La nouvelle a fait l’effet d’une petite bombe dans le quartier bruxellois où se pratique la prostitution de rue. La commune de 1000 Bruxelles votait une taxe communale de 2.500 euros par local pour les hôtels de « passe » situés sur le territoire de la commune. Par hôtel de passe il faut entendre un hôtel qui n’exige pas d’enregistrement de la clientèle et qui loue ses chambres à l’heure. Le non payement de cette taxe entraînerait la fermeture pure et simple de l’établissement. Les déclarations du bourgmestre à cet égard sont sans équivoque : l’objectif est la fermeture des hôtels de passe qui, selon lui, sont la cause principale de la présence des prostituées aux alentours et, de surcroît, de la traite des êtres humain. La prostitution de rue est historiquement implantée dans ce quartier, ce qui ne manque pas d’attirer les foudres des habitants qui se plaignent des nombreuses nuisances liées à cette activité et qui depuis quelques temps se sont regroupés en comité Alhambra (du nom du quartier) et font sans cesse pression sur le bourgmestre pour qu’il chasse les personnes prostituées de «leurs» rues. A cet égard diverses mesures communales ont été prises telles que l’inscription de ces rues au régime de la circulation locale, l’augmentation des contrôles et des arrestations par la police, etc….. mais rien n’y fait, les demoiselles sont toujours là…
S’il est vrai que les riverains subissent de réelles nuisances (sonores essentiellement), délocaliser n’a jamais rien résolu ! En effet, fermer les hôtels de passe revient a précariser les conditions de travail des prostituées et prostitués de rues en leur coupant l’accès aux sanitaires (pourtant bien utiles au vu de la nature du travail), à la sécurité ainsi qu’au réconfort procuré par la chaleur et la tasse de café qu’offrent ces hôtels lorsque les personnes prostituées décident de faire une pause. Quant à l’argumentaire de lutte contre la traite des êtres humains il est tout a fait erroné, car peut importe le lieux, ces filles seront contraintes de se prostituer et les renvoyer vers des endroits plus clandestins diminue leurs accès aux soins de santé, aux démarches sociales et aux informations diffusées par les associations de terrain.
Que faire dès lors ? Espace P prône la création de “zones P”, où la prostitution serait acceptée et dans lesquelles seraient implantées des structures répondant aux besoins de ce type d’activité.