le déplacement sur les lieux de prostitution est aussi indispensable pour sensibiliser les patron(ne)s de cafés, des hôtels, des bars et des « privés » à la problématique du sida. En exposant des affiches, autocollants destinés à prôner l’usage du préservatif et du lubrifiant, en distribuant ou en vendant des préservatifs, ils sont de véritables relais de prévention.

2/ Les consultations médicales préventives :

Elles ont attiré environ 340 personnes prostituées à Espace P… en 2002 ( environ 160 patients pour un dépistage MST ou une vaccination gratuite et anonyme contre l’hépatite B à Bruxelles, environ 180 en Région wallonne).

Lors des consultations, les problèmes les plus fréquemment rencontrés sont : retard de règles ; conseil IVG (très fréquents chez les femmes de l’Est), contraception ; troubles dépressifs, du sommeil ou alimentaires et les problèmes particuliers des transsexuels. Il y a bien sûr aussi les problèmes gynécologiques : Notre médecin a fait 18 cultures vaginales et prescrit un peu plus de traitements. 21 frottis de dépistage du cancer du col ont été réalisés.

3/ Les brochures spécifiques diffusées par Espace P…

Elles concernent non seulement le sida, les hépatites et les autres MST mais aussi la problématique de la contraception, de l’aide aux victimes d’agression, de la traite des êtres humains, de la sécurité au travail et du transsexualisme. Il s’agit de problématiques très spécifiques qui ne sont pas nécessairement abordées par les services généralistes. Certaines brochures sont traduites en d’autres langues puisque la moitié de notre public est étranger.

4/ Le magazine trimestriel « Espace P… »

Il comprend une vingtaine de pages, un volet d’information sur le sida et les MST, un volet psychologique, un volet réinsertion, un volet « échos des antennes », des témoignages et réflexions. Il sort tous les quatre mois. Un licencié en communication (budget Région wallonne) assure la coordination du projet. Un comité de lecture sélectionne les articles.
Les thématiques « santé » abordées dans les magazines « Espace P… » parus entre le 1/9/2001 et le 31/8/2002 étaient les suivantes :

-« Sept ans de réflexion dans la lutte contre l’hépatite B »
-« La mammographie »
-« La force de guérir »
-« Travail du sexe et santé, ça bouge en Europe »
-« Vivre avec sa séropositivité »
-« La pipe : danger ou pas ? »
-« Information for migrant prostitutes et exercice d’anglais pour les autres »
-« Contraception et pilule du lendemain »

Articles de prévention contre les violences :
-« Du rififi à Liège »
-« Contamination forcée : une nouvelle arme des réseaux ? »
-« Mineures en danger »
-« La violence des clients »

Articles liés à la santé mentale :
-« Le grand livre du calme »
-« Un pour tous… Tous (et toutes) pour Carrée de Dames »
-« Je me demande qui fait la loi »
-« Hommes et femmes : nous ne parlons pas le même langage »
-« De l’utilité de parler de sexe avec nos enfants »
-« Plantes du bien-être »
-« Le rire en question »
-« Mythes à propos des prostituées »
-« La double peine des prostituées »
-« Le suicide en Belgique »
-« Sylvie, hôtesse d’accueil »
-« J’ai 28 ans, je suis de mobilité réduite »
-« Un compagnon parle »

Article en vue d’améliorer son alimentation
-« Les clés d’un nouveau comportement alimentaire »

Article en vue de faciliter l’accès aux soins :
-« Mutualité, mode d’emploi »

Articles concernant l’amélioration ou la dégradation du cadre de travail :
-« Des promesses en marge du contrat de quartier Aerschot/progrès (Schaerbeek) »
-« Mont de Vénus à la Ville Basse (Charleroi) »
-« Fermeture des salons dans le quartier de la poste (Liège) »
-« Trois propositions de loi pour changer la prostitution »
-« Réactions au projet de loi de pénalisation du client d’A-M Lizin » »
-« La condamnation du client selon écolo »
-« Chasse aux clients : l’Allemagne aussi »

Le magazine « Espace P… » est particulièrement adapté pour les prostituées belges et françaises qui travaillent en salon (carré) ou en bars. Il reste difficilement transportable par les prostituées de rue (format A4) et peu accessible pour les personnes ayant un faible niveau de lecture et de connaissance du français. Un dossier spécialement destiné aux africaines anglophones a été diffusé en 2002.

5/ La distribution ou vente de préservatifs et lubrifiants

Nous distribuons gratuitement un grand nombre de préservatifs et lubrifiants lors du travail de terrain, essentiellement :
-aux prostituées africaines (travail de rue spécifique avec les congolaises par un relais culturel à Bruxelles et avec des africaines anglophones à Liège, Seraing)
-aux prostituées toxicomanes (travail de rue spécifique avec les toxicomanes à Liège en partenariat avec START, CLAJ, ICAR et le centre ALFA)
-aux travestis et transsexuels (travail de rue spécifique avec les équatoriens une fois par semaine, de nuit, à Bruxelles, avec un relais-culturel qui connaît l’espagnol).

Nous ne pouvons distribuer des préservatifs gratuits à toutes les personnes prostituées rencontrées. Aussi, nous privilégions pour des raisons de santé publique les prostitué(e)s de rue qui appartiennent à ces 3 groupes « à risques ». Nous vendons chaque année environ 180 000 préservatifs, 3000 éponges et 400 lubrifiants aux prostituées qui se déplacent dans nos bureaux.

6/ Prévention et réduction des risques pour les prostituées toxicomanes

Peu de prostitué(e)s viennent à Espace P… pour s’approvisionner en seringues stériles. Nous réorientons vers les comptoirs d’échange de seringues les toxicomanes qui injectent.
A Bruxelles, nous entretenons des contacts réguliers avec une trentaine de toxicomanes soit dans le cadre de notre partenariat avec le Projet Lama (14 traitement « méthadone » durant l’exercice 2001-02), soit en rue.

7/ Les relais culturels pour les prostitué(e)s migrant(e)s

A Bruxelles, ils ont été recrutés par Bruxelles-accueil ou le SAF, ont suivi une formation sur le sida et les hépatites et nous aident à communiquer et comprendre les albanaises, les ghanéennes, les nigérianes, les congolaises, les équatoriens, les russes et les bulgares.
Une collègue congolaise rencontre ses compatriotes depuis maintenant 10 ans à Bruxelles. Elle distribue des préservatifs et se met à l’écoute. Elle suit une vingtaine de femmes prostituées séropositives :
· sur le plan de l’accès aux soins en partenariat avec MSF et l’hôpital St Pierre ;
· sur le plan de la régularisation de séjour en collaboration avec un avocat ;
· sur le plan de l’accès à l’aide sociale en collaboration avec plusieurs CPAS ;
· sur le plan de l’accès au logement en partenariat avec le Foyer Laekenois.

Elle est aujourd’hui parfaitement intégrée dans le milieu, elle est tenue au courant des principaux événements qui le secouent comme l’hospitalisation de l’une, la disparition, l’agression, le décès ou l’expulsion d’une autre etc…
Trois jobistes respectivement russe, bulgare et arménienne russophone rencontrent les filles de l’Est. Leur travail consiste à effectuer du travail de rue à Bruxelles en soirée (21h à 24h30) afin :
· de diffuser un message de prévention du sida ;
· de distribuer des préservatifs ;
· de présenter notre médecin qui reçoit gratuitement 2h/semaine et vaccine contre l’hépatite B ;
· de communiquer le cas échéant les coordonnées de la BSR et de l’asbl PAG-ASA

En 2001, Tamara, Kostadinka et Karine ont réorienté 43 filles de l’Est vers notre permanence médicale. Les demandes étaient d’ordre gynécologique ou des réorientations pour IVG. En 2002, elles ont réorienté 96 femmes de l’Est vers la permanence médicale.

Miléna Toban, travaille auprès des travestis équatoriens. Elle est originaire de Colombie.
En 2001, elle a réorienté 18 latinos vers notre permanence médicale.
En 2002, 20 (essentiellement des travestis équatoriens).

8/ Les actions qui ciblent les clients

Cela couvrait cette année notre présence à la Foire Internationale de l’Erotisme à Bruxelles et au Festival de l’érotisme de Charleroi (8000 visiteurs à Bruxelles, 2000 à Charleroi, + 1000 permis de séduire et brochures sur le dépistage distribués à notre stand ), plusieurs petites annonces proposant une information sur le sida/MST et une écoute, diffusées dans Publi Hebdo (Liège), dans un journal namurois et dans un magazine érotique (guide érotique).

Nombre d’appels de clients pour des informations « santé » reçus en 1991 suite à nos « petites annonces-prévention » : plus de deux mille appels… Les demandes portaient surtout sur :
· les dangers de la fellation sans préservatif ;
· les risques lors d’une rupture de préservatif.

9/ La Journée Mondiale du Sida.

A Bruxelles, nous avons participé au colloque organisé par l’Observatoire du sida et des sexualités à l’Université Saint Louis. Nous avons animé un atelier sur le thème de la prévention auprès des publics vulnérables. L’année suivante, nous avons diffusé des « permis de séduire », des pin’s Ruban Rouge et des affiches invitant à participer à l’opération de solidarité au Passage 44 et à la Marche pour la Vie. Nous avons tenu un stand d’information au passage 44.

III. Notre campagne de vaccination gratuite contre l’hépatite B

A Bruxelles, la campagne a commencé en septembre 1995, le mardi de 11 à 14 h et le vendredi de 20 à 23 h. Depuis fin 2001, le travail du vendredi s’est régulièrement prolongé au delà de minuit. Le médecin contacte les prostituées des bars de la rue d’Aerschot sur leur lieu de travail (nous avions fini de voir celles qui travaillaient dans les rues adjacentes en 1999), et nous assurons des permanences à Espace P pour les femmes qui font le trottoir. Une jobiste russe et une bulgare travaillent avec un médecin le vendredi soir. Elles accueillent les femmes de l’Est pendant la permanence à Espace P, puis accompagnent le médecin dans les bars. Une jobiste et une assistante sociale latino-américaines contactent les personnes originaires d’Equateur et de République dominicaine. Une jobiste nigériane et une travailleuse sociale d’origine congolaise contactent les africaines francophones et anglophones. Nous avons également travaillé pendant plusieurs années avec une jobiste albanaise.

En Région wallonne, la campagne a commencé en 1998. Une dizaine de médecins de différentes maisons médicales se déplacent dans les bars et chez les prostituées exerçant en privé, entre 6 et 12 heures par semaine. Territoire couvert : Liège, Seraing, Charleroi, Namur, route Namur-Sombreffe, Charleroi-Genappes, Charleroi-Somzée …

La vaccination contre l’hépatite B est proposée gratuitement et dans le respect de l’anonymat à la suite d’une prise de sang qui permet le dépistage des anticorps HBS mais aussi un dépistage du sida, de la syphilis et éventuellement de l’hépatite C.

Profil des personnes enrôlées en 2002 à Bruxelles :

En l’an 2002, 160 personnes ont eu une prise de sang initiale à Bruxelles.
· Sexe : 12 (7,5 %) étaient des hommes, presque tous travestis équatoriens.
· Nationalité : 10 (6,3%) belges, 17 (10,7%) d’Europe de l’Ouest (France, Italie, Portugal), 96 (60%)d’Europe de l’Est (Albanie, Bulgarie, Grèce, Kosovo, Pologne, Russie, Lituanie, Moldavie, Roumanie, Tchéquie…), 16 (10%) d’Afrique subsaharienne (Ghana, Nigeria, Sierra Leone, Congo, Soudan, Tchad), 20 (12,5%)d’Amérique (République Dominicaine, Equateur).
· Age : 96 (60%) ont moins de 25 ans.
· Lieu de contact : 78 (49%) dans les bars de la rue d’Aerschot, 82 (51%) à Espace P (amenés par le bouche à oreille ou par le travail de terrain des autres travailleurs d’Espace P). Lieu de travail de celles venues à Espace P : le trottoir, en privé ou dans les carrées.
· Suivi médical : 9 (5,6%) ont un médecin traitant ou un gynécologue.
· Couverture sociale : 7 (4,4%) sont couvertes par une mutuelle ou un CPAS.

Au total, 851 personnes prostituées ont eu la prise de sang initiale à Bruxelles de 1995 à 2002. 475 personnes ont entamé une vaccination. 247 personnes l’ont achevée.

Profil des personnes enrôlées entre 1998 et 2002 en Région wallonne :

En quatre ans, 692 personnes ont eu une prise de sang initiale en Région wallonne.
· Sexe : 3% étaient des hommes, moins de 1% des transsexuels.
· Nationalité : 65% sont belges, 16% d’Europe de l’Ouest , 6% d’Europe de l’Est et 13% d’Afrique subsaharienne.
· Age moyen : 30 ans.
· Lieu de contact : 71% dans les bars, 25% chez des « privés », 4% à Espace P….
· Suivi médical : 80% ont un médecin traitant ou un gynécologue.
· Couverture sociale : 80% sont couvertes par une mutuelle ou un CPAS.

441 personnes ont entamé une vaccination et 236 l’ont achevée.

IV. Le recueil de données épidémiologiques

Dans le cadre de notre campagne de vaccination contre l’hépatite B, nos médecins ont effectué :
· à Bruxelles, de1995 à 2002, 1221 prises de sang (chez 851 personnes différentes)
· en Région wallonne de 1998 à 2002, 878 prises de sang (chez 692 personnes différentes)

Les résultats concernent le HIV, la syphilis, l’hépatite B et l’hépatite C varient d’une région à l’autre :

A Bruxelles (calcul sur les demandes de 2002)
· Résultats de la prise de sang initiale :
-6 tests HIV positifs sur 157 demandes (3,8%);
-9 tests syphilitiques sur 153 sont positifs (5,9%)
· Pour les tests de l’hépatite B :
11 personnes étaient contagieuses (elles ont des antigènes) (6,8%)
54 personnes étaient protégées (elles ont des anticorps) (33,7%)
94 personnes étaient à vacciner (57%)

En Région wallonne (calcul sur 4 ans) :
· Résultats de la prise de sang initiale :
-4 tests HIV positifs sur 653 demandes (0,6%)
-10 tests syphilitiques sur 604 sont positifs (1,7%)
· Pour les tests de l’hépatite B :
13 personnes sur 649 étaient contagieuses (elles ont des antigènes) (2%)
137 personnes sur 592 étaient protégées (elles ont des anticorps) (23,1%)
455 personnes étaient à vacciner (76,9%)

Rappelons que dans la population générale, 6% seulement des gens sont porteurs d’anticorps VHB. Rappelons également qu’une première étude réalisée à Gand en 1988 et portant sur 50 femmes prostituées, montrait que 16% des femmes dépistées étaient immunisées. Une deuxième étude portant sur 346 femmes prostituées exerçant en Flandre montrait que 13,9% de l’échantillon était immunisé et ces chiffres restent inchangés jusqu’à la dernière analyse pour l’année 2000. La population des prostitué(e)s que nous touchons est donc particulièrement concernée par le risque « hépatite B » .

V. Notre action sociale

1. Un agrément comme Centre d’Action Sociale Globale à Bruxelles:

L’antenne Espace P…Bruxelles est agréée comme Centre d’Action Sociale Globale pour une durée de 5 ans reconductible.

Selon l’article 7 du décret fixant les règles d’agrément et d’octroi des subventions aux Centres d’Action Sociale Globale, l’asbl Espace P… doit viser dans son action individuelle à :

1°aider le bénéficiaire à surmonter les difficultés propres à sa situation, à l’accompagner concrètement dans ses démarches juridiques et administratives et à le rencontrer dans son milieu de vie, si nécessaire ;

2°répondre aux situations de crise, à prévenir la rupture ou la dégradation de la situation du bénéficiaire, dans ou avec son milieu de vie ;

3°lui fournir les informations requises pour qu’il puisse faire valoir ses droits fondamentaux et accéder à tous les services et institutions d’aide aux personnes et de la santé ainsi qu’à toutes les ressources sociales, sanitaires, culturelles et d’éducation permanente présentes dans la Région de Bruxelles-Capitale ;

4°orienter et soutenir le bénéficiaire dans l’élaboration ou la mise en œuvre de solutions personnelles.

L’action collective vise quant à elle à induire et à apporter aux bénéficiaires, en interaction avec leur milieu de vie, des réponses collectives à des problématiques individuelles, à restaurer des liens sociaux ainsi qu’une dynamique de solidarité et de prise de responsabilité entre les personnes. L’action collective offre aux bénéficiaires des activités de groupe, des connaissances et des outils méthodologiques susceptibles de révéler leur savoir-faire et d’acquérir ou de développer leurs capacités personnelles et leur autonomie.

L’action sociale communautaire vise à induire, à élaborer, à initier et à développer, avec et pour les bénéficiaires, des réponses collectives à des problématiques collectives, des actions concrètes favorisant leurs participations et cohabitations sociales et culturelles ainsi que la prévention et la lutte contre l’isolement et les mécanismes d’exclusion sociale et culturelle.

L’action sociale individuelle à Bruxelles:

Problématiques rencontrées par les bénéficiaires :
· Problématique de logement
· Non accès aux soins pour les personnes prostituées migrantes malades, en séjour illégal ou porteuses d’un visa touristique.
· Exploitation
· Violence
· Non accès à l’aide sociale pour les personnes en demande de régularisation de séjour.
· Problématique du surendettement
· Toxicomanie

Notre but prioritaire est de sortir la personne de la marginalisation, de la clandestinité et de l’exclusion. Cela signifie lutter contre toutes les discriminations liées à l’activité prostitutionnelle. La lutte contre les violences est aussi une priorité. Nous dénonçons toutes les formes de violences présentes au quotidien (agressions des clients, des racketteurs, des réseaux, de la police, des administrations, des gens…). Cela signifie aussi individuellement amener les uns et les autres à se faire respecter, à reconnaître leurs droits mais aussi faire prendre conscience des « devoirs » liés à l’activité. Une grande partie de notre travail consiste à faire admettre que la violence ne fait pas partie du métier. Beaucoup de femmes banalisent la violence. Le statut de la personne prostituée ne permet pas non plus de bénéficier d’une incapacité de travail en cas d’agression.

Notre projet se fonde sur la nécessité pour chacun et chacune d’être acteur autonome de son devenir, sujet et citoyen à part entière. La perte de confiance en soi, la peur de l’autre derrière le guichet, le fantasme permanent du jugement négatif sont autant de facteurs qui handicapent le parcours d’insertion sociale. La tentation est grande pour la personne de nous laisser agir à sa place. Nous l’encourageons à être autonome et valorisons ses atouts pour s’en sortir. Nous ne créons pas nos propres structures de formation ou d’hébergement « pour prostituées » mais au contraire, nous avons tissé des collaborations étroites avec le réseau social « généraliste » vers lequel nous réorientons les femmes. Notre travail consiste à soutenir celles-ci dans leurs premiers pas vers ces organismes. Pour celles dont l’envie n’est pas de quitter la prostitution, nous les accompagnons dans leurs démarches sociales, juridiques ou administratives et les encourageons à poursuivre seules.

Lors du travail individuel effectué auprès des femmes, nous avons pu constater la précarité de certaines situations sociales et le chevauchement fréquent de plusieurs problématiques. La prostitution n’est souvent qu’un versant de la réalité. Derrière, on trouvera selon les cas, des problèmes financiers, des problèmes de santé mentale, des problèmes de séjour, des problèmes de traite, des problèmes de violence, des problèmes de discrimination. La prostitution est rarement vécue comme le problème prioritaire. Elle est même souvent banalisée et présentée comme un choix.

En 2002, 60 nouveaux dossiers d’action sociale individuelle ont été ouverts et 155 suivis ont été poursuivis.

L’action sociale collective à Bruxelles :

En 2002, nous avons développé différentes actions collectives telles que :
-le soutien du Collectif « Carrée de dames » : soutien logistique pour l’organisation de leurs réunions et l’impression de leur journal;
-la diffusion de témoignages dans le magazine Espace P… ;
-l’animation d’un groupe de parole dans le cadre du projet européen d’enquête sur la sexualité des femmes « Femmes faites-le pour vous »..
-la mobilisation de femmes prostituées pour une défense en Justice contre la taxe sur les carrées votée à Saint-Josse-Ten-Noode
-la mobilisation de patronnes de bars pour une défense en justice contre le doublement de la taxe sur les serveuses à Schaerbeek
-la mobilisation de femmes prostituées dans le cadre d’un projet de bande dessinée informant les adolescents sur le prostitution (voir plus loin-projet en partenariat avec Sint Lukas)
-la mobilisation de femmes prostituées dans le cadre du projet « Art et Prostitution » (voir plus loin-Travail en partenariat avec 15 artistes de Schaerbeek)

Le travail collectif est positif pour notre public. Il favorise la solidarité entre des groupes qui communiquent peu habituellement ou se dévalorisent mutuellement, le partage d’idées, de vécu, le développement de revendications communes. Néanmoins, la fragilité du public et son instabilité constituent une dimension dont il faut tenir compte. On fait souvent un pas en avant et deux pas en arrière. Il arrive que les femmes les plus enthousiastes se démotivent devant la difficulté de faire bouger les choses. Nous sommes là pour garantir un minimum de continuité dans leurs efforts pour se faire entendre collectivement.

L’action sociale communautaire à Bruxelles :

En 2002, nous avons développé les actions communautaires suivantes :
-Participation au groupe de travail inter-casg « CPAS » ;
-Participation au groupe de travail inter-casg « logement » ;
-Réalisation puis diffusion auprès de travailleurs sociaux et hommes politiques du Magazine Espace P… ;
-Soutien du Collectif « Carrée de Dames » dans ses contacts avec la presse, les politiques, les féministes…
-Participation aux réunions du Contrat de Quartier de Saint-Josse ;
-Participation aux réunions du Contrat de Quartier Aerschot -Progrès ;
-Réalisation et diffusion d’un « Manifeste pour une approche plus juste du travail du sexe »..
-Rencontre Laurette Onkelinx, Ministre de l’Emploi
-Exposés dans des écoles ;
-Participation à différentes réunions, colloques, conférences sur la T.E.H.
-Participation à plusieurs émissions de Radio Panik : « Elles en parlent »

Les actions communautaires sont essentielles si l’on veut changer les mentalités et les pratiques en matière de prostitution et lutter contre l’exclusion sociale. Bien souvent, « l’histoire bégaie », les mauvaises politiques se répètent, l’hypocrisie réapparaît mais nous ne perdons pas l’espoir d’une société davantage cohérente, clairvoyante, qui accorde aux personnes prostituées une place en tant que citoyennes et travailleuses au même titre que les autres. Les personnes prostituées ne doivent plus être mises au ban de la société. Elles ne doivent plus être considérées d’office comme des délinquantes ou comme des irresponsables privées d’expression et de crédit.

2. Un projet d’émancipation et d’insertion sociale des personnes prostituées à Liège :

Terme bien ambitieux, émanciper une personne, c’est avant tout lui permettre de rompre avec des contraintes morales et sociales qui l’asservissent, la libérer des préjugés d’une autorité supérieure. Dans la population avec laquelle nous évoluons depuis bientôt 15 ans, la dimension émancipatrice revêt un caractère particulier. La personne est soumise à des contraintes rigides (de l’autorité publique, de la police, du milieu…) et confrontée à des barrières psychologiques qui accentuent son exclusion (des préjugés, du rejet, des discriminations…). Elle est souvent seule pour affronter ses problèmes puisque son entourage est rarement au courant de son activité. L’objectif du volet « émancipation » de notre projet d’action sociale est d’améliorer les conditions de vie au quotidien des personnes prostituées en écartant tout ce qui peut les conduire à l’asservissement, la soumission, l’isolement.

Insérer une personne, c’est lui permettre de conserver ou de retrouver une place dans la société. L’objectif du volet « insertion » de notre projet d’action sociale est d’améliorer les conditions de vie des personnes prostituées en luttant contre leur exclusion sociale que ce soit sur le plan individuel ou sur le plan collectif. En combattant la marginalisation et les discriminations dont sont victimes les personnes prostituées, on facilite leur accès à un nouveau projet de vie, le moment venu.

L’action sociale individuelle à Liège :

Concrètement, nous accompagnons chacun et chacune dans ses démarches sociales, juridiques et administratives dans le but de l’aider à sortir de la marginalisation, de l’exclusion et éventuellement de l’asservissement ou de situations de violence (de la part de conjoints, de clients, de la police, des administrations, de la population…). Nous amenons les personnes à faire reconnaître leurs droits mais aussi à prendre conscience de leurs devoirs.

La banalisation de la violence, la perte de confiance en soi, la peur de l’autre, le fantasme du jugement négatif permanent sont autant de facteurs qui handicapent le projet de vie intra ou extra prostitution.

L’aide à l’insertion est un travail périlleux dans la mesure ou les personnes arrivent généralement avec une multiplicité de problèmes à résoudre. Il faut « débroussailler » la demande, fixer les priorités…

Nous constatons sur le terrain un accroissement du nombre de prostituées migrantes victimes ou non de réseaux. Nous devons de ce fait adapter nos méthodes de travail et développer de nouveaux outils d’information dans différentes langues.

Par ailleurs, la fermeture de nombreux lieux de prostitution a engendré des formes de prostitution moins visibles, en privé, sur des aires de parking… exigeant de nous de nouvelles stratégies d’approche.

Quelques exemples de démarches effectuées habituellement par notre service liégeois :
-accompagnement de personnes toxicomanes en sortie de cure
-accompagnement de femmes sorties de prison
-Aides à la recherche d’un logement/ un hébergement d’urgence
-gestion de conflits avec des propriétaires et agences de location
-Facilitation de l’accès à la mutuelle.
-Démarches auprès du SAJ et du SPJ
-Accompagnements au Tribunal du Travail (lois sociales impayées ou contestées).
-Réorientation vers le réseau d’insertion socio-professionnelle
-Aide à l’élaboration de CV
-Accompagnements au CPAS
-Travail de médiation avec l’INASTI
-Accompagnements vers la police pour une problématique de traite/violence
-Accompagnements vers une prise en charge psychiatrique
-visites à l’hôpital de femmes victimes de violences
-Démarches auprès de banques/organismes de crédit/distributeurs gaz/électricité pour obtenir des plans de remboursement de dettes
-Accompagnements de conjoints/enfants de personnes prostituées
-Recherche d’informations pour personnes transsexuelles

En 2002, 170 nouvelles personnes se sont déplacées à la permanence sociale de Liège.

L’action sociale collective à Liège :

Nous tachons de favoriser la participation des personnes prostituées à nos actions de sensibilisation, d’instaurer une solidarité et une prise de responsabilités. Nous soutenons les initiatives des prostituées pour défendre leurs droits et améliorer leurs conditions de travail. En 2002 :
- soutien à la création d’un Collectif de défense des personnes prostituées.
-soutien de différents mouvements d’opposition à un proxénète .
-soutien des personnes prostituées expulsées de leur lieu de travail dans le quartier Cathédrale-Nord. Rencontres avec les autorités communales.
-récolte de témoignages pour le magazine « Espace P… »

L’action sociale communautaire à Liège.

Forts de nos constats de terrain, notre action sociale communautaire vise à changer les mentalités, à réfléchir à l’intérêt d’un statut social et fiscal pour les travailleurs du sexe en général, à la création d’un syndicat… Une grande partie de nos interventions vise également à changer l’image que la société a de la personne prostituée et qu’elle lui renvoie.

Notre expérience nous place souvent dans un rôle d’experts dans les matières inhérentes à la prostitution. Nous signalons certains dysfonctionnements aux autorités compétentes, informons les travailleurs sociaux, les médias, les chercheurs… Notre pratique est diversifiée (domaine sanitaire, social, psychologique) mais nous sommes conscients de ce que notre expérience se fonde essentiellement sur la prostitution visible et accessible…

Contacts pris en 2002 :
-contacts avec le réseau d’insertion socio-professionnelle
-contacts avec les autorités communales de Liège
-contacts avec la presse pour contrer l’ expulsion des prostituées du quartier Cathédrale-Nord
-participation aux réunions organisées par la province sur les violences intra-familiales
-participation aux réunions du réseau « femmes » du CEDS
-participation aux réunions de coordination avec les travailleurs de rue du Nid et ICAR
-informations dans des écoles de travailleurs sociaux, suivis de mémoires/travaux/stages
-Réalisation puis diffusion auprès de travailleurs sociaux et hommes politiques du Magazine Espace P… ;
-Réalisation et diffusion d’un « Manifeste pour une approche plus juste du travail du sexe »..
-réalisation et mise à jour de notre site internet www.espacep.be.tf

3. Un projet d’émancipation et d’insertion sociale des personnes prostituées à Charleroi :

Bien que notre antenne de Charleroi ait vu le jour en 1992 avec l’engagement d’une infirmière engagée dans divers projets de promotion de la santé, l’action sociale d’Espace P… auprès des personnes prostituées est subsidiée à Charleroi seulement depuis 2002. Une cinquantaine de personnes ont depuis bénéficié d’une aide sociale individuelle.

L’action sociale individuelle à Charleroi :

Quelques exemples de problématiques rencontrées :
-ex-prostituée de bar, ex-toxicomane : soutien à la sortie de sa cure, orientation vers un centre d’hébergement, soutien dans les démarches vis-à-vis du CPAS, mutuelle, soutien dans la recherche d’un logement, d’une thérapie, soutien dans la reprise d’un travail. Démarches à la cellule TEH de la police fédérale pour échelonner le paiement de plusieurs amendes pénales.
-ex-prostituée de bar : soutien psychologique dans le cadre d’une grossesse non désirée. Réorientation vers un service d’adoption. Démarches pour sortir d’une situation d’exploitation auprès du Juge de paix.
-prostituée de rue: soutien psychologique. Problématique de viol. Réorientation vers les urgences suite à une fausse couche.
-prostituée de rue. Problématiques de transsexualisme, alcoolisme et dettes. Soutien psychologique et réorientation pour une médiation de dettes.
-prostituée de rue toxicomane. Tentative de réorientation vers les urgences vu la présence de deux aiguilles cassées dans le corps et les ulcères. Réorientation vers les urgences en situation d’overdose à un autre moment.
-prostituée de bar : soutien de la réinsertion. Réorientation vers le SIEP puis l’IPSMA. Soutien psychologique. Problématique d’abus sexuel pendant l’enfance.
-prostituée en privé. Soutien psychologique. Conseils en matière d’impôts.
-prostituée de rue. Soutien psychologique. Problèmes relationnels avec sa fille.
-prostituée de rue : soutien psychologique, encouragement à un suivi psychiatrique, visites à l’hôpital suite à plusieurs tentatives de suicide, soutien dans le cadre de la reprise de contact avec sa fille, soutien lors de multiples déménagements et séparations.
-prostituée de rue: suivi après agression. Problématique de prostitution pendant l’enfance…Soutien psychologique.
-prostituée de bar : réorientation vers CPAS. Démarches à la FGTB (syndicat). Problématique d’alcoolisme.
-prostituée de bar nigériane. Problématique de traite des êtres humains. Réorientation vers ICAR et cellule TEH. Finalement démantellement du réseau par la cellule TEH et suivi de la victime par Surya.
-Accueil d’une mineure en fugue (17 ans). Problématique d’abus sexuel intra-familial.
-prostituée de bar : réorientation vers Diapason. Problématique de dépendance aux Dafalgan-codéine. Infection gynécologique.
-prostituée de rue. Soutien à l’occasion de son retour dans la prostitution pour dettes.
-prostituée de rue toxicomane. Problématique de garde d’enfant pendant le travail et de dette.
Soutien psychologique. Abus sexuel pendant l’enfance. Réorientation vers le service ALE.
-prostituée de rue. Accueil. Prostitution depuis ses 12 ans !
-prostituée de rue. Réorientation vers la police pour déposer plainte pour vol.
-prostituée en privé : démarches pour faire valoir son droit au chômage. Projet de quitter la prostitution.
-prostituée en privé : remise en ordre de mutuelle. Soutien d’un projet de réinsertion.
-prostituée en bar : réorientation vers un centre de santé mentale après attaques-paniques.
-prostituée de bar : réorientation vers un planning pour IVG
-prostituée de rue : soutien dans la reprise d’une formation
-soutien et conseils à plusieurs compagnons de personnes prostituées.

Pour créer des contacts de confiance avec les personnes prostituées nous nous déplaçons dans une quarantaine de bars situés entre Gosselies et Waterloo (26), à Lillois (1), Montigny-le Tilleul (1), Loverval (5), Somzée (2) et Mons (8). Nous rencontrons également les personnes exerçant en privé à Charleroi, Montigny le Tilleul, Binche, Mons, Saint Guislain … Les associations ICAR et le Nid qui ne partagent pas notre philosophie de travail, sont néanmoins nos partenaires quand il s’agit de proposer un suivi social.

Les actions collectives à Charleroi :

L’action collective vise à apporter aux bénéficiaires des réponses collectives à des problématiques individuelles, à restaurer des liens sociaux ainsi qu’une dynamique de solidarité et de prise de responsabilité entre les personnes.

-Les personnes prostituées doivent affronter différents problèmes comme la fermeture sans délai de leurs bars, l’abus de pouvoir de certains policiers, la violence de clients, les maladies sexuelles, les grossesses non désirées, le stress, la solitude, le rejet… Notre magazine Espace P… les informe, rompt leur isolement et leur donne des outils pour se défendre. Plusieurs témoignages de personnes prostituées et clients sont partagés via le magazine. Celui-ci permet également de diffuser l’adresse de notre nouveau site web www.espacep.be.tf qui présente notre « Manifeste pour une approche plus juste du travail du sexe » et nos différents rapports d’activités.

-Afin de rompre leur isolement, nous avons invité les personnes prostituées à nous rejoindre à l’occasion d’un drink, d’un souper, d’un après-midi « bien-être » organisé à ICAR, d’un débat rassemblant les habitants de la ville-basse, d’une fête animée sur le pont, d’un spectacle de théâtre sur le thème de la prostitution, d’une exposition de photos sur le thème du sida… Seules les personnes prostituées de la Ville-basse se déplacent généralement , essentiellement pour parler entre elles et se restaurer dans une ambiance conviviale.

-En réponse au livre « Paroles de prostituées » paru aux éditions Luc Pire en 2001 qui a permis à dix prostituées bruxelloises de s’exprimer sur leur vie, leur travail, leurs clients, leur sexualité, plusieurs femmes prostituées de Charleroi ont désiré se raconter à leur tour afin de participer au changement de mentalités les concernant…

L’action sociale communautaire à Charleroi :

L’action sociale communautaire vise à élaborer, avec et pour les bénéficiaires, des réponses collectives à des problématiques collectives, des actions concrètes de prévention et de lutte contre l’isolement et les mécanismes d’exclusion sociale et culturelle. Elle consiste à changer les mentalités afin de permettre aux personnes prostituées d’être acceptées et respectées en tant que citoyennes à part entière.

Dans ce sens, nous avons participé à plusieurs débats sur la prostitution depuis 2002. Ces débats étaient organisés à l’initiative :
-de l’IPSMA (Haute Ecole sociale de Marcinelle) dans le cadre d’un cours de pratique professionnelle
-de la faculté d’histoire de l’UCL dans le cadre d’un «séminaire sur la traite des blanches »
-de Vie Féminine
-de l’échevinat de la femme de La Louvière

Nous avons rencontré le substitut du Procureur du Roi chargé des affaires de mœurs à Charleroi, le Bourgmestre de Charleroi, les inspecteurs des Lois sociales, les policiers de la cellule TEH, la section carolorégienne du Conseil des Femmes Francophones Belges…Nous avons également partagé nos constats et nos revendications en diffusant notre « Manifeste pour une approche plus juste du travail du sexe » notamment à l’occasion de la Journée Internationale des Femmes (8 mars). Nous avons parlé de notre travail devant différents travailleurs sociaux du Relais Social de Charleroi dans le cadre des réunions de concertation et des réunions de coordination des travailleurs de rue.

Nous avons informé plusieurs étudiants réalisant un mémoire ou un travail sur la prostitution .

Nous avons fait un exposé sur les liens entre abus sexuel pendant l’enfance et prostitution lors du deuxième Congrès International Francophone sur l’Abus Sexuel. Cet exposé était le fruit de lectures, de recherches sur internet et d’un partage d’expériences entre travailleurs d’Espace P… à l’occasion de notre journée de réflexion annuelle.

Enfin, nous avons permis à trois personnes prostituées de s’exprimer sur la qualité de la vie à Charleroi lors des conférences locales de promotion de la Santé mises en place par la Ministre de la santé Nicole Maréchal en collaboration avec le CLPS de Charleroi-Thuin.

4. Un projet d’émancipation et d’insertion sociale des personnes prostituées à Namur :

Notre antenne de Namur a vu le jour en 1992 avec l’engagement d’une éducatrice engagée dans divers projets de promotion de la santé. L’action sociale d’Espace P… auprès des personnes prostituées est subsidiée à Namur seulement depuis 2003. Malgré ce fait, l’aide aux personnes a toujours fait partie du travail de l’antenne.

L’action sociale individuelle à Namur :
Les demandes d’accompagnement sont souvent formulées après plusieurs rencontres sur le terrain, une fois la relation de confiance établie. Le suivi est toujours ponctuel. En fonction de la demande, des contacts sont pris avec les partenaires associatifs, la police, des avocats, des mutuelles, les impôts etc…

L’action sociale collective est inexistante à Namur vu l’éloignement des lieux de prostitution les uns par rapport aux autres.

L’action sociale communautaire à Namur:
En 2002, l’action d’Espace P… a été présentée à la Commission des Affaires Sociales de la ville de Namur et

VI. Les partenariats

1/ Partenariat Espace P…/Projet Rousseau à Schaerbeek

Le projet Rousseau a été créé récemment à Schaerbeek dans le cadre des contrats de sécurité afin de lutter contre la traite des êtres humains et la prostitution des mineures. Cette année, nous travaillons ensemble sur divers projets destinés à améliorer la cohésion sociale dans le quartier Aerschot-Progrès.

2/ Partenariat Espace P…/Lama

3/ Participation aux réseaux européens Europap et Tampep

Il faut lire à ce sujet le très interressant « Hustling for Health : developing services for sex workers in Europe ». EUROPAP et TAMPEP sont deux réseaux indépendants au départ qui rassemblent l’expérience de toutes les associations pour personnes prostituées en Europe
-en matière de prévention du sida et des MST
-en matière de stratégies de contacts avec les prostitué(e)s migrant(e)s
Ils recommandent le recours à des relais culturels et à des brochures en plusieurs langues pour aborder ces personnes. Ils recommandent des actions de prévention ciblant aussi les clients. Ils envisagent la prévention du sida dans un cadre plus large qui prenne aussi en compte la question des violences, de l’exploitation, du manque de statut social clair et de conditions de travail favorables. On ne peut faire de la promotion de la santé sans prendre en considération ces aspects du travail des personnes prostituées. Enfin, ils recommandent d’ informer sur le ida et les MST en tenant compte de la nécessité de fournir aussi une aide sociale : « C’est en permettant aux personnes prostituées de retrouver un statut socio-économique décent qu’on leur permet le mieux de se protéger du sida ».
En 2001, nous sommes partis à Londres (Programme EUROPAP) et à Amsterdam (PROGRAMME TAMPEP) partager notre expérience avec 17 autres pays européens.

4/ La collaboration avec le réseau européen DAPHNE

Nous avons organisé un colloque international sur le thème de l’information aux prostituées de l’Est via des relais culturels en mars 2001, grâce à un subside de la commission européenne. Nous avons invité des associations françaises, luxembourgeoise, belges, italienne et hollandaise. Nous avons réfléchi ensemble à un matériel d’information à l’attention des prostituées bulgares, albanaises et russes. Nos relais culturels ont pu partager leur expérience avec d’autres relais originaires d’Albanie et de Pologne et travaillant respectivement à Lyon, Pordenone et Amsterdam. Les actes du colloque sont diffusés sur le site web de la Commission européenne.

5/ La collaboration aux réunions du Réseau européen ENMP regroupant diverses associations actives dans le milieu de la prostitution masculine.

Nous participons aux réunions des associations belges quatre fois par an, sous la coordination de l’association ADZON, représentant l’ENMP en Belgique. Dans ce cadre, un de nos collègues a partagé l’expérience d’ICAR-Liège pendant une semaine et un autre a travaillé avec ADZON pendant deux soirées. Nous avons quant à nous accueilli STEEP, association ostendaise, ADZON et le Projet Rousseau .

6/ La collaboration à une enquête européenne sur le sida et la sexualité des femmes coordonnée par l’Univesité de Louvain-la Neuve.

En 2002, nous avons participé à une enquête européenne sur la sexualité des femmes. Nous avons organisé trois rencontres avec cinq personnes prostituées. Le but était d’évaluer leurs connaissances, pratiques et attitudes en matière de sexualité et sida.

7/ La collaboration à un séminaire sur la traite des blanches donné par la faculté de sociologie de l’Université de Louvain-la-Neuve.

En 2002, nous avons participé à ce séminaire qui mettait en parallèle divers écrits sur la prostitution relatifs à la réalité du début du siècle avec la réalité actuelle.

8/ Autres collaborations

PAG-ASA et SURYA sont nos relais pour les victimes de la traite. Un de nos travailleurs sociaux est d’ailleurs Président de SURYA.
Le Collectif Contraception est un relais privilégié pour réorienter les demandes d’IVG.
La presse mais aussi les organisateurs de foires érotiques nous permettent d’entrer en contact avec les clients.
Les personnes prostituées elles-mêmes sont des partenaires quand ils s’agit d’évaluer l’évolution des pratiques en matière de sida. Les patron(e)s, les grossistes facilitent l’accès au matériel de prévention dans les quartiers chauds Il s’agit de partenaires effectifs avec lesquels nous entretenons des contacts privilégiés depuis bientôt dix ans.
Enfin, nous participons à différentes coordinations : le Forum bruxellois de lutte contre la pauvreté, la COVIF (fédération d’associations contre les violences faites aux femmes), la Plate-forme de Prévention du sida…

VII. La diffusion de l’expérience.

1/ Rencontre des centres spécialisés dans l’accueil des victimes de la traite en février 2002.

Nous avons organisé une rencontre nationale, le 25 février 2002, entre les travailleurs de terrain en milieu de prostitution des associations Espace P…, Projet Rousseau, Mouvement du Nid, Icar et les centres spécialisés dans l’accueil des victimes de la traite PaG-ASA, T’huis, SURYA et PAYOKE. Ce fut l’occasion de diffuser les brochures informatives du réseau européen TAMPEP en anglais, russe, bulgare et albanais.

2/ Les informations en tant qu’experts

Nous sommes régulièrement invités à faire part de notre expérience auprès des politiques, des écoles de futurs travailleurs sociaux, des polices, de l’Aide à la Jeunesse. C’est à titre d’expert que nous sommes membre du Conseil Consultatif de Prévention du sida par l’intermédiaire de Cécile CHERONT. Nous avons été interpellés par Agalev, Ecolo, le parti socialiste, le FDF, le MCC et le PSC qui préparent des projets de lois ou avis en matière de prostitution. Nous avons également rencontré un membre de la Sous-commission du Sénat sur la traite des êtres humains.

3/ La presse

En 1998, nous avions organisé un colloque international sur les droits des personnes prostituées, au Parlement européen. Tous les partis politiques étaient présents. Des personnes prostituées et employeurs ont témoigné. La presse a largement diffusé le contenu des débats.

Nous étions invités en 1999 au colloque organisé par la Commission Santé de la COCOF sur le thème de la prostitution et de la traite des êtres humains. La presse couvrit l’événement.

En décembre 1999, nous organisions une après-midi de conférences sur le thème « prostitution et santé » à l’intention des médecins et travailleurs sociaux concernés. Le Journal du Médecin médiatisa nos conclusions.

En 2000, la presse médiatisa le ras-le-bol des prostituées suite à une augmentation d’agressions à Saint Josse, à une fusillade à Schaerbeek et à l’afflux de filles de l’Est (dont plusieurs mineures) sur les trottoirs et dans les bars de la capitale. Nous étions à leurs côtés.

Nous avons également été interpellés par la presse lorsque nous soutenions les personnes prostituées de Saint Josse qui voulaient s’opposer aux taxes communales abusives ou à la répression policière et celles de Seraing et de Liège qui ont vu leurs bars fermer.

Depuis deux ans , nous soutenons les Collectifs « CARREE DE DAMES » à Bruxelles et « FEMMES LIBRES » à Liège qui regroupent une trentaine de prostituées et sympathisants. Nous avons servi d’intermédiaire entre les représentantes de CARREE DE DAMES et les journaux ou magazines Le matin, Le soir, Le Vif L’express, Télémoustique, Le Journal du Médecin, TV Brussel, Mise au point (RTBF), Controverse (RTBF), Radio Campus et Radio France.

En 2001 et 2002, nous avons participé à deux débats télévisés sur la prostitution, « Controverse » sur RTL et « L’Ecran témoin » sur RTBF ainsi qu’à un reportage « Autant savoir » sur le sida.

4/ Les rapports d’activités

Nous rendons des rapports d’activités annuels pour chacun de nos projets et travaillons à la réalisation d’un rapport d’activités de synthèse.

5/ Notre nouveau site internet www.espacep.be.tf
Nous avons notre site internet depuis quelques mois. Tous nos rapports d’activités et nos magazines d’informations peuvent y être consultés. A ce jour, 6.000 connexions ont été réalisées. Nous sommes accessibles via plusieurs moteurs de recherche ( «santé», «sida», «sexualité», «prostitution», «violence» etc…)

VIII. La formation des travailleurs et leur supervision

-Réunions d’équipe :
· 1x/semaine à Bruxelles, Liège et Charleroi
· 1x/mois à Namur (le travailleur ½ tps et les jobistes)+ supervisions mensuelles et formations avec la Coordination sida assuétudes

-Réunions interéquipes : tous les 2 mois ( travailleurs et jobistes des 4 antennes)

-Nous avons organisé une formation d’une journée en santé mentale pour nos travailleurs en décembre 2001. Cette formation donnée par le psychologue et thérapeute Jean Verriest aborda les différentes pathologies mentales susceptibles d’être rencontrées à Espace P.. (description des symptômes, de l’éthiologie, des traitements …) puis ouvrit la discussion sur les difficultés rencontrées par les travailleurs avec une dizaine d’usagers de l’association. La question des limites de nos interventions fut abordée, la question de la mise en observation , de l’hospitalisation…etc…

-Nous avons organisé dans nos locaux une formation aux premiers soins donnée par la Croix Rouge.

-Participation au colloque « Traite des êtres humains, comment lutter contre les filières du net ? » du 7 juin 2002, organisé par Magdeleine Willame, sénatrice..

-Colloque « Mafias et traite des êtres humains » organisé par le Centre pour l’Egalité des Chances au Palais des Congrès.

-Table ronde au Librex